Une percée dans la jungle des primes « énergie »
Selon un sondage, 80% des ménages se sentiraient perdus face aux primes énergétiques disponibles. Des incitants, il en existe effectivement beaucoup. Et les critères d’attribution sont parfois nombreux. Mais d’intéressantes économies sont à la clé pour celui qui décide de rendre son logement plus performant.
Et vous, pourriez-vous citer de but en blanc l’une des primes ou des avantages fiscaux actuellement en vigueur ? Non ? Vous n’êtes pas seul : selon un sondage présenté à l’occasion de l’ouverture de Batibouw, pas moins de 80 % des 600 ménages interrogés (ayant tous, qui plus est, un projet concret de construction ou d’achat immobilier) avouent méconnaître la réglementation du bâtiment et les différents incitants disponibles.
Il est vrai que, vu de loin, le marché des primes « énergie » peut s’apparenter à une véritable jungle. Entre les critères d’attribution à respecter, les affectations, les conditions, les montants, les plafonds, les éventuelles surprimes, les formules à remplir, voire les cahiers des charges à respecter… on peut rapidement se sentir perdu.
Exception faite pour les avantages octroyés par le gouvernement fédéral. Dans ce cas, rien de plus simple : il n’en reste qu’un seul. A savoir la réduction d’impôt pour des travaux d’isolation thermique de la toiture pour les habitations de plus de cinq ans. Une aide qui s’élève à 30 % du montant de la facture, plafonnée toutefois à maximum 2.930 euros par habitation.
Pour le reste, ce sont les Régions qui entrent dans la danse. Tant à Bruxelles qu’en Wallonie, une multitude de possibilités existent encore. Mais pour la grande majorité d’entre elles, les montants accordés dépendront d’abord des revenus imposables du ménage ou de la personne. Plus les rentrées financières sont importantes, moins la prime sera élevée… La différence pouvant parfois aller jusqu’à 50 % de « générosité » supplémentaire entre une famille dite « précaire » (moins de 17.500 euros en Wallonie, moins de 30.000 à Bruxelles), « modeste » (entre 17.500 et 32.100 euros en Wallonie, entre 30 et 60.000 à Bruxelles) et « autre » (soit plus de 32.100 euros en Wallonie et plus de 60.000 à Bruxelles). Les montants maximaux repris dans le tableau ci-dessous sont ceux alloués à la première catégorie de revenus.
Deuxième restriction : la majorité des aides s’adresse à la rénovation et non à la construction (immeuble de plus de 10 ans dans la capitale, au permis d’urbanisme obtenu avant 1996 ou 2010 selon les cas en Wallonie).
Troisième bémol : côté wallon, certaines primes ne seront accordées que si le demandeur a préalablement fait réaliser un audit énergétique par un spécialiste agréé par la Région wallonne, dont le coût moyen oscillerait entre 600 et 800 euros (poste pouvant être lui-même subsidié à hauteur de 60 %).
Quelle que soit la Région, l’accent est surtout mis sur l’isolation des bâtiments, que ce soit de la toiture, des murs, des sols ou des vitrages. Les primes les plus généreuses étant attribuées à l’isolation des murs par l’extérieur (80, 90 ou 100 euros par mètre carré à Bruxelles, et 30, 36 ou 42 euros par mètre carré en Wallonie, toujours selon les revenus). En Wallonie, les sommes octroyées pour l’isolation du toit ou des sols seront différentes selon que les travaux sont réalisés par le particulier lui-même ou par un entrepreneur. Des surprimes sont également disponibles en cas de recours à un isolant naturel.
Plusieurs équipements relatifs au chauffage peuvent aussi bénéficier de réduction, qu’il s’agisse d’une chaudière à condensation, d’une pompe à chaleur, d’une microcogénération, d’une chaudière biomasse… Les logements passifs et basse énergie constituent la troisième catégorie d’incitants potentiels, avec des montants variables selon le niveau de performance énergétique du bâtiment.
Bruxelles a la particularité de proposer un « plus » potentiellement intéressant : des primes pour l’acquisition d’électroménagers performants (frigos et sèche-linge). De 50 à 400 euros l’installation, tout de même !
Une vraie jungle, on vous disait. Mais pour celui qui prend la peine de s’y retrouver, pas mal d’économies à la clé…
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