La vente en viager, une voie à creuser ?
Le viager reste marginal en Belgique alors qu’il met « du beurre dans les épinards » des personnes âgées. Or, celles-ci sont de plus en plus nombreuses à connaître des retraites difficiles.
Voilà 35 ans que Jacqueline Jacobs gère, avec son époux, Viagerim, une agence immobilière spécialisée dans le viager, basée à Woluwe-Saint-Lambert.
Ce segment particulier du marché immobilier, cette entreprise familiale le connaît sur le bout des doigts. Il s’agit d’un segment à part qui ne représente qu’une partie infime (maximum 3 %) des ventes globales en Belgique. « Depuis 35 ans, la situation n’a pas beaucoup évolué, reconnaît sans problème Jacqueline Jacobs. Le Belge n’est toujours pas favorable à abandonner sa garantie immobilière pour la confier à un tiers… »
Rappelons ici qu’il existe deux types de viager : la vente de la « nue-propriété », dans laquelle le vendeur continue à vivre dans le bien qu’il vient de céder (pratique la plus courante), et la vente de la « pleine propriété » où ce même vendeur est obligé de quitter les lieux une fois les actes signés, à charge pour l’acheteur d’occuper lui-même le bien ou de le louer à autrui. « Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de demandes d’informations qu’avant mais il est toujours très difficile de faire comprendre à un vendeur potentiel que s’il a cédé son bien sur papier, il peut continuer à en profiter et à en tirer un avantage financier jusqu’à sa mort », poursuit la responsable de Viagerim.
Comme ses collaborateurs, Jacqueline Jacobs a toutefois constaté une évolution croissante du nombre de personnes âgées en difficultés. C’est pour aider ces gens qui avaient besoin de compléter leur maigre pension qu’elle était entrée dans le business il y a près de quatre décennies. « Les vendeurs en viager sont souvent des indépendants, âgés entre 60 et 90 ans, qui percevaient de bons revenus lorsqu’ils travaillaient mais qui ressentent le besoin d’obtenir un « plus » une fois qu’ils partent à la retraite car celle-ci est souvent insuffisante. »
Sachez aussi qu’en viager, la moyenne de paiement est de huit ans, ce qui constitue un délai fort raisonnable.
Il existe bien sûr des exceptions. L’exemple le plus connu reste ainsi celui du notaire Raffray, qui signa un viager avec une de ses clientes, une dame d’Arles alors âgée de 90 ans. Il ne se doutait pas que sa cliente, du nom de Jeanne Calment, deviendrait la doyenne de l’humanité à plus de 122 ans et décéderait quelques années… après lui ! Au total, cette « bonne affaire » lui aura coûté le double de la valeur de la maison, même s’il en eut la jouissance quand Jeanne Calment partit en maison de retraite.
Comme quoi, on peut être notaire et manquer de flair…
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Le viager va exploser à Bxl-cap et à Anvers. Je laisse aux grands journalistes le soin de vous dire pourquoi