Où vivront les Namurois demain ?
Le Bureau économique de la province apporte sa pierre au débat sur le Schéma de développement de l’espace régional. Il se montre satisfait du leadership de la capitale wallonne. Il invite cependant à une vision plus audacieuse de la hiérarchie ville-campagne.
Même s’il se déroule plus en chambre qu’au bar du café du commerce, c’est « le » débat de ce début d’année 2013. Sollicitées par la Wallonie, les communes doivent rendre un avis sur le « schéma de développement de l’espace régional » – le Sder – en cours de révision. Et si c’est « le » débat du moment, c’est parce que ce schéma tracera les lignes de force du paysage socio-économique wallon pour les prochaines années. Bref, c’est le moment de s’exprimer sur le sujet. Pour alimenter la réflexion, le Bureau économique de la Province de Namur vient de dévoiler sa position. Idélux l’a fait voici peu pour la province de Luxembourg, livrant une analyse très critique, notamment sur la hiérarchisation ville-campagne. Le BEP, qui à l’inverse du Luxembourg compte sur son territoire un pôle d’intérêt régional – Namur – offre une analyse plus nuancée mais non dénuée de sens critique. Essai de synthèse.
1 Economie Le BEP attire l’attention du Gouvernement wallon sur la « nécessité de mettre en œuvre sans retard le plan de renouvellement des zones d’activité économique ». Il souligne notamment l’inégalité des communes en matière de ressources quand il s’agit de compenser la création d’une zone par le déclassement d’un autre. Toujours sur ce thème il jette un pavé dans la mare en invitant les concepteurs du Sder à intégrer le nouveau mode de travail qu’est le travail à distance. L’élément clef de la réflexion, le voici : « La centralité ne doit pas être regardée uniquement avec une grille d’analyse historique (où se situent les lieux bien desservis par certains services), mais bien avec une grille d’analyse prospective (quels lieux seront porteurs de centralité demain, quels sont les services et infrastructures qui donneront du sens à la centralité ?). Le Sder doit afficher des objectifs ambitieux en la matière. » Ajoutons que le BEP insiste pour que l’on prévoie « l’accueil d’entreprises dans les zones plus rurales (…) ».
2 Mobilité Rien de bien neuf à ce sujet, le BEP estime que la priorité doit être mise sur le développement, dans le timing prévu, de la ligne Bruxelles-Luxembourg. Au passage, il rappelle l’importance d’y faire circuler un train pendulaire « pour accroître le niveau de service et positionner Namur-Capitale, sur une LGV nord-sud ». Il insiste aussi pour que l’on « réfléchisse la mobilité autrement en prenant conscience que la dépendance à la voiture restera une réalité pour nombre de ménages du fait de la dispersion de l’habitat ».
3 Agriculture L’agriculture, estime le BEP, doit opérer un virage vers une intégration plus grande : du sol, producteur de toutes les matières, au produit fini en passant par la commercialisation en circuit court. « Ce virage a aussi un impact en termes d’aménagement : la zone rurale, c’est plus que la terre et les fermes. Il faut aussi y reconnaître des espaces de centralité, où l’on pourra organiser ce circuit intégré. Ceci suppose aussi des choix de localisation (où les mettre en œuvre ?) et des réflexions d’aménagement (comment les mettre en œuvre, quelles infrastructures…). »
4 Ville-campagne Le BEP insiste sur le rôle de Namur, seule entité de la province à avoir un vrai rayonnement régional. Mais Namur joue dans un cadran nord qui inclut Gembloux, Sambreville et Andenne. « La densité de services et les opportunités foncières en proximité du bâti existant justifient d’y concentrer une part importante de la nouvelle population. » En revanche, le BEP n’élude pas les questions autour de l’importance des lieux de centralité : « Il faut, dit-il, développer une typologie d’habitat durable (performance énergétique, mobilité, accès aux infrastructures et services de base) qui soit déclinée selon les différents lieux d’implantation : grandes villes, polarités intermédiaires, villages et lieux de centralité moins structurants ». Et il faut, confirme-t-il, « penser la centralité davantage en termes prospectifs, tenant compte des contraintes et enjeux de demain et des services de l’avenir ».


