Une collection Art nouveau venue du Japon
Majorelle, Gallé, Tiffany ! N’entrait que le caviar de l’Art nouveau dans la collection du magnat japonais de l’immobilier, Takeo Horiuchi. Cet exceptionnel ensemble a été réuni vers 1990 par ce grand collectionneur, un homme passionné par l’influence des arts du Japon sur l’art occidental et son succès en Europe entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle : le japonisme.
Pour mener à bien cette entreprise, Horiuchi s’associe alors à Alastair Duncan, spécialiste des arts décoratifs et de la recherche d’œuvres exceptionnelles. Alastair Duncan a été pendant de nombreuses années conseiller pour Christie’s, à New York. Il est consultant indépendant pour les arts décoratifs des XIXe et XXe siècles et l’auteur de divers ouvrages sur la période Art nouveau et Art déco. En vingt ans, les deux hommes constitueront la plus importante collection d’Art nouveau au monde : The Louis C. Tiffany Garden Museum Collection, à Nagoya.
La collection mise en vente par Sotheby’s à Paris ce samedi 16 février est précieuse à plus d’un titre. C’est d’abord un précieux témoignage de l’engouement pour le japonisme à la fin du XIXe siècle en Europe. A ces sources lointaines, tous les arts décoratifs et même des peintres comme Vincent Van Gogh ou le mouvement des Nabis puisèrent des motifs inspirés directement de la nature venant renouveler leur répertoire, mais aussi des techniques et des solutions formelles inédites. La présence de quelques pièces Art déco dans la collection témoigne encore de l’influence asiatique au début des années 1920.
C’est le nec plus ultra. Les plus importants artistes français du début du XXe siècle y sont représentés sous plusieurs aspects de leur talent. Louis Majorelle développa avec bonheur un mobilier à la ligne voluptueuse particulièrement adapté aux motifs végétaux. Emile Gallé, chef de file incontesté, homme cultivé, a donné aux objets une signification spirituelle. C’est lui qui introduisit dans leur décor des vers empruntés aux auteurs contemporains. René Lalique créa des bijoux en totale rupture avec le répertoire esthétique de l’époque.
L’Art Nouveau a-t-il encore la cote ?
Cette vente est un test grandeur nature. L’Art nouveau a-t-il encore la cote quand les amateurs s’orientent plutôt vers l’Art déco ? N’en déplaise à l’ouverture prochaine d’un Musée Fin de Siècle à Bruxelles, cette cote dégringole.
Parmi la vacation de 140 lots, certains plafonnent encore à l’estimation, comme le dressoir Automne, signé Emile Gallé (700.000 euros) alors que l’on peut aussi trouver d’autres objets entre 3 et 7.500 euros.
Sotheby’s Paris. Exposition jusqu’au 15 février. Vente le 16 février. www.sothebys.com







