Willy Demeyer : « Il faut obliger Mittal à faire face à ses engagements »

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Après le nouveau coup de massue asséné par ArcelorMittal à la sidérurgie wallonne,  Willy Demeyer, chef de file du PS liégeois et bourgmestre de Liège, a répondu à vos questions.

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    Photo : Belga.

Après l'annonce par ArcelorMittal de son intention de fermer sept sites de la phase à froid liégeoise, jeudi, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), également président d'arrondissement liégeois, déclaré que"cette annonce est bien la preuve que nous sommes dans un mouvement capitalistique de grande ampleur. On rachète les outils et on les ferme. On monte les travailleurs les uns contre les autres. C'est un cas d'école".  Il a par ailleurs rappelé que si l'économie liégeoise est faite de "success stories", elle ne peut pas se concevoir sans la sidérurgie. "Il faut désormais riposter avec les moyens qui sont les nôtres", a-t-il dit.

La Région wallonne n'a-t-elle pas fait preuve d'une naïveté coupable vis-à-vis de M. Mittal, qui n'a jamais donné de gages de confiance et a pourtant reçu tous les égards des dirigeants politiques ?

« La région wallonne était engagée dans un dialogue critique et de bonne foi qui doit être la démarche d'un pouvoir public démocratique. Le projet de démantèlement de la sidérurgie à froid marque la rupture de ce processus. Il faut envisager toutes les pistes qui peuvent et doivent conduire à la pérennisation de cette industrie, de son volet recherche et développement, avec ou sans Mittal. »

Croyez-vous que dans le contexte actuel trouver un repreneur ne relève pas du vœux pieux ?

« Mittal en bon capitaliste a cherché une position de monopole, mais il reste des repreneurs potentiels. Avec ou sans Mittal, il faut tout tenter pour pérenniser la sidérurgie liégeoise. »

-Il faut savoir que Liège comme toutes les usines du Groupe ne dispose plus de service commercial, de service financier, de service juridique, ... C'est une difficulté de taille pour un éventuel repreneur.

« Vous avez raison mais c'est aussi une opportunité pour un repreneur qui disposerait d'approvisionnement et de service commercial et n'oublions pas le centre de recherche.»

Qu'attendez-vous afin de faire voter des lois belges afin que des terroristes industriels ne puissent plus se comporter de cette manière.

« En ma qualité de Sénateur, je viens de signer une proposition de loi en vue de préserver l'activité économique et l'emploi dans le cadre de la fermeture d'une entreprise viable. Mittal nous dit qu'il ne veut pas vendre. Ma proposition dit que si l'entreprise refuse d'accepter l'offre le tribunal de commerce peut, sur proposition de l'autorité publique, prononcer la cession partielle ou totale du site ou de l'activité. »

-Pourquoi ne pas nationaliser le site et organiser, avec l'aide de fonds publics, une sidérurgie réduite, mais avec la collaborations des équipes de l'ULG tournée vers l'innovation ? EDR n'aurait-il pas dû, face à Mittal, être plus solidaire avec le gouvernement français, il y a quelques mois ?

« Il faut envisager toutes les pistes pour atteindre l'objectif: le maintien d'une sidérurgie innovante et du bassin liégeois. Les premiers ministres Français et belge se parlent sur le sujet. Il faut réfléchir à une réaction au niveau de l'Europe.»

Quel impact économique la fermeture de Mittal aura sur Liège et sa région ?

« Un impact important. Il s'agit ici de plusieurs milliers de travailleurs et de leurs familles. De plus, les finances communales de la région liégeoise seront mises en déséquilibre grave. Nous serons tous touchés.»

Vos réactions

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59. Lotus dit le 29/01/2013, 08:18

La Wallonie ne peut rien, Demeyer ne peut rien, Marcourt ne peut rien, quelles que soient les BERCEUSES qu'ils nous chantent. Et si nos politiques tenaient leurs engagements avant de s'occuper de ceux des autres? C'est si facile. "Y a qu'à" et "il suffit" (- de retrouver un repreneur - ben voyons). Mais bon sang qu'ils s'occupent de notre avenir, qu'ils préparent l'après sidérurgie, la formation, la conversion territoriale, plutôt que prétendre pouvoir jouer les sidérurgistes. Si la sidérurgie liégeoise n'est pas vétuste (ce dont on peut douter), elle n'est pas non plus la plus concurrentielle, ni par sa situation loin de la mer, loin des producteurs automobiles (qui ont tous fermé), ni par ses salaires élevés, ni par ses syndicats omnipotents. Bref, arrêtez de nous endormir bande d'incapables et agissez, c'est pour ça que vous êtes élus!

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58. seporenn dit le 28/01/2013, 22:59

Full Mittal Racket ? À lire ici: www.bastamag.net/article2905.html

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57. herr professor dit le 26/01/2013, 13:27

Hé gros Willy, avoue que t'as pas le pouvoir sur ce coup-là, on t'en voudra pas. Ça sert à rien de mentir pour protéger tes voix, tu vas te faire défoncer en 2014. Tu pourras encore aller faire le type à Secret Story hein valèt.

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56. SansInteret dit le 26/01/2013, 10:49

Que l'outil soit vétuste ( ca je n'en sait rien ), que la main d'oeuvre soit trop chère par rapport à la main d'oeuvre qu'il occupe en Inde pour un bol de riz par jour, ca c'est une évidence, mais lorsqu'il a lancé son OPA, il connaissait très bien la situation. Donc l'argument de dire il s'est retrouvé avec un outil vétuste et une main d'oeuvre trop chère ne tient pas. Il veut juste augmenter son monopole dans le domaine de l'acier. Lorsque la plus part des grands sites sidérurgiques seront démantelés, chez qui irez vous acheter votre acier ? ........Mittal, au prix qui lui sera loisir de mettre. Pour éviter cela, il faut maintenir l'outil et le savoir faire.

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55. Breydel dit le 26/01/2013, 09:46

quels engagements ? il s'est retrouvé avec un outil vétuste et une main d'oeuvre trop chère

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