Le jeu vidéo, nouvel eldorado belge ?
S’il y avait bien une activité qu’on moquait volontiers il y a quelques années en Belgique, c’est bien le développement de jeu vidéo. Et pourtant, avec près de 50 milliards de dollars brassés dans le monde, elle est aujourd’hui plus importante que celle du cinéma, de la musique ou des armes à feu.
Peu surprenant donc de voir enfin un intérêt croissant pour le secteur en Belgique. Sur consoles de salon, applications web ou smartphones, les jeux vidéo du plat pays séduisent désormais bien au-delà de nos frontières. Or, le Fonds St’art (voir plus haut) était sans doute l’aide au financement la mieux indiquée pour amorcer ou développer de tels projets dans une région économique jusque-là bien hostile aux métiers du divertissement virtuel. Le troisième anniversaire de St’Art était donc l’occasion de rencontrer deux représentants de cette nouvelle génération d’entrepreneurs lucides et ambitieux.
En 2009, Christophe De pauw et Karim Moussaoui frappaient à la porte de Nintendo pour leur présenter un jeu de quiz. Immédiatement séduit par leur concept, le géant nippon a endossé le développement du jeu, laissant la propriété intellectuelle aux deux Bruxellois. CK Games S.A. voit alors le jour, qui produit le contenu de Quiz Party, jeu de culture générale sur console Wii et distribué en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. L’objectif à plus long terme étant de déployer ce contenu en différentes versions (enfants, sport, musique, etc.) et sur plusieurs supports.
« Vous voyez tous ces gens au teint blafard, au regard absent et à la mâchoire pendante dans les transports en commun ? Eh bien c’est parce qu’ils ne nous connaissent pas. » C’est en ces mots que Laurent Grumiaux, business developper à Fishing Cactus, introduit non sans humour son entreprise. Fondée en 2008 par quatre collaborateurs privés, elle est aujourd’hui une S.A. qui emploie près d’une trentaine de personnes. Spécialisée dans le jeu vidéo sur mobile, Fishing Cactus est coutumière du haut de gamme, avec un catalogue de jeux dont les coûts de développement varient entre 200.000 et 800.000 euros. Ce qui ne les a pas dissuadés d’élargir leur activité au développement de « serious games », des jeux à tendances pédagogique, informative, éducative voire idéologique. Des produits qui s’adressent exclusivement aux entreprises, collectivités et services publics.








