Mango s’excuse pour ses bijoux «esclaves»
Après avoir suscité l’indignation sur Twitter, le groupe de prêt-à-porter espagnol Mango a expliqué que l’utilisation du terme «esclave» pour décrire des bijoux vendus sur son site internet français était due à une erreur de traduction. Or l’appellation recouvre un classique de la joaillerie.
«Nous regrettons l’erreur de traduction. Les services compétents sont prévenus et effectueront la correction immédiatement», a déclaré le groupe via son compte Twitter officiel, dans une réponse en français à un utilisateur du réseau social, publiée vers 10H30. A 13H35, la description «Collier style esclave à chaînons» était toutefois toujours en ligne sur le site shop.mango.com. Vers 15 heures, elle avait disparu. Par contre, dans la version francophone du site belge, la recherche « esclave » faisait aboutir aux bijoux en question.
En espagnol, le terme «esclava» peut se traduire par «esclave», mais désigne également une gourmette ou une chaînette.
La présence sur le site internet français d’un ensemble de bijoux décrits comme «bracelet esclave tressé», «touch-bracelet esclave pierres» et «collier style esclave» a déclenché depuis ce week-end une vive polémique sur internet, avec des invitations au boycott de la marque espagnole, notamment sur le réseau social Twitter et sur la la page Facebook de la marque.
Une pétition en ligne intitulée «L’esclavage n’est pas fashion !» a été lancée sur le site Change.org, à l’initiative de l’ancienne miss France Sonia Rolland, de l’actrice Aissa Maiga et de la militante associative et chroniqueuse Rokhaya Diallo. «Ces bijoux formés de chaînes sont censés faire de l’esclavage un objet de fantaisie et de mode», s’indignent les auteurs de la pétition, adressée au service de communication et relations clientèle de Mango. «En réduisant ce crime contre l’humanité à un ornement décoratif, Mango manque gravement à l’éthique qu’une telle marque devrait défendre», ajoute-t-ils.
Lundi à 15 heures, la pétition comptait déjà quelque 4.000 signatures.
La version anglaise du site parle elle de «woven bracelet», ou bracelet tissé.
On est tout de même en droit de s’interroger sur cette indignation, très politiquement correcte. L’appellation « bracelet d’esclave » est un classique de joaillerie. La maison française de luxe Cartier par exemple en commercialise. Une recherche sur Google fait aboutir à des bracelets or et argent. De même la bijouterie bruxelloise De Greef fabrique des « esclaves » sur mesure. En néerlandais, demandez des « slave juwelen». Arnaud Wittman, le responsable joaillier de la bijouterie familiale, reconnaît que le terme est peut-être mal choisi... Aujourd’hui, explique le bijoutier, on aura tendance à parler de « bracelets manchettes » pour désigner ces bracelets plus ou moins larges. La langue de bois gagne donc la joaillerie...
Vos réactions
Voir toutes les réactions Pffffff n'importe quoi ! Qu'est-ce que ce sera lorsqu'ils découvriront que la couleur noire en Espagnol c'est negro.
Il faut immédiatement interdire toute la panoplie sado-maso et bdsm, mettre ces pratiques au ban de la société et condamner leurs adeptes à l'exode en les chassant avec des cailloux. Ces pratiques déviantes sont scandaleusement évocatrices de l'esclavage sous toutes ses formes. Vite une pétition!










Finalement c'est le terme le plus adéquat, nous sommes à des degrés différents les "slave" enchaînés aux marques. @SansInteret. Muy bueno.