Soubresauts dans le secteur bancaire
Coup d’œil sur le secteur financier au Grand- Duché. Depuis décembre 2012, quelques banques ont annoncé des licenciements ou des aménagements de personnel. Premiers soubresauts avant une crise plus sévère ?
Cent emplois menacés par ci, 150 par là, des dizaines de licenciements déjà opérés. Et pas mal de questions et de rumeurs. La place financière luxembourgeoise vit à l’heure des restructurations et des compressions de postes. Il faut rester nuancé, ce n’est pas un séisme puisque le secteur financier compte toujours, globalement, plus de 44.000 emplois. Mais les secousses sont réelles et pourraient en annoncer d’autres.
Si la plupart des petites ou moyennes structures s’en tirent relativement bien, voire très bien, et ne ressentent guère les effets de la crise, les grosses structures sont celles qui (ré)agissent le plus.
Mi-décembre 2012, la KBL signait un plan social envoyant 150 personnes à la rue, sur un total de 1130 emplois. Ce qui n’empêchait pas la direction qatari d’offrir dans la foulée des centaines d’Ipad aux employés restants, histoire de remotiver les troupes...
Quelques semaines plus tôt, c’était la LLoyds Bank, une petite structure de 27 personnes, qui fermait. Douze emplois ont toutefois été transférés vers la Banque de Luxembourg qui a repris une partie des activités. Les 15 autres employés ont été licenciés.
La BIL, Banque Internationale de Luxembourg, issue de la vente de Dexia-Bil, détenue elle aussi par des investisseurs qatari (Précision Capital), n’envisagerait pas de licenciements secs mais on parle de reclassement de 200 personnes, des cadres hors convention. Ce qui est synonyme de fin d’avantages en nature (bonus, voitures de fonction, etc). Y aura-t-il des liens et des restructurations entre les deux entités contrôlées par les Qataris ? La direction de la KBL l’a démenti formellement. Wait and see...
Début février, c’est une banque bavaroise, la Bayern LB qui était mise en vente. Elle avait reçu une aide durant la crise de la part de son Land allemand, jugée déloyale par la Commission européenne qui demande le remboursement, soit 5 milliards d’euros. La banque allemande a dès lors décidé de vendre sa filiale luxembourgeoise pour renflouer ses comptes. 190 emplois seraient concernés.
Mais ce n’est pas tout. Voici quelques jours, c’est la banque canadienne RBC IS qui annonçait la suppression de 900 emplois au niveau mondial. 288 personnes seraient concernées, sur le nouveau site d’Esch-Belval, 219 en interne, le reste étant des prestataires externes. « On n’en est encore qu’au stade de l’information-consultation, note Véronique Eischen, responsable du secteur financier au syndicat OGBL. On n’a pas plus de précision mais un plan social se dessine. L’objectif sera de viser la réduction de ce nombre de départs. »
Chez Clearstream, il y a aussi une menace de réduction des effectifs. Plus d’une centaine d’emplois seraient concernés par ce plan initié par la maison-mère, Deutsche Börse qui envisage dans un premier temps de passer par des départs volontaires. « Mais il n’y a rien de concret pour l’heure, et rien d’entamé, commente Véronique Eischen. Ce plan ne devrait pas être finalisé en 2013. »
Enfin, voici une semaine, la presse grand-ducale annonçait un projet de restructuration chez BGL BNP Paribas, une énorme entité qui occupe 4300 salariés. Selon nos confrères, un processus de réduction des effectifs de 150 personnes serait programmé à l’horizon 2015, sur base de départs naturels. Mais la BGL a toutefois réagi via un démenti.








pouti C'est la curée sans pitié vis à vis du personnel