Acquérir un logement doit rester possible pour les jeunes
Face à une conjoncture plutôt morose, le secteur de la construction tire son épingle du jeu avec une croissance de 0,8 %. Mais les perspectives pour 2013 sont tout de même mitigées.
En 2012, le secteur de la construction s’est mieux comporté que l’ensemble de l’économie. La construction résiste bien face à la crise. Elle clôture 2012 avec une légère croissance (+ 0,8 %). »
Tel est le constat de Robert de Mûelenaere, l’administrateur délégué de la Confédération Construction, qui ajoute : « Cette évolution ne devrait toutefois pas se poursuivre. La croissance attendue pour 2013 est de 0,3 %. » Les entrepreneurs confirment que 2013 se présente comme une nouvelle année difficile. Ils sont beaucoup plus nombreux à parler d’une détérioration de la situation conjoncturelle que d’une amélioration.
En 2012, l’activité a diminué (- 3 %) dans la construction résidentielle. Le nombre de logements autorisés a toutefois connu une progression de l’ordre de 5 %. « Cette hausse n’est pas le signe d’une reprise de la demande mais bien la conséquence d’une normalisation de la situation, les chiffres de l’année 2011 étaient particulièrement bas. Cette augmentation du nombre de logements autorisés en 2012 devrait provoquer un rebond de la production de logement en 2013, vraisemblablement de l’ordre de 3 %. La tendance à la baisse du nombre de logements autorisés dès la fin de l’année ne présage toutefois pas de possibilités de croissance sur le long terme », poursuit Robert de Mûelenaere.
Le recul d’activités de la construction résidentielle en 2012 s’explique en grande partie par les mauvaises performances de la rénovation « verte ». Le nombre de permis délivrés pour des rénovations d’habitations a légèrement augmenté (+ 1,5 %) mais la suppression quasi générale des avantages fiscaux en matière de rénovations énergétiques a donné un sérieux coup de frein au secteur de la rénovation dans son ensemble qui se replie de 3 %.
Le secteur non résidentiel (bureaux, bâtiments industriels…) a par contre évolué positivement (+3 %). « Cette situation s’explique notamment par un regain d’activités dans le secteur du commerce, relève l’administrateur délégué de la Confédération Construction. Pour 2013, nous prévoyons une croissance faible voire une quasi-stagnation. L’industrie devrait se comporter mieux que le commerce, une situation inverse par rapport à l’année précédente. »
Le secteur, qui a eu le vent en poupe en 2012, est le secteur des travaux publics (+ 5 %). Les infrastructures et le génie civil ont profité de l’impulsion traditionnelle liée aux élections communales. Une baisse significative d’activité est prévue en 2013 (-3 %).
« La construction tire son épingle du jeu. Toutefois, cette situation ne se répétera pas cette année. Nous prévoyons une quasi-stagnation en 2013 (+ 0,1 %) avec une inversion de l’impact des différents sous-secteurs. Le logement devrait bien se comporter pour compenser les pertes en génie civil. Cette embellie devrait être cependant temporaire. Une diminution du nombre de nouveaux logements est attendue au cours de la seconde moitié de l’année. 2014 ne se présente pas sous de bons auspices en matière de logement. »
Et pourtant, le nombre de logements disponibles en Belgique est à peine suffisant pour répondre aux besoins de la population. Ces besoins iront croissant en raison de l’évolution démographique et de l’augmentation du nombre de ménages. La Confédération Construction suggère la mise en place d’une politique susceptible de soutenir l’accès au logement reposant sur plusieurs axes : l’accroissement de l’offre de logements, la maîtrise voire la réduction des coûts de construction, un ensemble d’actions permettant de repousser les limites en matière de crédit hypothécaire (maintien du bonus logement…), l’optimisation de la capacité de remboursement des ménages, de nouvelles formules favorisant l’accès au logement ou se situant entre l’achat et la location.
« Il est évident que la crise pèse sur les budgets disponibles, aussi bien des pouvoirs publics que des particuliers. Mais l’acquisition d’un logement doit aussi rester possible pour les générations futures. Nous venons avec une nouvelle approche du problème. Nous estimons qu’aujourd’hui, cette question n’est pas suffisamment étudiée et travaillée. La limite de capacité de remboursement des ménages n’est pas assez évoquée quant à ses causes et ses conséquences. Nous sommes demandeurs d’une concertation et d’un dialogue avec les pouvoirs publics et le secteur financier pour, ensemble, chercher des solutions. En réalité, nous n’avons pas le choix. Nous ne pouvons pas accepter comme un fait acquis qu’une frange de plus en plus importante de candidats bâtisseurs ne puisse plus financer l’acquisition d’un logement », conclut Robert de Mûelenaere.



