Acheter cent mètres carrés à Bruxelles pour 160.000 euros, c’est (encore) possible
Lorsqu’il sortit de terre il y a un an à la place d’anciens potagers, le quartier Bervoets, à Forest, fut le premier quartier basse énergie de la capitale. Le bilan est positif puisque les 239 logements ont tous trouvé preneurs. Et à des prix très démocratiques.
Quatre promoteurs, trois bureaux d’architecture, un bureau de paysagistes, trois ans de travaux et 42 millions d’euros : il a fallu tout ça, et bien plus encore, pour construire les 239 appartements et maisons qui constituent le quartier Bervoets, à Forest. Premier quartier durable basse énergie de Bruxelles, il s’étend sur un terrain de deux hectares et peut être considéré comme un projet-pilote réussi. Il prouve en tout cas que l’on peut ramener des gens à Bruxelles et développer dans le même temps des quartiers dits difficiles.
Une rapide visite des lieux en compagnie des architectes nous apprend une chose : nous sommes ici dans un véritable quartier avec des rues et des places. Une réelle trame urbaine y a été pensée jusque dans les moindres détails.
Terminé fin 2011, l’endroit a enregistré les dernières réceptions des habitations, toutes pourvues d’un accès extérieur vers un jardin ou une terrasse, au début 2012. Aujourd’hui, le quartier Bervoets affiche complet et jouit d’une grande mixité au niveau de ses habitants. La plupart des habitants sont jeunes (la moyenne d’âge y est de 30 ans !) et près de la moitié est d’origine étrangère.
Parce que parmi les promoteurs on retrouve la SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale), laquelle a subventionné 30 % du prix de la construction, les prix des logements (du studio au quatre chambres) ont été plafonnés à 1.200 euros du m2, hors TVA. Un cent mètres carrés coûte ici 160.000 euros, toutes taxes comprises. Imbattable à Bruxelles. « Seule restriction, les propriétaires doivent attendre dix ans pour revendre leur bien, affirme à ce sujet Daniel Tranchida, le responsable du projet. Et à ce moment-là, ils pourront le faire au prix du marché. »
Ceux qui ont investi à Forest sont donc sûrs d’avoir fait une affaire juteuse. « Il n’y a pas beaucoup d’espaces comme celui-ci à Bruxelles !, poursuit Michel Leloup, architecte de l’Atelier 55, l’un des trois bureaux qui ont collaboré aux dessins. Il y a en revanche beaucoup de petits terrains capables d’accueillir un ou deux immeubles d’une trentaine de logements chacun. La réalité économique de la capitale change. Beaucoup de sociétés sortent de la ville, ce qui libère pas mal d’intérieurs d’îlots. »
Situé à l’angle de la rue du Patinage et de la rue Marguerite Bervoets, le quartier forestois inclut des parkings souterrains (195 places), quelques commerces ainsi que dix ateliers d’artistes. Une rue porte même le nom de… Toots Thielemans.
Situé à la lisière de la zone industrielle de Forest, le terrain était occupé jusque-là par des jardins-potagers et d’anciennes industries. Ses concepteurs le présenteront à une compétition lors du prochain Mipim cannois.
Sur le plan technique, on signalera que le quartier Bervoets possède une chaufferie centrale composée de chaudières à condensation et d’une unité de cogénération, toutes deux au gaz. Il est également pourvu d’une ventilation double flux avec récupération de chaleur, d’une isolation thermique performante et d’une gestion des eaux de pluie (grâce entre autres à des toitures vertes qui contiennent un bassin de rétention). « Les bâtiments sont conçus pour un niveau d’isolation K30, expose Michel Leloup. Les châssis aluminium sont en triple vitrage et le système de ventilation double flux individuel permet, grâce à un échangeur de chaleur, de préchauffer l’air extérieur pulsé dans les appartements et de diminuer ainsi la consommation de chauffage. Des mesures particulières ont aussi été prises pour assurer une bonne étanchéité à l’air. Le niveau E (NDLR : celui de l’enveloppe extérieure des bâtiments) est situé entre 37 et 58 selon les logements. Ces performances permettent de qualifier l’ensemble de quartier basse énergie. »
Pour la petite histoire, on signalera qu’une partie du quartier Bervoets se situe le long de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Charleroi. Les bâtiments qui y ont été construits ont reçu un traitement acoustique renforcé.
