La plus belle foire du monde à portée de main
Les chiffres sont chaque année de plus en plus impressionnants. 265 marchands d’art originaires de vingt pays, parmi ceux qui abritent les capitales du marché de l’art que sont Londres, New York, Paris, etc., vont exposer sur quelques dizaines de mètres carrés ce qu’ils ont de mieux à proposer.
Enfin, s’ils ont confiance dans le marché actuel car il fut des années où les grands antiquaires ne voulaient pas risquer leurs meilleures cartouches en raison de l’incertitude économique. Exposer un chef-d’œuvre au prix mirobolant pour le ramener avec soi est très ennuyeux. Etant donné son caractère exceptionnel, tout le monde l’aura remarqué et il sera difficile de le remontrer : l’effet surprise sera éventé et l’œuvre aura un goût de déjà-vu, ce qui n’est pas l’idéal pour vendre une œuvre d’art.
Quelle que soit l’humeur générale des marchands, il est certain que l’on verra à Maastricht des pièces de musée.
ChefS-d’œuvre
L’une des pièces mises en avant par le service de communication de la Tefaf est ainsi une statue représentant une divinité de la religion bouddhiste. Impressionnante avec ses 120 centimètres de hauteur, elle fut réalisée en bronze au Tibet vers 1400 et il s’agit de la plus grande représentation connue de cette divinité. Preuve de son intérêt, elle a figuré dans de nombreuses expositions, dont la dernière était celle, magnifique, consacrée à l’art du bronze des origines à nos jours, toutes civilisations confondues, qui se tenait en 2012 à la Royal Academy of Arts de Londres. Le budget est à la hauteur de l’importance de la pièce : environ 6 millions d’euros…
A ce propos, il convient de préciser que, si l’on peut exceptionnellement acquérir des objets sous la barre des 2.500 euros, le budget à prévoir pour faire ses emplettes à Maastricht est de loin supérieur ! Sans être millionnaire, il faut être disposé à dépenser au-delà de 10.000 euros, voire plus sûrement entre 20.000 et 200.000 euros pour pouvoir espérer rentrer chez soi avec un trophée.
Si l’on peut tenter d’avancer un montant minimum, le maximum est impossible à prédire, puisqu’il n’est pas rare que des œuvres soient affichées à quelques dizaines de millions d’euros. Mais il s’agit là bien entendu de l’exception…
Belgique
Nos compatriotes marchands ont toujours joué un rôle important dans le développement de ce Salon devenu le plus important au monde. Ils figurent parmi ceux qui ont participé dès la première heure à la foire Pictura qui en est l’ancêtre. D’autres, comme la galerie Patrick Derom, se sont ajoutés récemment. Il s’agit en effet d’une des caractéristiques positives de la Tefaf, sa constante remise en question.
A quelques exceptions, les exposants les plus faibles sont remplacés par des marchands plus dynamiques, de manière à ce que la qualité soit en constante augmentation. La galerie Patrick Derom montrera ainsi une sculpture de Pol Bury réalisée en 1966. L’art d’après-guerre belge sera donc présent sur le Salon !
En remontant dans le temps, c’est une autre galerie belge, Harmakhis, également établie à Bruxelles, qui nous confronte à un véritable chef-d’œuvre, une figure funéraire réalisée pour la sépulture du pharaon Taharqa (25e dynastie, VIIe siècle avant notre ère). Haute de 19,2 centimètres, elle fut exhumée en 1917 de la pyramide royale de Nuri. Une statuette à repérer parmi les quelque 30.000 œuvres d’art, à condition de débourser 50 euros pour une entrée (incluant un catalogue) et 90 euros pour un couple.







