Fabre, Delvaux et Moeschal chez De Vuyst
Cette vente d’envergure internationale – Valerio Adami, Wifredo Lam ou Joost Cornelisz Droochsloot, pour faire une incursion au XVIIe siècle – comprend quelques pièces de grands artistes belges parmi lesquels Constant Permeke, dont la rétrospective vient de s’achever à Bozar (avec une toile intitulée La Charette et l’Ane, estimation 15.000-20.000 euros) ou Paul Delvaux avec un très beau Nu dans l’atelier, une œuvre qui date d’avant sa découverte du surréalisme de De Chirico. Peinte en 1931, cette grande huile sur toile (113,5 × 89 cm) représente une jeune femme nue, thème cher à l’artiste qui le traite ici avec un rendu vif et vivant, à cent lieues de la matière lisse des œuvres ultérieures (estimation 170.000-200.000 euros).
L’heure bleue
Jan Fabre (º1958) est également présent avec un dessin au Bic sur panneau datant de 1989 et intitulé Paysage Prométhée : la Chambre Bleue (chorégraphie présentée à la Künstlerhaus Bethanien à Berlin). L’artiste protéiforme et polémique s’est fait connaître du grand public par ses innombrables dessins au stylo à bille bleu qu’il a réalisés et exposés ici et ailleurs. Cet « Art Bic » est une technique impressionnante par la façon dont l’artiste l’appréhende, griffonnant et remplissant de très grandes surfaces de traits fins qui laissent apparaître des motifs ou des figures (c’est ainsi qu’en 1990, il revêtit complètement les murs du château de Tivoli !). Ici, l’on voit surgir de ce fouillis de traits les trois fenêtres de la Chambre Bleue. Un Coffret avec une feuille (se) promenant est joint à ce lot de 150 × 400 cm, le tout estimé entre 150.000 et 180.000 euros. Cet ensemble qui provient de la galerie Ronny Van de Velde à Anvers témoigne d’un thème cher à l’artiste : le mythe de Prométhée, auquel il fait souvent référence dans son travail de plasticien et de chorégraphe. En 2011, Fabre a produit Prometheus Landscape II dans lequel il réactualise le mythe en s’interrogeant sur la place du héros dans notre société.
Avec la sculpture sur la colline de Jacques Moeschal (1913-2004), on pénètre dans l’univers du sculpteur monumentaliste belge probablement le plus connu internationalement. Cette sculpture parfaitement équilibrée date de 1974 et est estimée 8.000-12.000 euros. Cette œuvre unique en acier Corten, de belles dimensions – puisqu’elle fait 230 de hauteur sur 336 cm de long – est typique de la production de cet artiste ayant une formation d’architecte et qui a parsemé l’espace urbain et autoroutier de ses signes monumentaux. Ses œuvres sont connues de tous (jusqu’au désert du Néguev et au Mexique) mais sans connaître nécessairement le nom de leur auteur. Moeschael est en effet le père de la célèbre Flèche du Génie civil de l’Expo 58 (détruite) ainsi que des signaux autoroutiers de Grand-Bigard (vers la Côte) ou de Hensies (vers Paris) et de nombreux repères urbains (Figure de Lumière, porte de Namur, 1999) ainsi que de l’œuvre en inox de 23 m de haut placée dans l’aéroport de Zaventem (Voies des airs, 2002).
Au total, ce sont plus de 600 lots qui devront être passés au peigne fin pour y dénicher la pièce, pas nécessairement hors de prix ! Un bronze animalier de Pierre-Jules Mêne ou un dessin du carnaval de van Mieghem sont estimés à env. 2.000 euros…
Vente publique le 2 mars 2013
à 14 et à 20 heures. www.de-vuyst.com
De Vuyst- Kerkstraat 22-54, 9160 Lokeren.