C’est en 2005 que la SDRB, qui avait racheté le terrain à plusieurs propriétaires, lançait un concours pour la réalisation du projet. Tant les aspects financiers que les qualités urbanistiques et architecturales furent prises en compte. Les performances énergétiques entrèrent évidemment dans la danse.
Preuve que la vie s’y est progressivement installée, un comité de quartier se réunit régulièrement pour y apporter une animation. Parce qu’il est à l’abri des grands axes (même s’il en est assez proche), il va sans dire que le site est idéal pour des enfants en bas âge qui peuvent jouer en toute tranquillité dans les rues. Un exemple qui ne demande qu’à être suivi.
le quartier bervoets en bref
-Promoteur : Bervoets Real Estate S.A., qui est composé de Pargesy, Immo Bam, Dexia Banque Belgique et la SDRB
-Architectes : Atlante, Atelier 55, YY Architecture et Eole (paysages)
-Montant des travaux : 42 millions d’euros
-Surface hors sol : 38.000 m2
-Concours : 2005-2006
-Obtentions des permis : entre octobre 2007 et décembre 2008
-Durée des travaux : 33 mois
-Fin des travaux : 15 décembre 2011
-Composition : 239 logements basse énergie (du studio au quatre chambres), 195 places de parking souterraines, 10 ateliers
-En projet : un parc de 800 nouveaux logements viendra, à terme, structurer le secteur.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Cet article est un mensonge Etant propriétaire dans ce quartier, je tiens à rectifier quelques mensonges dans cet article. 1) nos logements ne sont pas "Basse énergie", en effet, ils ont été commercialisés comme tel mais lors de la reception de nos certificats PEB, nous avons déchantés. Donc même si ils sont mieux isolés que la moyenne bruxelloise, ces logements ne peuvent porter le nom de "Basse-énergie" 2) L'isolation soit disant exceptionnelle est tel que j'entends moins les trains passer à 15m de ma chambre, que l'évacuations des wc de mes voisins. Alors oui un effort a été fait contre les bruits extérieurs mais pas contre les bruits entre appartements... 3) La chaudière à cogénération, pourtant "révolutionnaire", n'est toujours pas en marche ce qui fait que nous ne bénéficions toujours pas de certificats verts, et qu'il ne se passe pas un mois sans qu'une panne intervienne. Dont une le vendredi avant Noël et qui n'a été résolue que le mercredi suivant. Sympa pour les jeunes fami[...]
C'est de l'argent public dépensé aux profits de qques citoyens. Combien de millions d'euros en subsides pour ces logements? En ces temps de crise, est ce une utilisation rationnelle de l'argent public? Pourquoi offre un tel placement et une telle plus-value dans les 10 ans? pourquoi le prix de vente de 1.200
logements bradés? contriuable bonne poire Est-il normal que la SDRB continue à vendre des logements à 1.200








Je confirme les propos, je suis également propriétaire d'un de ces logements. Les sociétés de construction ont encaissé les millions d'euros, Madame la Ministre Huyttebroeck est passée dans les médias, les contribuables sont encore une fois passés à la caisse et...... nous restons avec les problèmes. Les entrepreneurs ne corrigent pas les malfaçons, Madame Huyttebroeck ne répond pas aux courriers et la SDRB répond qu'ils ne s'occupent que de la vente. Encore une fois, c'est le citoyen qui trinque...... Pour ce qui est des magnifiques terrasses des appartements, la mienne est inondée et ne dispose pas d'une évacuation correcte. 42 millions d'euros n'ont probablement pas été assez pour installer l'évacuation d'eau...