Une maison isolée grâce à des cacahuètes ?

Melanie Geelkens
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Quels seront les matériaux de demain ?  En marge du Salon Batibouw , une expo s’est penchée sur la question et présente des dizaines d’échantillons, du cuir de poisson à l’isolant à base de cacahuètes…

  • Qui sait si les jours de cet écureuil ne sont pas comptés… Car un jour, peut-être, on isolera nos maisons avec sa nourriture préférée. © D.R.
    Qui sait si les jours de cet écureuil ne sont pas comptés… Car un jour, peut-être, on isolera nos maisons avec sa nourriture préférée. © D.R.

Coincée dans un petit hall entre les palais 11 et 12, l’exposition Material Xperience passerait presque inaperçue parmi le flot d’exposants présents. Bien alignés sur des blocs blancs, plus d’une cinquantaine de matériaux y sont présentés. Mais s’ils ressemblent à de classiques isolants, tissus ou planches en bois, ces échantillons sortent tous des sentiers battus et reposent, pour la plupart, sur une matière première ou un procédé de fabrication totalement inédits.

« Notre rôle est de réunir les matériaux les plus innovants venant des quatre coins du monde, résume Philip Allin, responsable de cette exposition organisée par la firme hollandaise Materia. Nous ne sommes pas là pour vendre quoi que ce soit, mais simplement pour mettre en contact les produits avec ceux qui seraient susceptibles de les utiliser. Comme des architectes qui constituent notre public cible. C’est pour cela que certaines des pièces que nous dévoilons ici n’ont pas encore trouvé d’utilités concrètes. »

La majorité des matériaux exposés peut cependant trouver un champ d’application dans le secteur de la construction. Comme le Peanut Shell Board. Un panneau qui, de loin, ressemble furieusement à une plaque de liège. Mais qui est en réalité composé à 92 % de… coques de cacahuètes ! Il est fabriqué par une entreprise qui rachète ces déchets à des agriculteurs et qui ensuite les chauffe, les presse et les assemble grâce à une colle « verte ». Le résultat final est, paraît-il, encore plus résistant à l’humidité et au feu que certaines variétés de bois et peut être utilisé comme isolant (phonique ou thermique) dans les murs et les sols, voire pour la fabrication de meubles ou d’autres produits de décoration utilisant habituellement le bois.

En parlant de déco, votre prochain canapé embaumera peut-être votre salon d’une légère odeur iodée… A bas le cuir de vachette, vive le cuir de poisson ! Version loup de mer ou saumon, au choix. La seconde version emploie des peaux inutilisées dans les conserveries et se base sur un procédé de teinture végétal. On imagine toutefois le nombre de poissons abattus pour réaliser un canapé six places en angle…

Tout aussi étonnant : les gaines de câbles électriques à base de pelures de pommes de terre, les ChipChain. A partir de déchets agro-industriels, l’amidon est récupéré et transformé en de minuscules grains blancs, qui peuvent ensuite être assemblés pour former une matière aussi résistance que le plastique, tout en étant biodégradable.

Biofiber joue lui aussi la carte du 100 % naturel. Ce matériau blanc, dont l’apparence semble être un mélange d’ouate et de fibre de verre, est composé de fibres de maïs. Il est utilisé comme isolant thermique dans la construction. Lorsqu’il atteint la fin de son cycle de vie, il peut être recyclé. « Et il est bon marché », avance Philip Allin.

Un dernier exemple, pour la route ? La brique en bois qui, selon ses concepteurs « pourrait remplacer la plupart des matériaux de construction, dans des murs porteurs, des plafonds ou des planchers ». En plus léger que le béton, forcément, mais paraît-il pour une meilleure isolation acoustique et thermique. La brique est allégée au maximum et, avec les sciures ainsi récupérées, la firme produit également du combustible biomasse. Pas bête…

Demain, tous ces matériaux dans nos maisons ? L’avenir nous le dira…

Osez la rencontre !