L’entreprise qui ne connaît pas la crise
TOURNAI Spécialisée dans les engins de levage, la société tournaisienne se porte à merveille. L'entreprise qui pèse 120 millions d'euros est aussi restée entièrement dans les mains de la famille Dufour. Un exemple à suivre pour le Premier ministre.
Leurs grues gigantesques fleurissent aux quatre coins du pays et même en France, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Et depuis 2008, c’est aux abords des éoliennes que les engins de levage uniques de l’entreprise Dufour, basée dans le zoning de Tournai Ouest, ont tendance à se faire remarquer. Il faut dire que l’entreprise à actionnariat familial a misé sur le développement durable et a gagné son pari en devenant presque une des seules sociétés à proposer des grues suffisamment grandes et adaptées pour le montage des éoliennes. Résultat : un chiffre d’affaires qui frôle les 120 millions d’euros, un montant qui ne s’est même pas érodé au plus fort de la crise économique. Un résultat qui valait bien une visite du Premier ministre Elio Di Rupo qui a souhaité couper court à la morosité ambiante qui voudrait que toutes les entreprises ont le moral en berne. « Dufour est une société remarquable avec un concept d’intégration, de formation et de services uniques, explique Elio Di Rupo. Le pays a besoin de ce genre d’entreprise. »
La diversification est aussi une des clés de la réussite de cette entreprise spécialisée dans le génie civil, le traitement des déchets, le béton, le combustible ou encore l’organisation de collectes sélectives. « C’est grâce à mes fils que l’entreprise a pris son envol, confie fièrement Jean-Pierre Dufour, 76 ans. C’est mon père qui a lancé, en 1900, sa société de livraison de mazout qui était basée au centre de Tournai. Moi, je l’ai un peu fait grandir mais je suis parti au moment où l’entreprise a rejoint le zoning de Tournai Ouest pour continuer son extension. »
Aujourd’hui, le grand-père attendri espère qu’un de ses 13 petits-fils aura lui aussi la fièvre entrepreunariale et pourra reprendre un jour la société. « Mais ce n’est pas facile, assure-t-il. Il faut faire de hautes études et avoir le courage de se lancer. J’ai eu la chance de transmettre le virus à mes fils. J’espère qu’ils feront de même à leurs enfants. »
L’actionnariat à 100 % familial a aussi une incidence dans la gestion même de l’entreprise. Il n’est pas rare parmi les 500 employés de retrouver plusieurs générations d’une même famille. A 69 ans, Jean-Claude Vifquin était un peu la coqueluche ce lundi. Il faut dire que le mécano n’a toujours pas rangé ses outils et vient encore filer un coup de main à ses collègues. « Moi-même j’ai eu beaucoup de mal à quitter l’entreprise, confie Jean-Pierre Dufour. Et je ne suis pas le seul… »







