Eric Domb (Pairi Daiza) : « Le nationalisme est une maladie mentale collective »

Beatrice Delvaux
| mis à jour

« Je suis triste pour les amis Flamands qu’une telle partie de leur cerveau soit infectée par des considérations qui n’ont rien à voir avec la bonne marche de leurs entreprises », a déclaré le patron du parc d’attraction Pairi Daiza lors du Grand Oral La Première/Le Soir.

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Eric Domb, le patron du parc d’attraction Pairi Daiza, ex-président de l’Union Wallonne des Entreprises et administrateur à la SRIW, était ce samedi à 13h15 l’invité du Grand Oral La Première / Le Soir. Il a fait mieux l’an dernier que le Zoo d’Anvers en nombre de visiteurs et sans bénéficier d’aides publiques identiques, ce qui ne l’empêche pas de prendre le risque de choquer ses clients au nord du pays, lorsqu’on l’interroge sur le nationalisme. Très calme jusqu'alors, le patron wallon s'indigne lorsqu'on lui fait remarquer que lors de la remise du Prix du manager de l'année, le mot « Belgique » n'a jamais été prononcé par le lauréat flamand, le  patron de Barco.

« Je suis triste pour les amis Flamands, surtout ceux qui travaillent dans le monde de l’entreprise, qu’une telle partie de leur cerveau soit infectée par des considérations qui n’ont rien à voir avec la bonne marche de leurs entreprises. » Infecté par le nationalisme ?

« Oui, le nationalisme est une maladie mentale collective. » Et les patrons Flamands sont infectés par le nationalisme flamand ? « Un certain nombre »

Le Voka, patronat flamand est-il devenu un parti politique, comme l’avait dit Johan Vande Lanotte ?

« Je crois avoir dit la même chose. Et peu importe, si les entreprises flamandes qui ont décidé d’envoyer leur personnel à Pairi Daiza, vont changer leur décision, parce que, c’est ce que je pense. Il y a des considérations d’efficacité sur lesquelles, je peux les rejoindre. Je pense ainsi que davantage de régionalisation, un rassemblement de compétences, est utile pour orienter une politique. Mais à partir du moment où on utilise des termes qui sont tout à fait outranciers : traiter le Gouvernement fédéral de Gouvernement marxiste, ce n’est pas nécessairement très sympathique, pour les partis qui sont traditionnellement proches de ces organisations mais c’est surtout une contre vérité. »

Et le patron d’évoquer le fait qu’heureusement « certains sont plus dotés d’antidote que d’autres ».

« Les intérêts notionnels profitent surtout aux grandes entreprises, pas aux PME »

Le patron du parc d’attraction Pairi Daiza a également un avis tranché à propos des intérêts notionnels : « Ca m’énerve de voir que de très grandes entreprises puissent économiser autant d’argent grâce aux intérêts notionnels parce que les PME ne sont pas du tout dans ce cas de figure. Les PME n’ont pas des sièges d’activités à gauche et à droite, ne peuvent pas transférer, leur flux financier là où ils paieront moins d’impôts, donc on est dans une situation de discrimination totale entre les PME et les grandes entreprises. La complexité profite toujours aux riches, aux intelligents, qui ont les moyens de se faire entourer par des conseillers, des conseillers de haut niveau, ce que nous, dans les PME, on n’a pas la possibilité. Alors il faudrait que les Belges soient un peu plus courageux, qu’ils adoptent un taux d’imposition qui soit suivi de la moyenne européenne, et qu’on cesse de compliquer les choses et dans ce cas-là, il y aurait beaucoup moins d’abus. »

A propos d’Arcelor : « Je ne refuserais pas à priori le principe d’une nationalisation. »

Faut-il nationaliser Arcelor ? faut-il légiférer ? « Je pense qu’il est toujours très, très dangereux de changer les règles du jeu en plein milieu d’une partie, qu’il faut bien entendu être attentif au fait qu’il ne faut pas décourager les entreprises qui envisageraient éventuellement d’installer des activités sur notre territoire, de là, à refuser purement et simplement le principe d’une nationalisation, c’est un pas que je ne franchirais pas. »

Et de citer la FN comme un bel exemple du genre, ou encore l’aéroport de Charleroi. « Il ne faut pas faire de tabou idéologique sur qui est actionnaire de l’entreprise, je pourrais vous citer un autre exemple qui est quand même intéressant : les groupements de Charleroi, qui sont une initiative publique. Quel privé, aurait eu, pardonnez-moi, les couilles, je dirais, d’ouvrir un aéroport dans l’enfer bureaucratique que nous connaissons ? Donc les décisions publiques ne sont pas nécessairement de mauvaises décisions. Je crois que ce sont des gens intelligents, qui se rendent bien compte que le grand écart entre faire venir des entreprises à l’étranger et en même temps, de créer des lois d’exception pour un cas particulier, c’est quelque chose d’extrêmement dangereux. »

