Six ans pour huit appartements d’insertion
Six ans après l’achat du bâtiment, Ramillies dispose enfin de ses logements d’insertion. Au nombre de huit, ces appartements sont réservés à des personnes au profil bien défini. Objectif : les aider à retrouver un boulot et une place dans la société.
J’ai tout ce qu’il me faut. Les voisins sont comme ça ! Hormis un robinet qui goutte, tout va parfaitement bien ! » Michel a le sourire… et ça se comprend : habitant jusqu’il y a peu dans sa voiture, il est entré le 21 décembre dernier dans l’un des huit logements d’insertion de la commune de Ramillies et dispose désormais d’un véritable appartement moderne et confortable.
« Le fonctionnement n’est pas comparable à celui d’un logement social, précise Nicolas Berchem, président du Centre public d’action sociale de Ramillies (qui assume la gestion de l’infrastructure). Ici, les résidents (dont le loyer est calculé en fonction des revenus) acceptent d’être suivis, l’idée étant qu’ils puissent se réinsérer dans la société en retrouvant un travail, une qualité de vie… Une fois cet objectif rempli, ils peuvent libérer la place pour d’autres. D’où des baux de trois ans partiellement renouvelables. »
Les huit appartements (une, deux ou trois chambres) n’ont pas tardé à se remplir, tant la demande était (et est toujours) manifeste. « La plupart des locataires sont arrivés en même temps, le 21 décembre, constate Nathalie Lempereur, l’assistante sociale attachée à ce nouveau service. Ils ont rapidement fait connaissance, se sont relayés pour assurer le nettoyage des parties communes en attendant l’arrivée d’une aide ménagère… Une véritable entraide s’est instaurée, de même qu’un respect des lieux et une excellente ambiance. »
C’est donc la fin d’un feuilleton que d’aucuns pensaient interminable. Car le dossier des logements d’insertion a commencé en 2006 avec l’acquisition du bâtiment (pour 570.000 euros dont 250.000 de subsides) ainsi que de la grange et du hangar attenants, le long de la N91.
« Il y a manifestement eu un peu de retard, constate Nicolas Berchem. Il faut par ailleurs rappeler que tout a dû être rénové ou transformé (pour 130.000 euros), ce dont s’est chargée une société privée entre 2007 et 2009. Il a ensuite été décidé que le service technique communal se chargerait des abords. La demande d’un permis spécifique par le fonctionnaire délégué a nécessité de refaire des plans, de perdre du temps en procédures… Sans parler des autres tâches annexes des ouvriers qui les ont empêchés d’être non-stop sur ce chantier. »
D’où le débat politique récurrent alimenté par l’opposition au conseil : valait-il mieux faire appel à une firme privée, payer plus cher et récupérer des loyers plus rapidement ou, comme l’a fait Ramillies, économiser certains frais en utilisant les compétences du service technique communal mais postposer l’ouverture des logements ?


