Le syndicat tire la sonnette d’alarme

Didier Albin
Mis en ligne

La secrétaire régionale de la CSC services publics tire la sonnette d’alarme : Mounia Benslama craint des centaines de suppressions d’emplois publics à Charleroi.  Elle déplore un déficit de dialogue social et de confiance dans les organes paritaires de concertation.  Selon elle, « les syndicats sont laissés de côté »

  • Secrétaire régionale de la Centrale chrétienne des services publics (CCSP), Mounia Benslama craint un plan de gestion socialement catastrophique à la Ville et au Centre public d’action sociale de Charleroi. © D. R.
    Secrétaire régionale de la Centrale chrétienne des services publics (CCSP), Mounia Benslama craint un plan de gestion socialement catastrophique à la Ville et au Centre public d’action sociale de Charleroi. © D. R.

Secrétaire régionale de la centrale chrétienne des services publics (CCSP), Mounia Benslama craint un plan de gestion socialement catastrophique à la Ville de Charleroi et au CPAS.

Qu’est-ce qui vous amène à tirer la sonnette d’alarme ?

Deux choses : d’abord, un déficit de dialogue social, de transparence d’objectifs et de méthodologie dans la gestion du personnel de la fonction publique à Charleroi (Ville et CPAS). Clairement, nous avons l’impression que le collège communal et le secrétaire ne nous disent pas tout ce qu’ils devraient nous dire, que les organisations syndicales sont laissées de côté. Ensuite, nous pensons que le pire du plan de gestion est encore à venir socialement, alors que certaines mesures larvées de dégraissage commencent à se mettre en place.

De quelles mesures parlez-vous ?

Les licenciements individuels se comptent par dizaines ! Si nos affiliés ne viennent pas nous en parler, nous n’en avons pas vent. Le taux de statutarisation recule, alors que la Ville et le CPAS ont reçu des subsides pour nommer des agents. Entre 2010 et 2011, on a perdu près de 300 statutaires dans les deux institutions. Et il nous revient que la Ville projette de ne plus remplacer qu’un départ sur neuf pour faire des économies : si cette mesure se met en place, cela va décimer l’administration qui ressemble déjà à un gruyère. Des départements importants fonctionnent sans directeurs, ou avec des faisant fonction qui ne sont pas légitimés dans leur grade. Nous ne demandons qu’à croire qu’il est possible de faire mieux avec moins de personnel, mais nous sommes très inquiets pour l’avenir !

Que redoutez-vous ?

Que nos craintes se confirment. Notamment une privatisation du service des techniciennes de surface où l’absentéisme est très élevé ainsi que de l’externalisation du gardiennage. Cela représenterait la suppression de plus d’un demi-millier d’emplois. Si l’on se dirige vers cela, il y aura des réactions de masse, autant le savoir !

La négociation et la concertation sociales sont-elles en panne ?

Ce lundi, un comité de négociation n’a pu se tenir en l’absence du bourgmestre (lire ci-contre). C’est un mauvais signal. Hausse du nombre de plaintes pour harcèlement, manque de légitimité de certains grades, nous ne voulons pas avancer à reculons dans notre revendication d’accroissement du bien-être au travail.