« La société wallonne manque de respect pour l’entrepreneuriat »

Et de terminer par un plaidoyer pour l’entreprise : « Il y a chez nous surtout un manque d’ambition. Et peu de respect dans la société belge et Wallonne en particulier pour l’esprit d’entrepreunariat ». Eric Domb dénonce la qualité de l’enseignement francophone : « Je ne vois pas aujourd’hui d’union sacrée des quatre partis sur l’enseignement. » Quant à Mittal, le patron wallon refuse de juger son comportement en n’ayant qu’une connaissance très faible du dossier, ajoutant : « L’économie est amorale. Mais ce que fait Mittal – réduire ses coûts et maximiser ses marges- c’est ce que comme citoyen nous faisons tous les jours lorsque nous faisons nos courses. »

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88. GUL dit le 03/02/2013, 15:03

Je reviens sur mon intervention de ce matin. Je connais bien Eric Domb;son projet d'investir dans ce parc était un pari plus que osé;il avait des biens personnels qu'il a investis dans son entreprise;il s'est aussi adressé à plusieurs banquiers,seul le CPH a cru dans ses projets. Eric Domb est un grand patron;ce n'est pas un hasard s'il a été responsable de l'UWE et c'est ce genre d'entrepreneur dont la Wallonie a besoin;regardez la Flandre;c'est son tissu de PME-KMO qui fait la force et le devenir de la Région Flamande.

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87. dsti dit le 03/02/2013, 14:57

pour miss tick Par rapport à votre commentaire sur Mittal. La responsabilité d'un chef d'entreprise est de perenniser son entreprise. Pour ce faire, il doit être profitable. La consommation d'acier en Europe est en forte baisse (on passe de 18M de voitures/an à 14M), donc il faut fermer des sites. Déjà en 2003 Arcelor voulait fermer le chaud à Liège et Mittal a été reçu comme un sauveur car il l'a maintenu de 2006 à 2012. Mittal est actuellement couvert de dettes (il a vu trop grand en rachetant des mines) et est obligé de couper dans ses coûts. Quels sites choisir ? Comme il n'y a pas de politique européenne, qui pourrait obliger à répartir l'effort sur tous, il choisit le maillon faible : Liège plutôt que Florange. En effet se mettre la France à dos c'est se mettre possiblement des clients comme Renault et Peugeot à dos.

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86. dsti dit le 03/02/2013, 14:47

pour miss tick Ecoutez ce que Mr.Domb dit : il y a une énorme différence entre les déductions pour intérêts notionnels d'une PME et ceux d'une multinationale . La PME deduit proportionnellement au capital qu'elle a investi dans le pays, la multinationale profite du système pour ne pas payer d'impots sur des bénéfices faits dans d'autres pays que la B, elle ne spolie pas la B mais les autres pays (c'est ce que Mittal fait). C'est aux politiques à faire des règles du jeu intelligentes. Mr.Domb préfèrerait d'ailleurs un impôt des sociétés en ligne avec la moyenne européenne plutôt que des artifices comme les intérêts notionnels. J'estime en outre qu'une personne qui par son esprit entrepreneurial a crée 150 emplois mérite le respect.

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85. Miss Tick dit le 03/02/2013, 14:33

J'ajoute, cher dsti, que, à la lecture de votre commentaire, j'espère que serez d'accord avec moi si je dis que monsieur Mittal a raison de licencier 2100 travailleurs. En effet, ce qu'il fait est exactement ce que vous dites dans votre post: penser à son profit.

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84. Miss Tick dit le 03/02/2013, 14:30

@83. dsti ------------ Je ne critique nullement monsieur Domb. Ce que je critique c'est la manière dont ce monsieur est présenté. Et pourquoi on a fait appel à lui pour donner des avis qui, pour moi, ne signifient rien. Si vous aviez lu tous mes posts à ce sujet, vous sauriez que ce monsieur critique, entre autres, les intérêts notionnels alors qu'il en a profité autant, sinon plus, que d'autre comme Mittal que vous considérez comme le plus odieux des gangsters industriels. Enfin, si vous trouvez que ce genre d'individus est le type du renouveau wallon, tant mieux pour vous.

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