Les jeunes sont friands de crédits hypothécaires
Après deux années un peu folles, le marché des crédits hypothécaires reprend le sens des réalités. Les Belges, et particulièrement les jeunes, n’hésitent pas à investir. Les taux d’intérêt restent, il est vrai, particulièrement attractifs.
A la veille de Batibouw, BNP Paribas Fortis a présenté son bilan en matière de crédits hypothécaires. En 2012, une diminution de l’ordre de 13 % des montants des crédits habitations a été constatée. BNP Paribas Fortis a suivi cette tendance avec une diminution de l’ordre de 20 % des montants de ses contrats.
« Il faut relativiser ces chiffres et les mettre en perspective par rapport à des années record 2010 et 2011 qui avaient bénéficié d’incitants fiscaux via les crédits verts, analyse Maud Delbecque, responsable des crédits hypothécaires chez BNP Paribas Fortis. Ces crédits verts avaient vraiment soutenu le marché du crédit hypothécaire. Une fois qu’ils ont été supprimés, une forte diminution de la production a été constatée. Si nous comparons les années 2009 et 2012, deux années considérées comme normales (c’est-à-dire sans incitants fiscaux), nous voyons que 2012 a connu une hausse de 12 % au niveau du marché et de 10 % pour BNP Paribas Fortis. »
Le logement reste un investissement clé pour les Belges qui y consacrent plus d’un tiers de leurs revenus. « Quelque 49 % des crédits hypothécaires sont destinés au financement d’un achat (contre 36 % en 2011). Le nombre de crédits destinés à la rénovation a sensiblement diminué (27 % en 2012 contre 43 % en 2011), un recul qui s’explique par la suppression des crédits verts. Au niveau des nouvelles constructions, depuis plusieurs années, nous constatons que les montants alloués sont en diminution. Entre 2006 et 2008, ils s’élevaient à 19 %, alors qu’en 2012, ils atteignaient à peine 13 % des montants. Cette situation résulte de la hausse sensible des prix des matières premières qui ont un impact sur les prix de construction et des normes énergétiques de plus en plus sévères qui alourdissent la facture », poursuit Maud Delbecque. Le nombre de permis de bâtir a toutefois augmenté en 2012, ce qui laisse présager une stabilisation de cette tendance à la diminution.
2012 est une année record en termes de refinancement. « La faiblesse des taux d’intérêt hypothécaires entraîne une augmentation de la demande de refinancement qui représente 20 % de notre production », précise Kim De Temmerman, product manager mortgage, BNP Paribas Fortis.
Le montant moyen des crédits a augmenté de 16 % pour atteindre 129.000 euros, s’adaptant ainsi à l’évolution du marché immobilier. Les jeunes restent des champions en matière de crédits hypothécaires. « L’achat d’un logement est le principal investissement de nos jeunes clients. Nous constatons que 30 % de nos crédits destinés à l’achat concernent des personnes de moins de 30 ans. Ces jeunes continuent à investir mais sont aidés financièrement. Ils disposent en moyenne de minimum 50.000 euros de fonds propres », poursuit Kim De Temmerman. En raison de leurs moyens financiers plus limités, les jeunes preneurs de crédit empruntent en moyenne 85 % du montant total par rapport à 81 % en 2011. Cette quotité empruntée diminue avec l’âge.
La grande majorité des clients de BNP Paribas Fortis (84 %) optent pour des taux d’intérêt fixes et des durées plus courtes, bien que ces derniers mois un glissement vers les taux variables ait été constaté. A confirmer !








