Choisir un hôpital, un choix citoyen

Docteur Jacques de TOEUF. Directeur Général MédicalCHIREC
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Deux médecins de l’Hôpital Erasme ont commis, dans les colonnes du Journal Le Soir, une attaque en règle contre mon groupe hospitalier CHIREC, contre la médecine privée, et contre la pratique de la médecine à l’acte. Non contents de plaider en faveur de leur médecine universitaire, ils se livrent quasiment à un exercice de publicité comparative, avec d’un côté une médecine universitaire gratuite pour le patient, et de l’autre des médecins indépendants abuseurs de prestations médicales.

Ils se permettent d’égrener des contrevérités, de stigmatiser le CHIREC, de jeter le doute sur la probité morale des médecins pratiquant à l’acte plutôt que dans un régime de salariat. Je soulignerai à l’usage de ces éminents professeurs que l’activité médicale qu’ils exercent génère des honoraires, payés à l’acte, indispensables à la survie de leur institution. Cela est d’ailleurs tellement vrai qu’il y a quelques années, leur hôpital a été amené, dans le cadre d’un plan de redressement financier, à procéder à de nombreux licenciements de médecins salariés.

Un telle accumulation d’assertions non fondées, de chiffres erronés, de jugements de valeur me fait croire qu’il s’agit là d’une entreprise organisée et voulue de dénigrement, recourant sans mégoter à la médisance et à la calomnie. Nous nous en expliquerons sans doute devant les tribunaux.

Le groupe CHIREC, dans le cadre de sa rénovation, a planifié une nouvelle implantation hospitalière sur le site DELTA, qui bénéficiera, comme tous les travaux de reconditionnement et de reconstruction des hôpitaux en Belgique, d’un financement en partie public, en stricte application de la législation sur les hôpitaux. De même, la subsidiation de la Région Bruxelloise est organisée par la Loi. Elle a d’ailleurs été accordée, depuis plus de 30 ans, à tous les hôpitaux bruxellois, publics ou privés. Mes deux confrères méconnaissent manifestement le contenu des dispositions légales et réglementaires encadrant tant le financement hospitalier que les honoraires médicaux. De même, leur description brève des conséquences de la législation des hôpitaux sur les suppléments d’honoraires est contraire à la réalité.

Le CHIREC est une institution privée, au même titre qu’Erasme d’ailleurs. La Belgique compte plus d’hôpitaux privés que publics : les privés doivent exercer sous forme d’ASBL, impliquant que tous les bénéfices réalisés soient investis dans l’outil.

La législation sur les suppléments d’honoraires a été modifiée au 1er janvier 2013, et le CHIREC s’y soumet intégralement. En 2011, le CHIREC respectait de même toutes ses obligations : 20 % des admissions hospitalières dans nos institutions étaient des patients « protégés » (BIM, OMNIO, VIPO) et donc sans aucun supplément. La moyenne du montant de suppléments facturés en 2011, chambres à un lit incluses, varie de 98 à 160 % selon les sites du CHIREC, loin des 200 % cités. Un tiers des admissions hospitalières se fait par le canal des services des urgences, sans supplément.

Le CHIREC hospitalise tout patient sans aucune discrimination en matière de revenus, d’opinions, de sexe, ou de religion, etc.

Le CHIREC prend en charge des pathologies lourdes et complexes, à l’exception de celles dont le monopole a été confié par l’autorité publique aux hôpitaux universitaires. Il s’enorgueillit de compter en son sein des médecins de très haut niveau, ayant contribué à faire rayonner l’image de l’institution en Belgique et au-delà de nos frontières, par exemple dans les domaines de la cancérologie, de l’orthopédie. De nombreux professeurs des universités sont d’ailleurs venus nous rejoindre, et travaillent plein temps dans nos services tant d’imagerie médicale que de chirurgie ou d’oncologie.

Le CHIREC participe, il est vrai à un niveau nettement inférieur à ce que font les hôpitaux universitaires, à la recherche médicale appliquée. Il reçoit et forme des médecins post-gradués pour de nombreuses spécialités, médecins issus des facultés de médecine de l’ULB, de l’UCL et de la VUB. Nombreux sont les candidats spécialistes qui, après leur stage demandent à nous rejoindre, séduits par la qualité de la médecine prestée et l’environnement professionnel qui leur est offert.

Le CHIREC a conclu des accords de partenariat avec les hôpitaux universitaires de l’ULB et de la VUB, démontrant l’intérêt et l’estime que ces institutions nous portent.

Quant aux honoraires demandés aux patients hospitalisés, le CHIREC s’inscrit dans une démarche transparente. Les suppléments d’honoraires sont plafonnés à 300 %, tout comme à Erasme ou dans les autres hôpitaux bruxellois privés et certains publics. Seuls les honoraires de surveillance pour patients hospitalisés pouvaient jadis être facturés avec un supplément de 400 %, disposition quasi jamais mise en œuvre et aujourd’hui supprimée.

