Quatre Magritte pour « A perdre la raison »

Anne-Sophie Leurquin
| mis à jour

La cérémonie des Magritte a gratifié le film de Joachim Lafosse de quatre Magritte : meilleur film, meilleure actrice, meilleur réalisateur et meilleur montage.

  • <p>Olivier Gourmet, Emilie Dequenne et Joachim Lafosse. Belga</p>

    Olivier Gourmet, Emilie Dequenne et Joachim Lafosse. Belga

  • <p>Yolande Moreau. Belga</p>

    Yolande Moreau. Belga

  • Yolande Moreau. Belga
    Yolande Moreau. Belga

Placés sous le signe de l’humour et de l’autodérision avec Fabrizio Rongione en maître de cérémonie, les Magritte ont été décernés ce samedi soir à Bruxelles. Le comédien des frères Dardenne, qui succède à Héléna Noguerra, a habilement animé la cérémonie en égratignant gentiment et avec beaucoup d’humour le cinéma belge. Les acteurs et les hommes politiques, en passant par le prince Laurent, personne n’a été épargné. Comme dans « The Voice », des tweets s’affichaient, mais cette fois décalés, voire surréalistes. Comme Miss Belgique qui s’émeut de la mort de Magritte « un grand homme du cinéma s’en va »… Ou Depardieu qui revend « passeport, état neuf jamais servi ».

 

Les prix ont été décernés par des personnalités du cinéma belge. Le film de Joachim Lafosse, « A perdre la raison », a été le grand gagnant de la soirée, raflant quatre prix parmi les plus prestigieux. Un avant-goût du succès qu’il pourrait rencontrer aux César où il est nominé ? « Dead Man Walking » de Patrick Ridremont n’a quant à lui moissonné qu’un seul prix, celui du meilleur décor. Le prix du scénario est allé à Lucas Belvaux pour « 38 Témoins ». Le meilleur acteur est Olivier Gourmet dans « L’Exercice de l’Etat ». Yolande Moreau, maîtresse de cérémonie en bleu et jaune vif (habillée par Johanne Riss), a reçu le Magritte du meilleur second rôle féminin pour son rôle dans « Camille Redouble » où elle interprète avec sa sensibilité toute naturelle la mère de Noémie. Bouli Lanners, coiffé d’une casquette Les Filles à Papa (des stylistes liégeoises qui sont ses amies), a été sacré meilleur second rôle masculin dans le film de Jacques Audiard, « De Rouille et d’Os ». Le très bon premier long métrage de François Pirot, « Mobile Home », a quant à lui été gratifié du Magritte du meilleur espoir féminin (l’excellente Anne-Pascale Clairembourg) et de la meilleure musique originale. « Un road-movie qui fait du sur-place, une belle métaphore de la Wallonie », raille Fabrizio Rongione, qui aurait pu moissonner davantage de prix.

 

Ces Magritte vont-ils donner la touche de glamour qui manque parfois au cinéma belge ? Vont-ils surtout convaincre le public d’aller davantage voir les films de notre communauté ?

 

« On va réussir à amener le public vers des films complexes et de qualité », assure Joachim Lafosse, qui concède que « 35.000 personnes qui vont voir le film en Belgique, ce n’est pas énorme. » « Comme un chanteur pop, je remercie pourtant le public qui a fait l’effort de venir malgré la polémique, que j’ai trouvée populiste. » Le réalisateur se dit soulagé que la profession ait salué le film. « Les frères Dardenne ont ouvert une porte », estime-t-il. « Il n’y a pas une journée sur un plateau où je me demande ce qu’ils auraient fait. Ou avec mes producteurs, ou ma monteuse, on en parle. C’est un référent qui est très fertile. » Ce qui serait grand, poursuit Joachim Lafosse, c’est que les Belges aillent voir de bons films tout simplement : « Les films sont bons, pas parce qu’ ils sont wallons, flamands ou belges, parce qu’ils sont justes. » Il faudrait un festival du film à Bruxelles et davantage de salles d’art et d’essai un peu partout. « Arrêtez avec le régionalisme », implore le réalisateur.

Vos réactions

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11. Davidov dit le 04/02/2013, 05:03

PFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF ! Alors comme je n'aime pas emettre une critique sans connaitre, j'ai regarde hier le film en question et mon avis est sans equivoque : Je pense qu'en plus des 4 magrittes, il pourra aussi avoir le Navet d'Or. C'est vraiment plat, sans aucun interet hormis celui de reprendre une tragedie et d'essayer de se faire de l'argent dessus... Ma conclusion est aussi que si c'est avec cela qu'on obtient des recompenses, je dois toute suite me reconvertir car je vais alors reprendre l'histoire du depeceur de Mons, filmer quelques sacs poubelles et me presenter au prochain magritte, je suis sur de gagner...

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10. ledroit20 dit le 03/02/2013, 17:12

AUX MEMBRES DU JURY DU MAGRITTE Votre premier prix était cousu de fil blanc. Je m'étais dis : ils ne vont pas le faire tout de même. Mais oui ! Ils l'ont fait. Donner un premier prix à un bon FILM OPPORTUNISTE (même pas un très grand film) dont le réalisateur n'est même pas capable d'imaginer entièrement un scénario. Lamentable. J'ai vu en tant que critique indépendant toute la production belge depuis plus d'un an et si c'est ce film que vous couronnez, vous avez perdu toute crédibilité en 2013. Non seulement il y avait nettement mieux sur le plan artistique, mais il y avait plus fondateur et plus original que de primer une récusée détournée d'un drame terrible. Lafosse est donc un jeune déjà vieux. Un faux air de rebelle qui s'est bien installé en excellent opportuniste sur le confort d'un drame. TRÈS MAUVAIS CHOIX QUI DÉCRÉDIBILISE LE MAGRITTE DU CINÉMA, ce dernier ayant voulu en partie récompenser une forme de provocation...

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9. CAPSULE DE LUXE dit le 03/02/2013, 12:43

Un bon film doit être la conjonction d'un bon scénario,d'une belle image et d'une bonne interprétation.Je regrette que le jury ait plébicité une procédure de récupération d'un fait divers au détriment des victimes.Il y a beaucoup de bons réalisateurs inconnus faisant un travail que je qualifierais de plus respectueux.Je regrette et déplore ce choix

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8. Docteur Mabuse dit le 03/02/2013, 12:25

Tout ce que le cinéma belge offre de plus médiocre.

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7. Tinari dit le 03/02/2013, 11:16

Bravo pour le cinéma belge. Mais quand les éditeurs belges, qui font de l'aussi bon travail que les cinéastes, auront-ils enfin droit à un même écho dans notre presse qui, depuis toujours, les regarde avec condescendance quand elle ne les méprise pas ? Avec pour conséquence que la plupart des lecteurs ignorent jusqu'à l'existence des excellents livres qu'ils publient ?

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