Centres-villes en crise

Melanie Geelkens
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LIEGE Selon l'Association du management du centre-ville, la Province de Liège ne se porterait pas trop mal, commercialement parlant. Eupen et Herstal affichent toutefois des taux de surfaces commerciales inoccupées très élevées.

  • L’AMCV dénonce la chasse aux mètres carrés des promoteurs qui n’hésitent pas à s’installer dans des zones déjà saturées pour répondre à une stratégie à court terme. En photo, le centre de Verviers. © Michel Tonneau.
    L’AMCV dénonce la chasse aux mètres carrés des promoteurs qui n’hésitent pas à s’installer dans des zones déjà saturées pour répondre à une stratégie à court terme. En photo, le centre de Verviers. © Michel Tonneau.

La province de Liège ne s’en sort pas trop mal. Parmi les 38 noyaux commerciaux passés au crible par l’Association du management du centre-ville (AMCV), les 13 liégeois n’ont globalement pas à rougir.

Cette étude référence le nombre de surfaces commerciales potentiellement disponibles sur un territoire (y compris celles qui ont à la base une vocation mercantile mais qui ont été transformées en bureaux ou en logements), puis évalue la densité commerciale (le nombre de cellules réellement occupées par des commerçants). Relevant au passage le pourcentage de magasins vides.

Verdict : la moyenne régionale est de 68 % pour la densité commerciale et de 14,6 % pour les cellules inoccupées. Dix communes liégeoises affichent de meilleurs résultats que la moyenne. Liège décroche la palme dans la première catégorie (82,9 %), tandis que Hannut l’emporte dans la seconde (à peine 7,3 %).

Tout va dès lors pour le mieux ? Pas si vite… Liège affiche un taux de cellules vides élevé (14,4 %), tout comme Ans (14,4 %) et Aywaille (14,6 %). « Lorsqu’on dépasse les 10 %, on peut s’inquiéter », souligne Pierre Francis, directeur de l’AMCV.

Que dire alors des… 29,4 % d’Eupen ? L’entité germanophone affiche les pires résultats wallons. En grande partie à cause de l’Eupen Plaza, cette galerie de 4 étages inaugurée en 2000 et qui n’a jamais réellement décollé. En 2012, 68 % des surfaces disponibles y étaient inoccupées. « C’est une boîte fermée sur elle-même, analyse le directeur. Il s’agit d’une erreur de conception, comme pour l’Espace Sain Michel. Les bâtiments ne s’ouvrent pas, les passants restent donc sur le trottoir où il y a de l’activité. »

Herstal ne tire pas davantage son épingle du jeu, avec un taux de vacance de près de 19 %. « On est en présence d’un noyau pris entre la concurrence de deux pôles. Il y a eu pas mal de travaux sur la place principale. Puis, c’est aussi une question de pouvoir d’achat de la population. »

L’AMCV dénonce par ailleurs la chasse aux mètres carrés des promoteurs qui n’hésitent pas à s’installer dans des zones déjà saturées pour répondre à une « stratégie immobilière à court terme »… Oubliant que le commerce « ne crée pas de la richesse mais en vit. »

L’association en appelle dès lors à une meilleure régulation par les pouvoirs publics. La réussite de Hannut, par exemple, s’expliquerait en partie par la vision claire développée par la commune. « Mais il ne faut pas non plus dramatiser, juge Pierre Francis. Le commerce est une dynamique constante. Le tout est de savoir la gérer. À Liège, par exemple, les rues de la Régence et de l’Université retrouveront peut-être un second souffle lorsque la Grand Poste jouera son rôle de locomotive. »

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