Une tour plate pour les pompiers

Didier Albin
Mis en ligne

De conception circulaire, la nouvelle caserne représente un projet de près de 30 millions d’euros. Ouverture du chantier à la fin 2013 pour une durée de 500 jours. Situé au sud en bordure d’autoroute, le bâtiment remplacera l’arsenal insalubre du centre-ville.

  • C’est sur le site de l’ancienne gendarmerie des autoroutes que sera édifiée la future caserne. © Samyn - Reservoir A.
    C’est sur le site de l’ancienne gendarmerie des autoroutes que sera édifiée la future caserne. © Samyn - Reservoir A.

Mal logés dans leur arsenal insalubre de la rue de l’Ancre en dessous du palais des expos, les pompiers de Charleroi attendaient ça depuis près de 10 ans : ce mercredi devant un parterre de notabilités politiques, hauts fonctionnaires, officiers de sécurité et chefs de corps, le projet de la nouvelle caserne du service régional incendie (SRI) a été présenté. Il s’agit d’un investissement de près de 25 millions hors TVA dont sept de subsides régionaux octroyés à l’initiative du ministre PS Paul Furlan. Comme l’a rappelé le bourgmestre Paul Magnette, « l’opération a fait l’objet de l’attribution de deux marchés séparés. » Le premier pour le financement, remporté par Belfius. Le second sous la forme d’un concours d’appel d’offres restreint de « design and build » : pour la conception architecturale, l’association momentanée « Thomas & Piron et Blaton » a fait appel aux services du bureau d’architectes Philippe Samyn, auteur du siège de la CNP à Gerpinnes et des éditions Dupuis à Marcinelle. Les architectes de Réservoir A y ont activement participé.

C’est au sud-est de Charleroi, sur le site de l’ancienne gendarmerie des autoroutes en bordure de la bretelle A503 à Marcinelle (accès direct à l’autoroute) que sera édifié ce QG de 20.000 mètres carrés, sous la forme d’un cylindre de 90 mètres de diamètre composé de cinq niveaux. Comme l’indique Philippe Samyn, « le choix d’une architecture circulaire, à l’instar du futur hôtel de police, s’est imposé de lui-même compte tenu des exigences du cahier des charges. La circulation des véhicules de secours devait s’effectuer à sens unique, sans marche arrière ni manœuvre pour supprimer les pertes de temps. » Cela a été rendu possible par une disposition en éventail du charroi au niveau 1 de l’intervention.

Un garage en « couronne »

Derrière chacune des 48 hautes portes vitrées de ce garage en couronne, un camion sera prêt à partir. La présence de deux voies de circulation (pour les départs et les retours) évitera les croisements. « Ce vaste hall avec atelier est magnifié par l’intégration d’un “square des héros”, espace dédié à la fête ou au recueillement des pompiers en retour d’intervention. Le confort est augmenté par l’apport de lumière naturelle. Ce plateau surmonte une entrée semi-enterrée qui comporte des parkings, des zones de livraison et de stockage, des locaux techniques ainsi qu’un accès à la tour d’exercice qui s’élève sur une aire d’entraînement bétonnée au nord. »

En mezzanine du hall d’intervention, les architectes ont intégré un niveau de bureaux et vestiaires que surplombe le foyer de la caserne avec ses locaux de vie (chambres, salle de formation, hall sportif) et d’administration. Ces espaces sont desservis par un couloir central. C’est aussi à ce niveau que se trouve le centre de traitement d’alertes, qui offre une vue panoramique sur la voie d’intervention. En toiture, les architectes ont imaginé un restaurant entouré d’un jardin et d’un potager pouvant alimenter la cuisine. Cet étage comporte aussi l’accès aux gradins du hall sportif et une piste d’athlétisme extérieure. De l’entresol au sommet de la tour des pompiers, le parti de la lumière va de pair avec celui d’une recherche d’économie d’énergie. Diverses techniques sont mises en œuvre. La demande de permis sera déposée en mai. Objectif : ouvrir en novembre le chantier qui devrait s’achever à la mi 2015.

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