Didier Bellens : « La Belgique veut tuer ses entreprises »

Maïlys Charlier (d’après Belga)
| mis à jour

Le discours du CEO de Belgacom a provoqué de nombreuses réactions de nos politiques. Didier Bellens y critique la nouvelle loi télécom et les normes bruxelloises qui empêchent la 4G de Belgacom de s’installer dans la capitale. Catherine Fonck exige des excuses de la part de M. Bellens.

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Dans un discours prononcé lors du « drink de nouvel an » de Belgacom, Didier Bellens a estimé que la Belgique se distinguait à l’étranger comme un pays hostile aux entreprises. Selon lui, les normes en vigueur en Région de Bruxelles-Capitale ne permettent pas à Belgacom d’y offrir la technologie 4G. « La capitale de l’Europe risque d’être le seul endroit en Europe où il n’y a pas de 4G », a averti le patron de l’entreprise publique.

Il a rappelé que Bruxelles était « l’endroit au monde où l’on compte le plus d’ambassades ». « Ces gens-là ont besoin de la 4G et que leur dit Bruxelles ? Fuck you… », a déclaré le CEO.

L’administrateur-délégué de Belgacom a ensuite critiqué la nouvelle loi télécom, en vigueur depuis octobre, et qui permet au consommateur de changer d’opérateur après 6 mois sans frais, tant pour l’abonnement téléphone, GSM, internet ou de télévision. « La Belgique, dans sa grande sagesse, comme d’habitude, a décidé d’instaurer une loi plus restrictive que dans les autres pays européens », a-t-il ironisé. « Cela affaiblit naturellement les entreprises télécoms belges par rapport à leurs concurrentes européennes », juge encore le CEO, qui dit avoir déjà dû expliquer à des investisseurs aux Etats-Unis « pourquoi la Belgique veut tuer ses entreprises industrielles ».

Ces propos ont suscité de vives réactions politiques, notamment au sein de l’exécutif fédéral ainsi qu’à la Région bruxelloise.

Le ministre-président flamand Kris Peeters a profité de la polémique autour des propos de Didier Bellens pour suggérer une éventuelle régionalisation de Belgacom.

« Bellens explique à l’étranger pourquoi la Belgique tue l’industrie. C’est une généralisation grotesque. Mais pourquoi ne pas parler d’une régionalisation de Belgacom ? », a lancé le ministre-président flamand sur son compte Twitter.

Evelyne Huytebroeck a réagi à propos de la technologie 4G. Selon elle, la Région fera des propositions pour permettre son exploitation, mais il n’est pas question de négocier sous la pression de « sorties grossières par presse interposée ».

« Je suis outrée parce que M. Bellens m’avait habituée à autre chose qu’à ce comportement de grossier personnage. Jusqu’ici, nous avons essayé de travailler en conscience et dans le respect mutuel », a commenté la ministre bruxelloise de l’Environnement.

Evelyne Huytebroeck a ajouté qu’il y aurait bientôt une nouvelle réunion entre la Région et les opérateurs de télécommunications « où nous viendrons avec des propositions et M. Bellens le sait ».

« S’il le faut je négocierai avec les autres opérateurs seuls », a conclu la ministre.

Déception générale

Le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille (PS), a dénoncé mardi soir « tant sur la forme que sur le fond » les déclarations tenues plus tôt dans la journée par le patron de Belgacom. « J’attends autre chose d’un top manager d’une des plus grandes entreprises de Belgique. Si Belgacom est autonome, elle n’en demeure pas moins une entreprise publique », a réagi le ministre.

M. Labille invite dès lors M. Bellens à contribuer, « par le biais de réflexions constructives », à améliorer l’accueil réservé aux entreprises qui font le choix de s’installer dans notre pays.

La cheffe de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, a elle aussi dénoncé les « propos hallucinants » de Didier Bellens. « Ses propos montrent que le seul objectif de M. Bellens est de remplir les caisses de Belgacom sur le dos des consommateurs », a commenté la députée.

Amère, Mme Fonck ne va toutefois pas jusqu’à réclamer la démission du patron de Belgacom, mais attend à présent « un sursaut de lucidité » de M. Bellens qui « doit présenter ses excuses, non aux politiques, mais à l’ensemble des consommateurs ».

Celle-ci interrogera jeudi, en plénière de la Chambre, le ministre de tutelle, Jean-Pascal Labille (PS) « qui doit demander des comptes à M. Bellens pour ces propos inacceptables », a-t-elle encore annoncé.

Vos réactions

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56. DanielB dit le 30/01/2013, 17:11

Je ne sais pas si la Belgique tue des entreprises, mais des CEOs comme Bellens tuent l'emploi et le respect sur le lieu de travail.

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55. abracadabra dit le 30/01/2013, 11:55

Parfaite illustration La RTB ce matin et Le Soir donnent la part belle aux politiciens "outrés" sans même prendre le temps d'analyser le fond des paroles de Bellens. Il y a non moins de 4 politiciens cités dans cet article. Il n'y a RIEN pour comprendre le fond du problème et le ton de l'article est clairement anti-Bellens. Triste Belgique, triste presse partisane.

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54. Le sceptique dit le 30/01/2013, 11:45

C'est quand on a des puces, qu'on se gratte. Sans entrer dans le détail, il faut bien reconnaître qu'il a raison quand il pointe du doigt les raisons de fuite des investisseurs industriels: fiscalité et parafiscalité dévorante sur le travail, marché de la consommation indigent pour la même raison, réglementations absurdes issues des élucubrations fiévreuses de soviets de khmers verts, etc.... Le seul point positif, c'est la diminution du délai pour le changement d'opérateur sans frais.

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53. Adalber dit le 30/01/2013, 11:08

M BELLENS veut juste tondre ses clients et son discours n'a rien à voir avec la défense de l'entrepreneuriat. Comment ? On ose édicter des normes de sécurité pour protéger les consommateurs ? Et ces cochons de payeurs veulent en plus avoir le droit de résilier leurs contrats comme le modèle économique libéral le suggère ? Mais c'est intolérable ! Le client de Belgacom a juste de droit de rester client le plus longtemps possible et de payer très cher en fermant sa grande bouche. Car pour rappel le triple play en France c'est 29 EUR, cela grace à une concurrence non bridée par des faux Q comme BELLENS. Quant à la sortie de Peeters, c'est du grand ridicule. Et pourquoi ne pas régionaliser la Friterie Marcel ? Seule la taille du marché domestique permet à ces entreprises d'offrir des prix décents. Peeters veut que Belgacom soit croquée plus facilement par les opérateurs telco voisins.

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52. skraaaa dit le 30/01/2013, 10:58

C'est gonflé !!!! Bellens est gonflé... Voilà des années que Belgacom nous pompe avec leurs prix (Mobile, Internet, téléphone)... Il veut comparer la Belgique et les autres pays européens ? Comparons alors les prix que Belgacom pratiquent....

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