Avec Hessel, «il y avait toujours de l’espoir»
La députée européenne Véronique De Keyser s’était encore entretenue avec Stéphane Hessel pour un livre commun qu’ils consacrent aux relations entre l’UE et la Palestine.
« À chacune de mes rencontres avec Stéphane Hessel, j’avais le sentiment d’un privilège immense qui m’était offert », exprime délicatement Véronique De Keyser, députée européenne et amie de Hessel. Il y a une dizaine de jours, elle s’entretenait une dernière fois avec lui à propos du livre qu’ils cosignent ensemble aux éditions Fayard, probablement titré « Abbas et la trahison européenne ». Entretien.
Comment avez-vous rencontré Stéphane Hessel ?
Ma rencontre avec Stéphane date, il me semble, de 2004. C’était au Mémorial de Caen. Lui et moi avions été amenés à débattre durant une émission de deux heures. Je suis littéralement tombée sous le charme de sa légèreté d’esprit, de sa jeunesse ! Je ne pouvais pas croire que c’était un vieux monsieur (rires) !
À l’époque, je venais de rentrer d’un voyage en Palestine et en Israël et j’avais été extrêmement choquée par la situation de ces deux pays. C’est un sujet que Stéphane connaît très bien et sur lequel il a beaucoup écrit. Nous nous sommes ensuite revus maintes et maintes fois.
Comment le décririez-vous ?
Et bien par exemple, le souvenir que j’ai de notre dernière rencontre c’est cette phrase « mais oui, il y a toujours de l’espoir que les choses changent ! ». Et c’est vraiment quelque chose qui le caractérise en fait. L’espoir. Au-delà de l’indignation, qui était son leitmotiv, je retiens surtout sa bienveillance et son espoir. Et c’est peut-être ce qu’il faudrait retenir de lui dans le fond. En dépit de sa critique, il était d’une incroyable gentillesse, plein d’espoir et de bienveillance. Et c’est cette magnifique combinaison qu’il nous a léguée, qu’il a laissé derrière lui.
Qu’est-ce qui vous a menés à la co-signature d’un livre à deux ?
Il y a un an, j’ai décidé d’écrire un livre sur les relations entre l’Union Européenne et la Palestine. Stéphane a voulu participer et nous avons donc commencé à travailler ensemble. Même s’il n’y a que l’introduction qui est uniquement rédigée par lui, il m’a inspiré tout au long de la rédaction du livre et nous avons échangé ensemble, autour du sujet, tant de fois. De plus, c’est Stéphane qui m’a dit « il faut publier, il faut publier ! », c’est lui qui a cherché un éditeur et qui a trouvé Fayard, c’est lui qui a porté le projet jusqu’au bout.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre livre ?
C’est donc un livre qui paraît aux éditions Fayard et qui sortira très prochainement. Il traite, comme dit plus haut, des relations entre l’Union Européenne et la Palestine.
Pour être plus précise, en 2006, j’étais chef de mission d’observation de l’Union Européenne et il y a un fait qui m’a extrêmement choquée : toujours en 2006, l’Union Européenne a financé une partie des élections palestiniennes à près de 30 000 €. Lorsque le vote des Palestiniens s’est ensuite avéré être en faveur du Hamas, l’Union à décidé de sanctionner la Palestine. Et ça, j’ai trouvé que c’était terriblement choquant. Qu’une fois que le choix de la population ne lui convienne pas, l’Union décide de sanctionner, c’est totalement anti-démocratique.
En effet, je pense que qui dit démocratie, dit avoir le droit de faire des choix et puis peut-être de se tromper, d’essayer autre chose. Et parce que l’Union ne considérait pas ce choix comme un « bon » choix, elle a voulu punir…
Bref, cet événement a été le point de départ de ma décision d’écrire un bouquin. L’Europe a trahi ses engagements vis-à-vis de la Palestine et j’ai donc écrit sur le déroulement de ces évènements, depuis 2006 jusqu’au Printemps arabe, c’est-à-dire jusqu’aux épisodes de soulèvement du monde arabe, apparus vers 2010.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Bonsoir les amis, Monsieur Fabriceclaes j'ai peut-être exagéré un peu, non pas un type ridicule , mais plutôt grotesque, sorry je me suis mas exprimé; grotesque comme le sont tous ceux qui l'ont accompagné telles les brebis suivant Moise sans réfléxion, les CRS = SS, et autres ahuris incorrigibles, merci les compagnons de route; le fait d'avoir combattu les allemands ne donne pas droit aux honneurs à partir du moment ou ton combat pourrait mener lui-même à la dictature, voir les "républicains" espagnols (avec Staline blotti dans l'ombre et tirant les ficelles); toutefois, il n'est pas intérdit de réfléchir, c'est même recommandé
fabriceclaes, vous avez raison sur le début de la carrière de Mr Hessel. Cependant, il a perdu sa "légitimité" quand il a pris ouvertement parti pour la gauche (parfois l'extrême-gauche) et pour le Hamas. Dans son pamphlet, que j'ai lu, il dit que l'on peut s'indigner de tout. Et il dit aussi que vous pouvez être indigné (et donc combattre) par des choses opposées à celles de votre voisin. Si on le prend au pied de la lettre, deux voisins pourraient donc s'indigner contre leurs comportements mutuels. Je ne vois pas trop bien le "progrès" car il prône donc le désordre social, le communatarisme, ... J'ai énormément de respect pour le Résistant et diplomate portant haut les valeurs de la France. J'en ai beaucoup moins pour l'agitateur (de gauche) donnant des leçons (parfois contradictoires) sur un peu tout et n'importe quoi ...
@ 4. islamo-gauchiste militant Heureusement que vous prenez de la hauteur. Dire d'un ancien résistant qui a participé à la rédaction de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen que c'est un personnage ridicule, ça en dit long sur votre personnalité. Son livre qui est, selon vous, "un ramassis de lieux communs et de bêtise", il est brandi par des centaines de milliers de personne qui se battent pour plus de liberté dans le monde entier. J'aurais un peu plus de respect pour cet homme, si j'étais vous. Je suis cependant d'accord avec vous sur un point : l'Europe est tombée bien bas. Mais ce n'est pas la faute de M. Hessel. Quant à la conférence dont "lezinneke" fait la publicité sur ce forum, il s'agit d'une conférence donnée par Oskar Freysinger, qui se dit centriste mais qui n'est rien d'autre que le populiste d'extrême-droite suisse, adoré par les néo-nazis de tous pays. Ce forum aurait pu rassembler des hommages à un grand homme, certains préfèrent vomir leur haine. C'est regrettable[...]
@lezinneke, j'ai écouté Freysinger... Vous parliez d'un son de cloche... vous aviez raison !











Hessel..l'archétype même du bobo gauchistes caviar ..non merci !