Le slow living gagne notre quotidien
Le slow living associe plaisir et durabilité. Le salon Batibouw, qui ouvre ses portes ce jeudi, présente cette année l'exposition "Biobased Materials".
Si, en Belgique, la culture du slow living n’est pas encore très répandue, elle est palpable en termes de durabilité. Architectes, urbanistes, designers, fabricants... y travaillent.
Dans tous les cas, il s’agit de ralentir le rythme, dans un souci de qualité de vie et de plaisir, mais aussi de réf léchir à la manière de consommer.
L’architecture lente et son pendant, les slow cities, défendent ainsi des constructions de qualité, esthétiques, adaptées à l ’environnement et laissant une empreinte écologique minimale.
De son côté, le slow design a pour objectif de créer des objets dans un souci de diminution des ressources humaines, économiques, industrielles et urbaines.
Par ailleurs, crise aidant, le vintage a opéré un retour en force ces dernières années. Selon une enquête effectuée à l’occasion du salon Batibouw, deux Belges sur trois acquièrent du mobilier de seconde main qu’ils associent à des éléments plus récents. Seuls 4 % ne s’entourent que d’objets récupérés. En outre, 15 % des personnes sondées optent pour des meubles et accessoires naturels : tables en bois, tapis en laine, rideaux en lin… Mais, si près de la moitié combine éléments naturels et artif iciels, 37 % achètent d’abord ce qui leur plaît, durable ou non.Nous pouvons dire, de manière générale, que la culture du slow living n’est pas encore totalement implantée dans les ménages belges, relèvent les responsables du salon. La tendance vers les économies d’ énergie a toutefois ouvert la voie vers ce mode de vie.
Aujourd’hui, plus de 80.000 professionnels du secteur se disent adeptes du slow living en Europe et en Amérique du Nord. Ce qui se traduit surtout par l’utilisation de matériaux plus respectueux de l’environnement (bois, pierre, coton bio, lin…), dont la provenance est spécifiée, et des règles éthiques de production qui privilégient notamment la proximité et le non-emploi de produits chimiques polluants.
Matériaux biosourcés
Cette année, le salon Batibouw présentera l’exposition « Biobased Materials » et une centaine d’échantillons de matériaux biosourcés, issus d’organismes vivants, comme le bois, le bambou, le cuir, les déchets végétaux agricoles, la soie, la laine ou le cuir de poisson. Des matériaux biodégradables et limitant les émissions de CO2. La demande de ce type de matériaux devrait fortement s’accroître dans l ’avenir. Dans le secteur de la construction et de la rénovation, ils sont très pratiques en raison de leurs caractéristiques naturelles, telles que les propriétés hydrofuges du liège, le pouvoir isolant de la laine ou la résistance et la flexibilité du bambou.
D’autres matériaux servent de matière première à un autre produit, comme le linoléum. De même, des matériaux renouvelables permettent d’en fabriquer d’autres qui diffèrent peu des produits issus de la pétrochimie en termes de propriétés esthétiques et mécaniques. C’est le cas des panneaux en composite et des biomousses. Des ateliers axés sur ces matériaux seront proposés aux architectes durant le salon.
Énergies vertes
Côté énergies renouvelables, qu’en est-il en Belgique ? Il s’agit d’abord d’une volonté politique, dont les coûts, à charge du propriétaire, restent très onéreux. Et qui nuisent souvent au secteur de la construction. Or, en Flandre, le recours à une forme d’énergie renouvelable sera obligatoire dès 2014 pour tous les projets de constructions neuves. À Bruxelles, dès 2015, la norme passive y sera appliquée.
De son côté, la Wallonie annonce pour 2018 un renforcement des normes de consommation d’énergie. Avant 2021, où l’Europe imposera la construction de maisons presque zéro énergie.
Le futur, ce sont des appareils hybrides combinant combustibles fossiles et énergies renouvelables. Ces appareils sont destinés à chauffer autant qu’à refroidir. Par exemple, les panneaux solaires thermiques avec le chauffage central ou d ’appoint, pour réchauffer l ’eau du boiler en hiver.
La notion d’ énergie renouvelable évoque avant tout un boiler solaire, des panneaux photovoltaïques, une pompe à chaleur.
Nettement moins connues et répandues sont les centrales de microgénération (production combinée électricité-chaleur) ou la biomasse. Un avantage de certaines énergies vertes est leur capacité à générer une plus-value : au lieu de simplement chauffer l ’habitation, elles peuvent également la rafraîchir à bon compte. La pompe à chaleur en est un bel exemple.
Villes à vivre
Le slow living se retrouve aussi, paradoxalement, dans un retour en ville et de nouveaux modes d’habitat. Par souci de proximité (tout à portée de main, déplacements réduits par rapport au lieu de travail…), mais aussi grâce aux initiatives publiques pour y améliorer la qualité de vie est les espaces, inspirées de ce qui se fait ailleurs.
Face à la densif ication du tissu urbain, des espaces délaissés comme les friches industrielles sont réaménagés en lofts depuis une quinzaine d’années et d’autres tendances émergent en ce qui concerne le logement. Tel l’habitat groupé qui, tout en comprimant les coûts (équipement utilitaire, jardin et entretien…), renforce les liens humains. De même, chaque parcelle est exploitée, comme l’illustrent les toitures végétales ou les balconspotagers… Entre autres solutions alternatives et durables, dont la ville constitue le terreau fertile.
Batibouw 2013. 54e Salon international de la construction, de la rénovation et de l’aménagement intérieur, du 21/02 au 03/03 de 10 h à 18 h 30, le 28/02 jusqu’à 23 h, Brussels Expo, 1 place de Belgique, 1020 Bruxelles, www.batibouw.be














