De Wever, l’homme qui parle à l’oreille des Francophones
A l'occasion d'un dossier sur Bart De Wever dans le Morgen, Béatrice Delvaux publie, ce matin dans le quotidien flamand, une chronique sur le leader nationaliste.
C’était la grande foule ce mardi pour entendre Bart De Wever à Bruxelles. Le Cercle de Lorraine avait offert l’hospitalité au leader du parti nationaliste qui s’était vu empêcher de présenter la traduction de ses chroniques en français, dans le cadre de la Foire du livre de Bruxelles. La chose finalement l’a servi. Le Cercle de Lorraine a un côté très establishment bruxellois francophone. Y tenir salon avait des allures de tribune politique quasi officielle. Trois cents personnes, une table d’honneur avec entre autres MM Eyskens et les libéraux francophones Courtois (échevin bruxellois) et Destexhe (salué par De Wever dans le texte) : une certaine francophonie avait mis les petits plats dans les grands. Et sorti le chapiteau des grands jours pour accueillir la foule et la presse.
De Wever en français sur sol bruxellois? Ce fut l’occasion d’une offensive de charme idéologique, pas sans résultat lorsqu’on écoutait les commentaires de fin de déjeuner.
Dire tout haut ce que De Wever et d’autres, pensent que les Francophones n’entendent jamais. Donner à entendre un discours politiquement pas correct, comme l’écrit le bourgmestre d’Anvers, face à une pensée de gauche dominante au sud du pays et chez les intellectuels et médias: c’est le but d’un discours qui oserait les mots qu’on n’ose plus.
Qu’on soit d’accord ou pas avec le contenu des paroles et des interviews de l’Homme providentiel flamand – qui comprend d’ailleurs certaines contre-vérités - , il faut reconnaître que la stratégie est très bien vue et recèle un potentiel réel de séduction au sud du pays. Nous avions déjà expérimenté l’efficacité de la chose au Cercle de Wallonie à Namur, où s’étaient rassemblés, nombreux encore cette fois là, des patrons de PME wallonnes. Fiscalité trop élevée, trop complexe, indexation trop coûteuse : les patrons et les classes moyennes sont sensibles à un discours qui fait de la réforme et de l’audace de la réaliser, son axe principal. Lorsque De Wever énumère Verhofstadt et Leterme, tous deux auteurs d’analyses de centre droit très critiques de la gestion de la Belgiue fédérale, envoyés au 16 pour en ressortir les pieds devant, sans réforme et avec des scores électoraux en chute libre, De Wever score. Le changement dont il veut faire la publicité désormais, ce n’est pas le séparatisme, martèle-t-il ainsi subliminalement à des francophones qui craignent d’abord et avant tout ce versant là du plan De Wever. Non, sa révolution serait économique, pas à la hussarde ultra libérale, assure-t-il, mais à la façon d’un Schroeder allemand.
Hier à Bruxelles, De Wever a appelé ouvertement à voter MR – <Si vous appelez à voter MR contre le PS, je serai très heureux >– avec un discours et un charisme que le MR n’ose en fait pas lui-même (ou n’a plus) en terre francophone. Il a même désigné son allié futur, son âme sœur, son « ami » Didier. L’astuce est même poussée par le leader nationaliste, à son maximum lorsqu’il veut tenter de convaincre les Francophones que l’autonomie qu’il veut leur imposer et qu’ils craignent comme la peste, est la meilleure chose qui peut leur arriver : « je suis convaincu qu’il faut l’autonomie ,pour les francophones, pour se débarrasser du PS aussi. » Avec des applaudissements dans la salle !
La pétition d’intentions est parfaite, le raisonnement clair, gommant en apparence toutes les aspérités. Le discours confédéraliste a déjà bien aidé à la communication de De Wever en Flandre, elle faisait hier son chemin dans les esprits des francophones rassemblés sous chapiteau, édulcorant la discussion sur l’indépendance – le mot n’a même pas été prononcé à Bruxelles -, ou sur le rapport à <l’autre>.
Gare aux apparences. Car quid de Bruxelles ? Quid d’un état fédéral réduit à une coquille vide : pour qui, pur faire quoi et comment va-t-il fonctionner ? Quid si les Flamands décident de ne pas former, comme il l’annonce à la manière d’une quasi certitude, un gouvernement fédéral ? Que se passe-t-il après Quid de l’article 35 ? Une politique n’est pas qu’une chronique qu’on écrit sous contrôle total, qu’on maîtrise, où l’on dit ce qu’on veut, comme on le veut. Ou une conférence au Cercle de Lorraine. On attend donc la suite, le concret, les programmes et la traduction dans la réalité de solutions qui règleraient les plaies économiques et ce mal sociologique de nos sociétés qu’il identifie comme de la « dépravation sociale ».
Vos réactions
Voir toutes les réactions c'est comme le corbeau et le renard eerste stoeffen de nous ensuite nous mordre comme un clebs enragé pas op .................
Les francophones doivent établir une seule liste tous ensembles pour 2014. Cet homme est honnête et dit clairement ce qu'il veut !!! Une belgique confédérale et plus de belgique du tout (c'est inscrit noir sur blanc dans leur pgm). Nous on n'en veut pas si il ne veulent plus de nous et bien on fera sans eux même si ce sera difficile Il faut aller avec des renvendications comme par exemple; Bxl-Wallonie = nvelle Belgique, Séparation de la dette. Accès à la mer par le port de Liège via l'Escaut Autres ? Restons dignes et fiers, les FR aiment la Belgique et bien gardons là Restons ferme les VL cèderont une fois que la note des institutions financières se dépréciera et là il perdra des voix
Oui vous avez raison, mais la stratégie est grossière. Ainsi supposons que par réaction les votes finalement se portent plus sur le PS, BDW aura beau jeu de dire une fois de plus que les francophone sont des assistés au PS, feignant, qu'ils avaient l'occasion de se débarrasser du PS et ne l'on pas fait etc etc..... ce discour de BDW est juste un discour, comme pour tout le reste, de semeur de zizanie. Ce discour n'est cert pas un cadeau ni pour le PS, ni pour le MR. Alors quel serait le pire cauchemar de BDW ?
Information Nous savons tous maintenant que DW a un allié dans la place: Reynders. Nous saurons nous en souvenir. DW "mouille" ouvertement son complice.On dit ce Monsieur très intelligent.A mon avis ce n'est pas un grand stratège.A moins que comme disaient ses amis les Romains:"Diuide ut imperet ".Mais c'est un peu gros. Non?









BDW a un discours très clair . Il dit que la politique de centre - droit qu'il veut appliquer reflète les opinions d'une large majorité de la population flamande . Comme exemple de cette politique, il cite G. Schröder l'ex chancelier social-démocrate allemand (donc de la même famille que le PS ) qui a lancé une politique de libéralisation en Allemagne. BDW constate que le PS Wallon et ses satellites CDH et Ecolo , restent partisans d'un socialisme traditionnel (cfr l' internationale chantée poing par nos ministres PS), et que tout changement de la politique économico-sociale est impossible avec eux au niveau national . Seul le MR peut selon BDW initier le changement en Wallonie. Il conclut donc que si, aux prochaines élections, les Wallons votent à nouveau pour le système socialiste en place, nous n'avons plus de politique commune en Belgique et qu'il n'y a plus de raison de former un gouvernement national . Courageux et lucide selon moi .