Peisey-Vallandry Les trois vies de l’Ormelune
Un même chalet peut connaître différentes vies au cours de son existence. Prenez celui baptisé « L’Ormelune », planté au beau milieu du vieux village de Peisey-Vallandry. Ce lieu aujourd’hui tenu de main de maître par Anne et Jean-Noël Crozet propose des chambres d’hôtes qui valent le détour.
Ancienne ferme datant du XIXe siècle, elle fut rachetée par le couple en 2001. L’un et l’autre arrivaient en droite ligne de Lyon avec la ferme intention de changer de vie. Lui était agent immobilier. Elle était dans l’enseignement pour handicapés.
A Peisey, elle s’est alors mise à actionner son sourire jovial pour accueillir les clients. Lui s’est installé derrière les fourneaux. Leur restaurant tint la route pendant huit ans. « En 2009, la crise nous est tombée dessus d’un coup, se souvient Jean-Noël. Très friands de notre endroit, les Anglais ont subitement disparu ! Ma femme et moi avons senti qu’il fallait prendre un nouveau virage. »
Aussitôt dit, aussitôt fait ! La ferme fut carrément désossée, histoire de transformer les 490 m2 de surface habitable en chambres d’hôtes. Quatorze mois de travaux furent nécessaires. « Et croyez-moi, avec quatre enfants, ce ne fut pas toujours une partie de plaisir !, sourit Anne. Mais aujourd’hui, nous sommes fiers du résultat ! »
On peut la comprendre. Décoré avec goût, l’endroit propose aujourd’hui trois appartements. Le plus grand fait 90 m2 et peut accueillir six personnes, voire huit si l’on se pousse un peu. Son prix ? 900 ou 1.200 euros la semaine, selon l’occupation. Les deux autres (capacité de deux personnes) se louent 400 euros en basse saison et 500 en haute.
Des prix tout à fait charmants, à l’image de leurs hôtes. « Pour les amateurs de randonnée, le chalet se trouve sur le GR5, fait remarquer Jean-Noël. Et ceux qui préfèrent skier, nous ne sommes qu’à 300 mètres des pistes. »
Fait amusant : on accède au domaine skiable de Peisey-Vallandry par le « télévillage », sorte de bennes ouvertes qui sont les ancêtres des œufs d’aujourd’hui. Ou comment accéder aux étoiles tout en remontant le temps… « Certains les appellent les paniers à salade, d’autres les “promène-couillons”, rigole Anne. Mais c’est aussi ce qui fait tout le charme de notre village. Les gens aiment venir chez nous car ils se sentent comme chez eux tout en étant à la montagne. »
Dans ce genre d’endroit, à l’écart de l’agitation, des relations se nouent et des amitiés se forment beaucoup plus facilement qu’à l’hôtel puisque beaucoup de clients réservent d’une année à l’autre. « L’année dernière, Jean-Noël était à l’hôpital pour y subir une lourde intervention, se souvient Anne. Entre mes visites à la clinique et les clients de nos chambres d’hôtes, j’étais débordée. En rentrant un soir au chalet, il avait beaucoup neigé. Un client ukrainien m’avait dégagé l’entrée et les escaliers. Trop sympa ! Pour le remercier, je l’ai invité à partager mon souper, ce qui m’a fait le plus grand bien car je n’avais pas trop le moral. »
Pour ceux qui s’inquiéteraient de la santé de Jean-Noël, qu’ils se rassurent. Juste avant notre passage, l’homme était allé skier deux heures, histoire de tuer le temps. « La neige était top ! », nous dit-il en guise d’accueil. Elle est pas belle la vie à la montagne ?…
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