Une autre école de la « réussite »

Jean-philippe De Vogelaere
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GENVAL Le jury central attire de plus en plusd e jeunes qui ne se retrouvent plus dans l'enseignemetn classique. «Saavutus» est depuis cinq ans au service des élèves, pour leur redonner goût aux études.

  • Anne de Borrekens, sur cette photo à droite, et quelques-uns des professeurs. Tous forment une grande famille au service premier des élèves. © RENÉ BRENY.
    Anne de Borrekens, sur cette photo à droite, et quelques-uns des professeurs. Tous forment une grande famille au service premier des élèves. © RENÉ BRENY.

Il est des événements de la vie des jeunes qui font qu’ils ont parfois besoin, pour l’un d’être sauvé de la rue, pour l’autre d’apprendre d’une autre manière, à son rythme. Le jury central permet de redonner à ces jeunes leurs lettres de noblesse. Un défi que relève depuis cinq ans, et dix sessions, l’école « Saavutus », un terme qui ne vient pas du latin mais du finnois et qui signifie « la réussite ». Entretien avec la directrice, Anne de Borrekens, une Limaloise de 55 ans, dans l’école créée avec un groupe de professeurs à Genval.

Quels sont les jeunes qui fréquentent cette école ?

Ils viennent de tous les horizons. Certains sont dyslexiques, d’autres dyscalculiques. Les uns sont à haut potentiel, les autres ont été versés dans l’enseignement qualifiant alors qu’ils auraient préféré rester dans le général. Des jeunes ont connu des soucis dans leur vie, tandis que d’autres se rendent compte qu’ils ne peuvent pas progresser sans leur diplôme d’humanités. Une chose est sûre, c’est que tous ont en commun le fait qu’à un moment de leur vie, ils ne se sont plus retrouvés dans l’enseignement traditionnel.

Beaucoup de jeunes concernés ?

Dans notre école, nous n’accueillons que cinquante élèves. Mais force est de constater que le jury central attire de plus en plus de monde. Il y a cinq ans, il y avait 180 jeunes qui présentaient les examens. Aujourd’hui, ils sont 400. Cela n’est pas normal. Cela témoigne d’un réel malaise. Avec tout le problème que cela pose en terme d’organisation des examens pour la Communauté française. On ne sait ainsi toujours pas aujourd’hui quand aura lieu la prochaine session…

Quel est votre objectif ?

La mission que l’on se fixe, c’est d’amener nos élèves à passer le certificat d’enseignement secondaire supérieur professionnel. Cela correspond à la cinquième année de l’enseignement général. Ce certificat leur ouvre alors la voie aux hautes écoles, mais nous avons déjà des élèves qui ont poursuivi leurs études universitaires en droit, tandis que d’autres ont choisi de devenir pilote de ligne.

En quoi votre modèle est-il différent ?

On a voulu se baser sur le système finlandais dans ce sens que nous sommes persuadés au sein de l’équipe que chaque jeune a quelque chose en lui à valoriser et qu’ils doivent être respectés pour ce qu’ils sont. On essaie donc d’aller à leur rythme et chacun reçoit une attention à la mesure de la difficulté à laquelle il doit faire face. Personne n’est considéré comme incapable. Ils sont tous, au contraire, très courageux parce qu’ils osent emprunter un chemin qui leur est plus difficile à suivre.

D’où des petites classes ?

Dix élèves au maximum. Soit cinq classes pour notre école. Et chaque jour a sa matière, avec son interrogation à la clé. On ne change donc pas de sujet toutes les cinquante minutes de cours, ce qui demande aux élèves chaque fois un effort d’adaptation, chaque fois plus de concentration. Les élèves savent où ils vont et peuvent interrompre directement le professeur quand ils ne comprennent pas. Cela permet de garder une belle motivation.

Cela a forcément un coût…

Mille euros par mois, c’est sûr. Mais cela ne veut pas dire que nous n’avons affaire qu’à des jeunes favorisés. Que du contraire même. Nous avons des parents qui empruntent pour permettre à leur enfant de réussir. Nous avons aussi des jeunes qui vont travailler le week-end et pendant tous leurs congés pour financer leur propre réussite.

Avec quel taux ?

Il est en général très élevé, vu la motivation de tous, mais le terme de réussite varie tellement d’un élève à l’autre. Le principal pour nous, c’est que chaque élève en particulier atteigne l’objectif qu’il s’est fixé…

Vos réactions

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1. ledroit20 dit le 17/03/2013, 18:08

SCANDALEUX MILLE EUROS PAR MOI DEMANDE SAAVUTUS Encore un scandale pour les friqués. On devrait interdire ce genre de choses (idem COGITO) : il y en a qui ont trouvé le filon... Je leur propose de s'installer à ANDERLUES, ces bobo scandaleux. Et la presse relaie ce jour d'infos.

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