Une unité pilote pour les très jeunes mamans en difficulté

Sibylle Dekeyser
Mis en ligne

Le Centre régional de soins psychiatriques Les Maronniers accueille depuis peu un service de maternologie. Il s'agit d'éviter des cas de négligence ou de maltraitance

  • Pour que le bébé se sente en sécurité, serein et confiant, dans les bras de sa mère. © hryt.
    Pour que le bébé se sente en sécurité, serein et confiant, dans les bras de sa mère. © hryt.

Je ne ressens pas de plaisir à m’occuper de mon bébé. Quelque chose ne va pas depuis cette naissance, j’ai honte de ne pas me sentir heureuse ». Une maman sur dix souffre, pendant sa grossesse ou après l’accouchement, d’un trouble de l’attachement envers son enfant. Une difficulté encore plus présente chez les très jeunes mères puisqu’une adolescente sur deux est confrontée à cette problématique, qui peut avoir des conséquences sur le développement psychologique de l’enfant et mener, dans certains cas, à des situations de négligence ou de maltraitance.

A Tournai, une nouvelle unité de maternologie, qui s’attache à la dimension psychique de la maternité, accueille ces futures mamans ou ces jeunes mères en difficulté depuis la mi-janvier. Ce service, baptisé Ylang Ylang en référence à la notion de lâcher-prise que véhicule la plante du même nom, s’est installé dans l’une des ailes du Centre Régional de soins Psychiatrique Les Marronniers. Et ses six lits (trois pour les mamans, trois pour les bébés) sont déjà tous occupés. Une jeune maman et son bébé d’un mois ont posé leurs bagages dans la première chambre voici quelques semaines, une adolescente attend la naissance de son enfant dans la seconde, et la troisième a accueilli début de semaine une autre jeune femme enceinte.

« L’âge est le principal critère d’admission dans cette unité pilote : les mamans ou futures mamans doivent être âgées de moins de 22 ans et leur enfant ne doit pas avoir plus d’un an, précise Pascal Aernoudt, infirmier en chef. Les seuls motifs d’exclusion sont la déficience mentale et la psychose avérée ».

Une fois qu’elles intègrent le service, l’équipe pluridisciplinaire composée d’une gynécologue, d’une pédopsychiatre, d’une puéricultrice, d’infirmières et d’autres spécialistes met tout en œuvre pour qu’elles se sentent comme à la maison : elles sont libres de sortir, de recevoir de la visite, de préparer leurs repas et, bien sûr, de s’occuper de leur bébé avec le soutien discret mais précieux de l’équipe, présente jour et nuit.

« Si les pleurs sont trop forts, si elles se sentent trop fatiguées ou démunies, si elles ont besoin d’un moment pour souffler, nous prenons le relais. Mais uniquement si elles nous le demandent. Nous n’intervenons jamais spontanément, nous ne nous substituons pas aux mamans : nous leur donnons toutes les clés pour qu’elles puissent créer elles-mêmes un vrai lien avec leur bébé », détaille Anne-Sophie Leclercq, infirmière.

Une vidéoclinicienne, spécialement formée à la maternologie comme le reste de l’équipe, prend aussi la peine, une fois par semaine, de filmer les mamans pendant qu’elles nourrissent leur bébé dans la pièce de vie. « C’est un moment essentiel, qui passe très vite, et le fait de le filmer nous permet par la suite de bien observer les attitudes, les regards, les comportements de la maman et de les corriger de manière à ce que le bébé se sente en sécurité, serein et confiant, dans les bras de sa mère. »

Infos : 069/88.03.40.

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