Des policiers made in Brabant wallon

Xavier Attout
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  • Le but des formations est également de faire émerger une identité brabançonne chez des policiers qui prennent souvent la tangente vers Bruxelles, Namur ou le Hainaut. © René Breny.
    Le but des formations est également de faire émerger une identité brabançonne chez des policiers qui prennent souvent la tangente vers Bruxelles, Namur ou le Hainaut. © René Breny.

Les policiers brabançons seront désormais armés des mêmes compétences que tous les autres policiers du pays. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent : les 800 hommes en bleu de la province devaient courir à Bruxelles, Jurbise (Hainaut), Namur ou Liège pour apprendre les rudiments du métier ou améliorer leurs connaissances par le biais de formations. Avec comme conséquences des différences d’interprétations lors des interventions.

Attendue depuis 2008

C’est la Province du Brabant wallon qui a pris le dossier en main – avec quelques lenteurs au niveau de la concrétisation puisqu’on attendait cette antenne en septembre 2008. Il ne s’agit pas de la création d’une école de police, les effectifs brabançons étant trop réduits pour cette éventualité. Mais plutôt un détachement d’un centre de formation. À savoir celui de l’Académie de police de Namur. « Un mariage où il n’y a que des avantages, c’est rare », sourit le président du provincial Mathieu Michel (MR). Un accord du même type existe déjà entre la province du Luxembourg et son homologue namuroise.

Quel est l’intérêt de créer une telle structure ? Aguerrir les policiers brabançons aux spécificités du Brabant wallon, créer une cohésion entre policiers, diminuer les déplacements et faire émerger une identité brabançonne à des policiers qui prennent souvent la tangente vers Bruxelles (plus rémunératrice) ou Namur et le Hainaut (où le prix du foncier est moins cher). « C’est important d’avoir des formations identiques car chaque parquet a sa vision ce qui, sur le terrain, pouvait créer des problèmes, fait remarquer Dominique Hendrickx, substitut du procureur du Roi. Les policiers auront désormais un seul langage et une manière de procéder. » Sur le terrain, on applaudit également des deux mains : « Cela permettra aussi aux policiers de mieux se connaître et d’être plus efficace lors d’opérations qui concernent plusieurs zones de police, explique le chef de corps waterlootois Michel Vandewalle. La criminalité est différente en fonction des provinces. Les formations doivent l’être également. » Alors que son collègue de la zone de police Nivelles-Genappe, Pascal Neyman, enchérit : « Ces formations permettront d’aller vers un plus grand professionnalisme de nos effectifs. C’est un grand pas en avant. »

Concrètement, la Province ne va pas construire un centre de formation avec centre de tir ou centre d’entraînement canin. Il ne s’agira que, dans un premier temps, de formations théoriques : des formations continuées (mise à niveau des compétences) et des formations fonctionnelles (acquisition de nouvelles compétences) dispensées par des instructeurs namurois. Elles sont destinées aux nouveaux policiers ou aux policiers déjà en activité. Des locaux appartenant à la Province sont mis à disposition au centre de ressource pédagogique situé à Wavre. « Nous sommes prêts pour accueillir les policiers, précise Mathieu Michel. Nous n’attendons plus que les premières demandes… »