Cuvées pétillantes originales
Régis Risso, Jean Le Chocolatier et Michel Crucifix se sont amusés à créer deux cuvées originales avec du vin de chez nous. A découvrir : un pinot noir et un chardonnay non dosé pétillants et un «téton de Habay»
Voilà un concept qui titille l’esprit, éveille les sens : « Belgian wine is not dead ». Un concept, mais aussi une marque de nouvelles cuvées de vin made in Belgium. In Torgny, au vignoble du Poirier du Loup, plus exactement.
Une idée née dans la tête de trois gens du sud, et même doublement sudistes pour deux d’entre eux. A la barre Régis Risso, épicier de la Fée Verte à Anlier mais aussi prof de sommellerie à Arlon. Il y rencontre, voici trois ans, Michel Crucifix, vigneron à Torgny. Régis, le sudiste français devenu belge du sud d’adoption, a des bulles qui lui secouent le cerveau en permanence. Il a envie d’expérimenter de nouveaux goûts, de vinifier autre chose que ce que le commun des œnophiles peut trouver, de faire des choses que personne n’a trop osées. Et pourquoi pas avec des vins d’ici ?, pense-t-il. C’est parti. Le temps de faire le tour des cépages du Poirier du Loup, et le pari est lancé. Ce sera un « Ovni », un objet viticole non identifié. Pas lancer au hasard des caves, mais bien pensé, même si chaque nouvelle cuvée est matière à incertitudes. Ce sera un pinot noir pétillant, dosé, dans lequel on rajoute une liqueur d’expédition pour la refermentation en bouteille. Jamais le Poirier du Loup n’a conçu un pinot noir effervescent. Ce n’est pas le cépage le plus courant à Torgny, la cuvée sera donc limitée : un fût de 100 litres.
Jean le Chocolatier, le Sétois devenu habaysien chocolatier, est aussi mêlé à la chose. Les expériences gustatives, il connaît, notamment les fameux accords bières et chocolat. Alors, il va mettre son nez de confiseur dans le second vin créé par le duo : un chardonnay pétillant, mais non dosé. Bien brut mais bien équilibré. Pour séduire les palais un peu récalcitrants, notamment féminins, il propose un… cuberdon maison, qu’il baptise le « téton de Habay ». Plongé dans la coupe de pétillant, il adoucit le vin, lui donne des arômes subtils, de violette, notamment. Mais chacun est maître de son sort : avec ou sans cuberdon, plongé longtemps ou simplement immergé pour ensuite le téter. Tout est en délicatesse pour un accord qui n’a rien d’artificiel, juste un rien imprégné de surréalisme à la belgo-française ! Autant dire que cet hommage à la Belgique du « Belgian wine is not dead » ne sera pas un one shot. D’autres cuvées, d’autres années vont suivre, originalement pensées mais à dose limitée. Le Poirier du Loup, bio depuis 2009, ne s’étire que sur 1,60 ha…


