Pragelato Le Club Med gonfle son offre ski
Avec 26 villages de sports d’hiver répertoriés dans le monde (sur un total de 75), le Club Med peut se targuer d’être un acteur principal en matière de montagne. L’enseigne chère à Gérard Blitz, on la retrouve en France (le pays leader avec 19 clubs), mais aussi en Suisse (3), en Italie (2), au Japon (1) et en Chine (1) où le village de Yabuli en Sibérie fait, paraît-il, le plein avec son petit domaine et ses pistes faciles (les Chinois en sont encore au stade de la découverte du ski) !
Acteur unique sur le haut de gamme tout inclus, le Club Med est considéré par toutes les stations dans lesquelles il est installé comme un « plus » indéniable car il est le seul voyagiste capable d’attirer autant de nationalités différentes. Vous en connaissez beaucoup, vous, des concurrents capables d’attirer quelque 600 Russes et 300 Brésiliens à Peisey-Vallandry la deuxième semaine de janvier ? Ne cherchez pas, il n’y en a pas.
Un an à peine après l’ouverture de Valmorel, le Club a effectué un autre planter du bâton majestueux en inaugurant, début décembre, Pragelato, village italien de quatre tridents qui présente la particularité d’être le seul à proposer un hébergement en chalets. Pour être complet, on précisera que 2012 a salué également la fermeture de deux villages neige (Meribel et Sestrières).
Le spécialiste du all inclusive dirigé par Henri Giscard d’Estaing a signé un bail de quinze ans avec le site italien, situé à deux pas de Sestrières, qui appartient à un pool d’investisseurs au sein duquel on retrouve notamment un particulier écossais ainsi qu’un fonds immobilier. Le village existait puisqu’il fut l’un des villages olympiques pour les Jeux de Turin en 2006. C’est à Pragelato que se disputèrent les compétitions de sauts à ski et de ski de fond.
Douze millions d’euros furent investis pour agrandir la structure et la rendre compatible aux standards du Club Med (qui en prit 4,5 millions à sa charge). « S’il y a dix ans nous étions encore propriétaires de tous nos sites, ce n’est plus la politique aujourd’hui, affirme à ce sujet Hadi Kamouh, le directeur du Club Med Belux. Nous avons fermé beaucoup de Clubs non rentables. A Pragelato, le village existait déjà et nous sommes locataires. Mais à Sinay Bay (NDLR : en Egypte), nous avons signé un contrat de management. La promotion immobilière est assurée par le propriétaire qui construit le site et nous l’exploitons en reversant un “fee” en fonction des bénéfices. Nous pratiquons dorénavant une politique d’opportunités car la tendance est à la limitation des risques. Aujourd’hui, notre actionnariat est beaucoup plus stable et la montée en gamme du produit Club Med est une franche réussite, comme le prouvent les bénéfices que nous réalisons pour la deuxième année consécutive. Dans le contexte économique dégradé que nous connaissons, ce n’est pas négligeable. »
Même s’il est un tantinet moins « select » que Valmorel, le village de Pragelato ne dérogera pas à la règle. « Un client du Club qui avait l’habitude il y a dix ans de venir dans des villages à cases classés deux tridents ne se retrouve plus dans notre produit d’aujourd’hui, affirme à ce sujet Victor Dumont, le responsable marketing pour la Belgique. Nous avons perdu une grosse partie de notre clientèle, c’est vrai, mais elle a été quasi intégralement remplacée par une nouvelle frange, plus fortunée et qui donc dépense davantage… »
Proportionnellement à sa population, la Belgique représente le client nº1 du Club Med puisque 95.000 Belges (2.000 de plus qu’en 2011) franchissent la porte d’un village chaque année (25.000 vont au ski). Pas mal du tout quand on sait que le Club Med accueille annuellement 1,2 million de « GM ».
Les Belges représentent un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros. Ce chiffre a d’ailleurs été en progression l’an dernier (+7 % l’été et +2 % l’hiver).
Concernant le ski, le très beau village de Peisey-Vallandry est arrivé troisième dans le top 3 des destinations hiver en 2012 (derrière Sinay Bay et El Gouna). On notera toutefois qu’il fut talonné de (très) près par Valmorel qui n’en était pourtant qu’à sa deuxième année d’exploitation. S’il veut venir brouiller les cartes, Pragelato sait dorénavant à quoi s’en tenir…








