Nouveau record pour une œuvre de Schiele
A Londres, Sotheby’s a mis en vente trois oeuvres du Leopold Museum de Vienne.
Les ventes d’art moderne de la première semaine de février à Londres ont remis sur le devant de la scène les œuvres sur papier du peintre et dessinateur viennois Egon Schiele, après quelques années d’absence d’œuvres majeures et de résultats notoires sur le marché. Alors que Christie’s présentait des œuvres plus « classiques » de l’artiste, Sotheby’s s’offrait le luxe de proposer un groupe exceptionnel de trois œuvres provenant du Leopold Museum de Vienne ! Dans une vente qui allait rapporter plus de 104 millions de livres de chiffre d’affaires à Sotheby’s, celles-ci générèrent tout de même près de 14 millions de livres.
Ce résultat s’explique en partie par la présence au catalogue d’une œuvre exceptionnelle de 1914-1915, intitulée Liebespaar, que l’on pourrait traduire par « les amoureux ». Ce double portrait d’Egon Schiele avec Wally Neuzil, sa compagne et modèle de quatre ans sa cadette, avait été acheté en 1952 à l’industriel Henrich Böhler par Rudolf Leopold, un ophtalmologiste viennois dont l’immense collection fut rachetée dans les années 1990 par l’Etat autrichien en vue de la création d’un musée d’art autrichien, le Leopold Museum, ouvert à Vienne en 2001. Estimée entre 6,5 et 8,5 millions de livres sterling, cette gouache sur papier a finalement été adjugée 7.881.250 de livres, signant au passage un nouveau record pour une œuvre sur papier d’Egon Schiele.
Dans cette composition, l’artiste s’est représenté debout en gilet et cravate, les mains posées sur la tête de Wally, agenouillée entre ses jambes. Habitué des œuvres provocatrices, Egon Schiele vécut une histoire passionnelle avec cette jeune fille qui lui avait été présentée en 1911 par Gustav Klimt. Peu après son mariage en 1915 avec Edith Harms, l’artiste n’eut d’autre choix que de mettre fin à sa relation avec Wally (pensant d’ailleurs un moment à lui faire signer un document attestant qu’elle n’avait jamais été amoureuse de lui…). On raconte que cette scène d’adieux eut lieu dans un café viennois et que Schiele lui proposa de partir tout de même en vacances ensemble une fois par an, ce que la jeune femme refusa. Trois ans plus tard, toux deux moururent lors de la terrible pandémie de grippe espagnole sans jamais s’être revus…


