Le Bozar Shop, c’est fini !

Xavier Flament
Mis en ligne

La boutique arty du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, et qui en était la vitrine depuis 2007, a fermé ses portes ce jeudi. Il connaissait des difficultés financières depuis plusieurs mois.

Tout à sa déception, Pierre Lefèvre, le gérant du Bozar Shop ouvert il y a cinq ans, rappelle que c’était une gageure que d’ouvrir en temps de crise une boutique de musée, plutôt pointue, et qui basait son offre sur des supports aujourd’hui en déshérence – les CD, les DVD et les livres. « Nous sommes partis sur un modèle économique qui avait six ans de retard et nous n’avons pas suffisamment pris en compte l’évolution du marché », nous explique-t-il, sans nous révéler le montant des dettes du shop.

En octobre 2012, celui-ci a été mis en PRJ (procédure de réorganisation judiciaire), une forme particulière de concordat. « Ainsi le juge du Tribunal de commerce nous couvrait-il pendant ce laps de temps pour faire des propositions de remboursement aux créanciers, en fonction du passif, et pour nous réorganiser complètement. Les ventes de fin d’année ont été meilleures que prévu, le bureau Loas nous avait dessiné un nouvel espace cafétéria. Mais le Palais des Beaux-Arts n’y croyait plus. Il voulait des rentrées d’argent (son budget est aussi sous pression, NDLR.), le projet ne leur plaisait plus. »

Avec l’éditeur espagnol de livre d’art Actar (37,5% du capital), qui est resté très discret, voire absent sur la fin, et le bureau Base Design (37,5%), Bozar (25%) était l’un des trois actionnaires de Bozar Shop S.A. Il avait même la triple casquette d’actionnaire, de fournisseur et de bailleur. Selon Pierre Lefèvre, ce dernier point a été la pierre d’achoppement du projet, le Palais refusant selon lui de revoir à la baisse son loyer. Il n’est un secret pour personne que le torchon brûlait depuis longtemps entre Bozar et sa boutique. Bozar exigeait une disponibilité plus grande de l’équipe du shop à ses projets artistiques, le shop déplorait le manque d’attractivité de certaines expositions, avec un flux de visiteurs en berne.

Tension qui semble s’être encore accrue avec la nomination, ces derniers mois, d’un nouveau directeur financier, venant de Dexia, et un directeur marketing avec lequel le courant ne serait pas passé. « Il suffit de deux personnes pour entraîner les autres, d’autant que Paul Dujardin, le directeur du Palais, est resté à l’écart du dossier, trop occupé à se positionner pour son troisième mandat », reprend, amer, Pierre Lefèvre. « Sans le Palais des Beaux-Arts derrière nous, nous ne pouvions pas continuer. De notre côté, non plus, l’envie n’y était plus. »

Vos réactions

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11. ledroit20 dit le 25/02/2013, 22:33

La vraie raison : des kons décident (dexia) ou se taisent lâchement par facilité (Paul Dujardin) C'est encore une fois la médiocrité qui est la cause de la fermeture : « Tension qui semble s

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10. ledroit20 dit le 25/02/2013, 22:33

La vraie raison : des kons décident (dexia) ou se taisent lâchement par facilité (Paul Dujardin) C'est encore une fois la médiocrité qui est la cause de la fermeture : « Tension qui semble s

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9. ledroit20 dit le 25/02/2013, 22:33

La vraie raison : des cons décident (dexia) ou se taisent lâchement par facilité (Paul Dujardin) C'est encore une fois la médiocrité qui est la cause de la fermeture : « Tension qui semble s

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8. ledroit20 dit le 25/02/2013, 22:29

Une grande perte Une très grande perte. Une de plus. Librairie de références pour les adeptes de la culture avec un grand C.

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7. bibobla dit le 01/02/2013, 10:16

@Bof : J'y suis passé le week-end dernier et c'était rempli de touristes. Et c'est encore plus le cas en été. Ce n'est pas simplement un "shop" (pour utiliser la terminologie crétine des spécialistes en marketing), c'est aussi une vitrine du musée des Beaux-Arts et de la Cinémathèque royale, donc de la culture à Bruxelles. A tout le moins la survie du magasin des Bozar mérite une réflexion approfondie qui dépasse le simple calcul comptable.

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