Investir aux sports d’hiver, c’est écrire une histoire de famille

Paolo Leonardi
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La montagne a des charmes que la mer n’a pas. Le refrain est connu.  Sur le plan immobilier, elle attire les investisseurs de tous bords, mais aussi beaucoup de familles.  Elles y voient un excellent moyen de placer judicieusement leur argent tout en le transmettant aux générations futures

Tout skieur qui se respecte connaît les Arcs. Station phare de la vallée de la Tarantaise, son domaine skiable (appelé « Paradiski » depuis la création du Vanoise Express il y a dix ans) s’étend à l’infini puisqu’il est relié aux domaines de Peisey-Vallandry et de La Plagne. Longtemps connue pour ses trois satellites (Arcs 1600, 1800 et 2000), elle a été complétée par une autre antenne voici déjà dix ans : Arcs 1950.

Huit résidences composent ce « resort » complètement artificiel que l’on doit à Intrawest, un promoteur canadien qui n’a pas résisté à la crise des subprimes aux Etats-Unis. Le site a été revendu en 2009 au groupe français Pierre&Vacances (Radisson Blu y a conservé une franchise).

Leur avantage : elles sont toutes accessibles via un parking sous-terrain. Arriver aux sports d’hiver les pieds au sec (et avec une musique de fond en prime), c’est toujours mieux que de décharger la voiture dans le froid et les pieds dans un mètre de neige fraîche…

Se voulant la station la plus chic des quatre, Arcs 1950 manque, certes, du charme des vieux villages de montagne mais c’est une petite station d’où on démarre le matin, et où l’on rentre le soir, skis aux pieds, quel que soit l’endroit où on loge. Au total, 3.800 lits accueillent quelque 60.000 skieurs sur les 20 semaines que compte la saison d’hiver. « C’est vraiment une station où les vacances démarrent à la barrière du parking, affirme Eric Chevalier, le directeur du tourisme des Arcs. La notion de service y est développée à l’extrême. C’est une sorte de village intégré, conçu pour les familles, qui pourrait quasiment vivre en autarcie et où il n’y a pas de différence de gammes. Il n’y a aucun mélange des genres sur le plan de la clientèle. »

Mais qui sont les propriétaires des appartements de ces résidences qui sont toutes reliées entre elles par des couloirs intérieurs ? Il y a dix ans, ils étaient principalement Anglais ou Irlandais. Aujourd’hui, 70 % des nouveaux acheteurs sont Français. La station recense également quelques propriétaires belges qui investissent par le biais d’un emprunt en France et qui mettent ensuite leur bien en gestion locative (lire par ailleurs). « Bien sûr, un propriétaire peut acheter son bien pour l’occuper lui-même mais ce n’est pas une politique que nous encourageons, insiste Caroline Xambeu, responsable des « Arcs Immobilier », seule agence présente à Arcs 1950. Nous sommes ici dans un village touristique et il faut que les lits soient occupés pour qu’il tourne. »

Avec le temps, et la crise, les pros de l’immobilier sur place ont assisté à un intéressant transfert de population. « On a vu arriver des membres de la bourgeoisie parisienne qui ne jurait que par Avoriaz, Méribel, Courchevel ou Megève, poursuit Caroline Xambeu. Les Arcs 1950, c’est du haut de gamme mais on ne fait pas dans le luxe. C’est pourquoi nous n’hébergeons pas les Russes multi-millionnaires qui se croient tout permis. Ceux qui viennent ici débarquent avec leurs enfants et sont charmants. Ils ont tous fini par trouver le village plus pratique mais aussi moins cher… »

Pour les investisseurs intéressés, on signalera qu’une société nommée « Resort Club » s’occupe de l’entretien de la station ainsi que des animations quotidiennes qui ravissent notamment les enfants. Un service qui a son coût puisqu’il est entièrement financé par les commerçants et les propriétaires eux-mêmes qui versent dans le pot commun la somme de 14 euros par mètre carré par an.

Pour un appartement d’une chambre (4 personnes), comptez en moyenne 200.000 euros. Le deux chambres s’échange contre 320.000 euros (525.000 euros pour un 3 chambres et à partir de 800.000 euros pour un 4 chambres).

Osez la rencontre !