Kroll, conquis par le carnaval
Pierre Kroll a vécu le Mardi gras dans sa totalité. Du ramassage au rondeau, le caricaturiste n’a pas perdu un confetti du carnaval de Binche. Une belle manière de faire oublier son dessin polémique du mois de janvier.
Rondeau final. Toutes les sociétés affluent sur la Grand-Place. Au milieu des chapeaux et des tambours, on retrouve Pierre Kroll. Le teint superbe, le sourire aux lèvres. « Binche, c’est vraiment une belle terre d’accueil ! »
Pour peu, si nous devions à notre tour caricaturer le caricaturiste, nous le représenterions avec des ailes et des auréoles d’ange, une orange à la main.
Évaporée, la polémique qui a éclaté au mois de janvier. Kroll avait osé dessiner un gille en Marilyn Monroe. « Franchement j’ai découvert un superbe folklore. J’ai eu la chance d’être invité par les Récalcitrants. Je suis en route depuis 4 h 30 du matin. »
Pierre Kroll n’est pas qu’un invité de luxe au Mardi gras. Il a aussi mis la main à la pâte toute la journée. Délaissant ses crayons pour un sac rempli d’oranges. « Je porte les oranges des gilles durant le cortège. C’est ma manière de les remercier de leur superbe accueil. »
Pierre Kroll vient de Liège. Le carnaval, il ne connaissait pas.
Un gille s’approche de lui. « On peut faire une photo, Monsieur Kroll ? » « Vous voyez, personne ne m’en veut à Binche. Beaucoup de gens sont venus me saluer. L’incident est clos. »
Pour peu, on oublierait presque que Pierre Kroll tire tous les jours le portrait de l’actualité avec malice. Serait-il devenu un simple gentil bonhomme au contact du pavé binchois ?
Eh non ! Au moment de prendre congé du dessinateur, il nous tend un cadeau. Un dessin où l’on peut lire : « Peut-on rire de tout ? » Un gille en compagnie du Pape, d‘un Arabe et d’un Juif répond : « Pas du gille de Binche en tout cas ! » Ouf, on a retrouvé le vrai Kroll !







