Les syndicats ont-ils raison de manifester? (Sondage)

Bernard Demonty, Pascal Lorent
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Plusieurs milliers de manifestants sont attendus dans les rues de Bruxelles ce jeudi. Nous avons confronté leurs revendications à la réalité des chiffres et l’avis des experts.

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Contre une hausse de flexibilité déraisonnable

Est-il pertinent de poser la question de la flexibilité alors que les représentants syndicaux ont rendu un avis commun allant dans le sens d’une plus grande flexibilité, il y a quinze jours à peine? D’autant que « nous disposons déjà de mécanismes nombreux qui permettent aux entreprises de s’adapter aux fluctuations des commandes et aux soubresauts de la conjoncture », comme le remarque Etienne de Callatay, économiste en chef à la banque Degroof.

Contre le gel des salaires et les attaques sur l’index

Le gouvernement a décidé, en novembre dernier, de geler les salaires pendant deux ans. La mesure ne passe pas chez les syndicats. Paul De Grauwe, professeur à la London School of Economics souligne qu’on «observe une modération salariale dans tous les pays, et la Belgique ne peut faire cavalier seul». En revanche l’économiste ne juge pas nécessaire de toucher à l’index tant que l’inflation est sous contrôle.

Pour une hausse des allocations

Il y a plusieurs mois, patrons et syndicats sont parvenus à un avis commun sur une augmentation des allocations sociales (pensions les plus basses, salaire minimum et allocations de chômage). Le gouvernement n’a toujours pas avalisé cet avis. Les syndicats exigent, eux, son application immédiate. Parmi les économistes, il ne se trouve personne pour juger cette réforme déraisonnable. Le gouvernement devrait donc l’adopter sous peu.

Pour une réforme fiscale

Les syndicats plaident pour une « fiscalité plus juste à laquelle chacun contribue honnêtement ». Herman Matthijs, professeur à la VUB et membre du Conseil supérieur des finances, plaide également pour un allégement de la fiscalité qui pèse sur les particuliers: « Diminuer la pression fiscale sur les salaires et les personnes serait une bonne affaire pour notre économie, pour la compétitivité de nos entreprises  » Reste à savoir comment compenser alors la perte des recettes de l’Etat.

Pour l’égalité entre ouvriers et employés

Les discriminations entre ouvriers et employés devront avoir disparu d’ici à juillet prochain. En alignant tout le monde sur le statut des employés? Jean Faniel, du Crisp, souligne que les « enjeux dépassent les personnes  ». L’unification des statuts pose aussi la question de l’avenir de la Setca et de la CNE.

Notre dossier complet pp. 2 et 3 dans Le Soir en PDF