Le refinancement d’un crédit, mode d’emploi

Mathieu Colinet
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Depuis quelques mois, environ un prêt hypothécaire sur dix n’est pas destiné à la construction, à l’achat et/ou la rénovation d’un logement, mais bien à « refinancer » un crédit en cours grâce à un nouveau prêt contracté auprès d’une autre banque.

  • <p>Phto : Le Soir/Dominique Rodenbach</p>

    Phto : Le Soir/Dominique Rodenbach

C’est que de nombreux emprunteurs ont constaté que l’écart entre le taux de leur contrat et les taux pratiqués aujourd’hui était devenu significatif, en tout cas supérieur à 1,50 %, et ont choisi d’aller voir ailleurs pour alléger leurs mensualités.

En réalité, en matière de refinancement, deux formules doivent être envisagées.

La première, la plus simple, c’est le refinancement « interne ». Vous avez relu votre contrat et vous avez calculé, avec le concours d’un courtier ou sur un simulateur (celui de www.guide-épargne.be par exemple), ce que vous coûterait le rachat de votre prêt (indemnité de remploi, la mainlevée de l’hypothèque, les frais du nouvel acte hypothécaire, les frais de dossier, les frais de l’expertise éventuellement demandée par le nouveau créancier, etc.).

Vous allez ensuite trouver votre banquier et vous lui demandez de revoir à la baisse la mensualité en vigueur. A priori, il va accepter, mais sans vous accorder le taux que serait prêt à vous consentir un concurrent. En effet, il sait que le refinancement interne ne vous coûte presque rien, alors que, si vous rachetez votre prêt, vous devrez acquitter un montant non négligeable.

La deuxième formule, c’est le refinancement « externe ». Un exemple concret.

En février 2008, Denis et Julie contractent un emprunt de 200.000 euros remboursable en 20 ans assorti d’un taux fixe de 5,00 %. Ils paient une mensualité de 1.307 euros. Cinq ans plus tard, en février 2013, constatant la baisse généralisée des taux, ils demandent à leur banquier de faire un geste, mais le rabais qu’il est prêt à consentir leur paraît insuffisant. Un banquier concurrent est disposé à financer le rachat de ce prêt via un nouveau crédit de 165.000 euros (solde du capital restant dû), remboursable en 15 ans, avec un taux fixe de 3,50 %. Soit une mensualité de 1.187 euros. D’où un gain de 120 euros par mois ou, au total, de 21.600 euros (120 × 12 × 15).

Voilà pour le gain brut, mais il faut défalquer les coûts de l’opération : l’indemnité de remploi à verser au banquier que vous quittez (trois mois d’intérêt sur le capital restant dû, soit, en l’occurrence, environ 2.000 euros), les frais de mainlevée de l’hypothèque initiale et les frais d’acte du nouveau crédit (environ 5.300 euros) ainsi que divers autres frais (300 euros). Soit, au total, 7.600 euros.

Cette somme, Denis et Julie peuvent évidemment la financer en l’ajoutant au montant du nouveau crédit (qui passera à 172.600 euros), mais cela diminuera évidemment le gain final de ce financement externe.

Attention, que le refinancement soit interne ou externe, il faut éviter de comparer des pommes et des poires. Pour que la comparaison soit correcte, il faut que les paramètres de l’ancien crédit et ceux du nouveau soient les mêmes, notamment sur le plan de la formule (fixe, semi-fixe ou variable) et sur celui de la durée du remboursement.

Osez la rencontre !