Inculpé, Jean-Pierre Lutgen retirera les pavés litigieux

Jean-Pierre Lutgen © Belga
Jean-Pierre Lutgen © Belga

L’information peut paraître anecdotique pour ceux qui ne suivent pas la politique locale à Bastogne : ce mercredi matin sur La Première, Jean-Pierre Lutgen s’est engagé à retirer les pavés qu’il avait installés près du siège social de son entreprise Ice-Watch, sur la place McAuliffe à Bastogne. Cette intervention urbanistique lui vaut en effet une inculpation qui risquait de faire tâche au cours de la campagne électorale qui débute dans la cité ardennaise. L’entrepreneur espère ainsi être tiré d’affaires sur un plan judiciaire. Reste toutefois à attendre les décisions formelles des cours et tribunaux, ce qui peut prendre du temps…

À l’époque où il modernisait ses locaux, Jean-Pierre Lutgen avait pris l’initiative d’aménager et de moderniser les abords du site, sans avoir obtenu de permis pour le placement de nouveaux pavés. Depuis 2013, cette initiative est au centre d’une polémique et d’une bataille juridique qui a contribué à la dégradation des rapports entre l’homme d’affaires et la commune de Bastogne, dont son frère Benoît, le président du CDH, est le bourgmestre depuis 2012.

« Une Bataille pour Bastogne, pas contre mon frère »

Mardi, Jean-Pierre Lutgen a annoncé qu’il conduirait la liste C+ en vue des communales. Il entre ainsi en concurrence directe avec son frère qui sera le chef de file de la liste du bourgmestre-CDH. Le patron d’Ice-Watch refuse de parler de duel fratricide. Mais il s’agit bien de cela : un face-à-face familial peu banal puisque les deux hommes sont les candidats bourgmestres désignés par leurs clans.

La liste C+ se compose d’une dizaine de citoyens sans étiquette, mais aussi de représentants du MR, du PS, d’Ecolo et de Défi. À peine Jean-Pierre Lutgen avait-il annoncé sa candidature qu’un malaise semblait poindre : une tête de liste digne de ce nom peut-elle être sous le coup d’une inculpation, même si la gravité des faits est toute relative ? L’éthique est au centre de nombreux discours, et Olivier Maingain, le président de Défi, compte parmi ceux qui se montrent très exigeants sur l’intégrité des candidats.

Avec ou sans Défi  ?

Défi pouvait-il partager une aventure politique avec Jean-Pierre Lutgen, dans ces conditions ? Maingain s’était donné 48 heures de réflexion, le temps de faire toute la lumière sur la situation à Bastogne. Le temps est compté : la date limite pour le dépôt des listes est fixé à ce vendredi 14 septembre en Wallonie. En annonçant son intention de remettre la place McAuliffe en l’état, Jean-Pierre Lutgen veut tuer la critique dans l’œuf. Il pose un geste. Mais cela ne suffira sans doute pas à ramener la sérénité à Bastogne.

 
 
 
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. La ministre refuse, pour l’instant, d’évoquer la «
solution ultime d’un délestage
».

    Chez Marghem, la meilleure défense, c’est l’attaque

  2. Marie-Christine Marghem.

    Pénurie d’électricité: pourquoi la ministre Marghem n’a rien vu venir

  3. Chez André Kettel, l’essentiel des 400 porcs est confiné. Seuls quelques truies et porcelets ont encore le droit de vivre à l’extérieur. En attendant l’abattage.

    Peste porcine: le secteur agricole encaisse mal la décision d’abattre 4.000 porcs «sains»

Chroniques
  • L’intervention en Libye, la pire erreur de ce début de siècle

    Et ça continue.

    Contrôlée par l’opposition anti-Macron la commission d’enquête sénatoriale tire, aussi longtemps qu’il est possible, la pelote de l’affaire Benalla. C’est de bonne guerre.

    Démocratiquement c’est, en outre, un progrès car jamais, jusqu’à présent, une opposition n’avait obtenu si rapidement la mise sur pied d’une commission parlementaire susceptible d’enquêter sur les turpitudes supposées du pouvoir.

    On est cependant en droit de s’interroger : depuis deux mois, donc, le Landerneau médiatico-politique résonne de l’écho considérable, disproportionné, donné à ce dysfonctionnement, hautement condamnable, mais que Jacques Chirac aurait qualifiée « d’affaire de cornecul ».

    Une lenteur interpellante

    ...

    Lire la suite