La qualité des soins médicaux, offerte par nos médecins et notre personnel soignant, n’a pas à rougir des comparaisons tant belges qu’internationales. Les mêmes soins sont donnés aux patients, qu’ils payent ou non des suppléments d’honoraires. Les suppléments d’honoraires facturés sont destinés, d’une part et bien légitiment aux médecins prestataires, et d’autre part à l’institution, lui permettant d’acquérir les technologies de pointe pour lesquelles nous sommes peu ou pas subsidiés

Le CHIREC se réjouit de bénéficier de la confiance de la population et des patients, dont certains savent que s’ils acceptent de payer des suppléments d’honoraires, ce sera pour trouver dans l’institution un type d’accueil différent. Est-il besoin de préciser que le choix de la médecine personnalisée, privilégiant la relation individuelle entre le médecin et son malade, est l’élément fondateur qui fait toute la différence entre nous et une médecine anonyme offerte dans beaucoup d’institutions.

Nous sommes fiers de travailler dans un hôpital qui accueille des médecins libres et indépendants, même si cela fâche nos deux confrères de l’hôpital Erasme, et les cabinets de certains ministres.

Vos réactions

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5. The_BlackRat dit le 14/02/2013, 10:18

Comment éviter le vrai sujet Permettez moi de vous dire à quel point votre réponse, M. de Toeuf (je n'ose même pas écrire Dr), est lamentable. Vous ne faite qu'éviter la véritable question posée: l'argent public doit il servir à financer des projets pareils qui manifestement ne rencontre pas le besoin de "médecine pour tous". Et ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral. Vous défendez le CHIREC de façon purement égoïste en ne regardant que les gros profits que vont pouvoir réaliser les médecins (qui, entre nous gagnent déjà suffisamment leur vie... que ce soit au CHIREC ou à Erasme!). Que vous défendiez votre beefsteak, ok, cela montre juste que vous faite ce métier pour le pognon et non par passion contrairement à vos 2 collègues d'Erasme que vous menacez de trainer en justice pour avoir simplement émis une opinion. Les vrais responsables sont les politiciens qui accordent ce genre de subsides. Et si votre réaction est si violente, cela ne fait que confirmer ce que je pense déj

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4. nanash dit le 13/02/2013, 22:09

(...) suite : Peut-être les Dr De Wilde et Goffard ont-ils usé de quelques phrases maladroites. Mais, en somme, ils ne font que porter dans le débat public des questions que se posent de très nombreux médecins, inquiets du fait qu'il soit de plus en plus difficile d'assurer à tous des soins de qualité. Inquiets de voir que les pouvoirs publics assument de moins en moins leurs responsabilités en la matière. Face à de tels problèmes et à notre époque, on ne peut plus se réfugier derrière un silence confraternel qui, en l'occurrence, ne serait qu'un réflexe corporatiste. Nul n'avait jeté l'opprobre sur qui que ce soit jusqu'à ce jour. Ces accusations de complot sont ridicules. Il s'agissait, je pense, simplement de susciter le débat dans le public quant à un sujet qui le concerne : sa santé.

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3. nanash dit le 13/02/2013, 22:02

Peut-être serait-il temps de revenir à la raison. Le Dr de Toeuf accuse nommément et dans des termes très virulents les Dr Goffard et De Wilde... Les accuse de quoi en fait ? De diffamer une institution, de porter atteinte à l'honneur de confrères et, dans un registre assez paranoïaque, de participer à "une entreprise organisée et voulue de dénigrement", soit, disons le clairement, à un complot dont les participants auront à s'expliquer "devant les tribunaux"... Mais si l'on relit la carte blanche incriminée, qu'y lit-on ? Des interrogations. Quant au fait qu'une institution privée bénéficie d'importants subsides publics alors que les CHU ont le couteau sous la gorge. Quant aux implications potentielle de la pratique médicale privée. De l'implication quant au principe fondamental d'une médecine accessible à tous.(...)

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2. pr2948 dit le 13/02/2013, 12:27

"Les suppléments d

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1. jvdstadt dit le 13/02/2013, 10:22

Indignation ! Sans vouloir aucunement polémiquer, je tiens à assurer nos collègues du CHIREC que nous sommes nombreux à l'Hôpital Erasme à avoir été choqués par le contenu de la carte blanche des collègues DeWilde et Goffard. Ce qui est dit dans ce texte ne correspond ni à la réalité des faits, ni à l'avis de l'ensemble des médecins d'Erasme, ni à celui d'Erasme en tant qu'institution. Ce texte ne représente que l'avis de ses deux auteurs. Prof.Jean Van de Stadt

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