Un code pour l’agriculture
Le ministre Di Antonio a défendu son code wallon devant les élèves de l'école provinciale d'Agriculture. Avant de rencontrer ce jeudi les étudiants en agronomie à Gembloux
Depuis décembre, le ministre Di Antonio sillonne les routes de Wallonie à la rencontre des organisations agricoles. En cause, le projet de code de l’agriculture et l’horticulture, à ce stade inexistant.
Ce mercredi après-midi, pour la première fois, l’élu se frottait à un public un peu différent, formé par ceux qui veulent se lancer dans ces métiers. En l’occurrence, à l’école provinciale (Saint-Quentin), aux étudiants en baccalauréat (haute école) ainsi qu’aux élèves du dernier cycle de secondaire. Ce type de rencontre avec des étudiants de hautes écoles ou d’universités va se multiplier dans un avenir proche. Ce jeudi par exemple, Carlo Di Antonio sera à la Faculté des sciences agronomiques de Gembloux.
Que pensent les jeunes cinaciens de ce code en gestation? En fait, ils ont pas mal de questions. Visiblement, ils savent à quel point l’agriculture vit des heures difficiles, voire cruciales. « Quand le ministre souhaite que les agriculteurs soient les vrais fournisseurs de notre alimentation en Wallonie, que l’on aille vers l’autonomie, d’accord », glisse l’un d’eux. Les circuits courts qui polluent moins et diminuent le nombre d’intermédiaires passent bien. D’autres sujets sont plus sensibles. « Mes parents ont une exploitation familiale, diversifiée, et je voudrais créer un atelier de transformation du lait. Mais vu les normes imposées par l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité alimentaire, NDLR), ce n’est pas rentable ». D’autres questions tournaient autour des biocarburants, des possibilités de leur consacrer des terres tout en gardant suffisamment d’espace pour une autonomie alimentaire. Tout le monde n’est pas convaincu.
Les jeunes ressentent aussi une forte nécessité de mieux faire connaître le monde agricole. « C’est bien de penser à créer des filières pour promouvoir les fruits et légumes de Wallonie, mais il faudra parfois sensibiliser les enfants à ce qui est produit chez nous, disait en substance une étudiante. J’étais au salon des professions de Namur voici peu, je discutais avec une étudiante voulant devenir esthéticienne et qui ne savait pas que les betteraves produisent des graines ». Ou un autre étudiant: « Aujourd’hui chez BioWanze, avec un hectare de terrain, on produit non seulement de quoi faire parcourir 35.000 kilomètres à un véhicule mais aussi, en plus, des protéines qui permettent de nourrir du bétail au lieu de faire venir du soja du Brésil ou de Chine. Les gens ne le savent pas ».
Carlo Di Antonio espère un accord sur le code wallon pour la fin de cette année, à tout le moins avant la fin de la législature. D’autant qu’une réforme de la politique agricole commune est en train de se négocier.







