BioWin, bon pour l’emploi et la santé
BioWin contribue à positionner la Wallonie parmi les leaders dans le domaine des biotechnologies. Avec 110 entreprises dont une vingtaine de success stories, avec des chiffres d’emploi encourageants, la Région veut conforter ses ambitions dans le secteur.
L’économie wallonne ce n’est pas qu’une industrie vieillissante, à bout de souffle. C’est aussi, aux antipodes, la biopharmacie, la thérapie cellulaire, les biotechnologies, la bio-informatique… toutes ces matières qui ont trait, de près ou de loin, aux sciences du vivant et plus particulièrement à la santé humaine.
En lançant son plan Marshall en 2006, le gouvernement wallon avait retenu cinq pôles de compétitivité, en fait cinq secteurs économiques où concentrer les moyens publics, cinq pistes de décollage pour la Wallonie. Parmi eux, le pôle « santé », rebaptisé « BioWin » pour les besoins d’une communication internationale sur le (re)positionnement de la Région.
Un catalogue de bonnes intentions ? A ceux qui doutent, le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt oppose une volée de chiffres, dont celui-ci : en cinq ans l’emploi dans ce secteur a crû de 4.000 unités, passant de 8.000 à 14.400 postes de travail. Dans le même temps, la valeur ajoutée du secteur est passée de 1,5 à 4,4 milliards d’euros. Et à ceux qui s’imaginent que la Wallonie fait le jeu du quatuor de multinationales actives sur son territoire (GSK, UCB, IBA et Baxter), il en aligne d’autres : proportionnellement emploi et valeur ajoutée ont crû de manière plus importante dans les PME. Et puis, ce sont ces dernières qui bénéficient de l’essentiel des fonds publics disponibles.
Pour autant, les leaders mondiaux du secteur ne boudent pas leur plaisir. Ce n’est pas Jean Stéphenne, ancien patron de la multinationale GSK Vaccins, et président de BioWin, qui dit le contraire : « Les 110 TPE, PME et grandes entreprises membres du pôle ont créé un véritable réseau. Je retrouve souvent à la tête de jeunes sociétés d’anciens employés de GSK ou d’autres. Oui, il y a un vrai savoir-faire wallon en la matière. »
Restait à transformer l’excellence scientifique en excellence industrielle, à donner une valeur ajoutée à la capacité d’innovation. C’est ce qu’a fait le pôle BioWin en proposant aux universités de partager avec le secteur privé des projets de recherche, en « obligeant » les acteurs académiques et économiques à présenter ensemble des projets concrets.
Les résultats se mesurent désormais selon quatre axes stratégiques. En « Recherche et développement » d’abord, où 140 entreprises et laboratoires universitaire ou non, participent à 27 projets porteurs (biomarqueurs, techniques d’administrations de traitements, thérapies cellulaires…). De quoi déposer 51 brevets et créer, à ce jour, une demi-douzaine de PME. A la clef, pas moins de 1.300 emplois potentiels dans les prochaines années. Les résultats de BioWin se mesurent aussi dans un axe « Formations » : 8.350 travailleurs ou demandeurs d’emplois en ont bénéficié avec, pour ces derniers, une quasi-certitude d’embauche. Ils se mesurent encore sur les axes « plateforme technologique » (mutualisation de services matériels ou virtuels) et « internationalisation » puisque la santé, ou les problèmes de santé, ne connaissent pas de frontière.
Ils se mesurent enfin à travers l’histoire de PME en croissance (trois exemples ci-contre). Car au-delà des chiffres, BioWin c’est déjà une vingtaine de succes stories dans des tests de diagnostic en oncologie, dans le traitement de l’arthrite, du cancer du foie, de la mucoviscidose, du… Car BioWin n’est pas seulement bon pour l’emploi…
Recherche & DÉveloppement : le AllinOne de Trasis
À Ans, on trouve de bonnes boulangeries, de trop rares cordonniers, quelques épiceries et un excellent fabricant de synthétiseurs de traceurs radioactifs. Trasis est effectivement spécialisée dans la conception d’équipements radiopharmaceutiques utilisés en médecine nucléaire. Cette science qui exploite le rayonnement des radiotraceurs injectés dans l’organisme afin de produire des images médicales d’une précision remarquable. Finalisé en 2010, AllinOne est un robot qui propose de synthétiser automatiquement ces composés radiomarqués, réalisant ainsi de substantielles économies pour les laboratoires et hôpitaux qui l’adopteraient. Forte d’un marché mondial en croissance, Trasis comptabilise aujourd’hui une dizaine de ventes, de nouvelles recrues et la signature de deux accords de distribution en Asie et en Amérique du Nord.
Nouvelles compétences : le biocellulaire engage
Installé à Gosselies, le BioPark est un campus décentré de l’ULB dans le domaine des biotechnologies. Au catalogue des formations, il propose, en partenariat avec le Forem, le programme BioCel RetD. Adressé directement aux demandeurs d’emploi, il affiche un taux d’intégration situé entre 80 et 90 %. Des chiffres qui feraient rêver bien d’autres filières. « Cela n’a pourtant rien d’étonnant », explique Arnaud Termonia, directeur du BioPark formation. « Nous répondons forcément à une demande du marché ! Thérapie et culture cellulaires sont des secteurs en plein essor en Wallonie. Pour faire face au développement de leurs sociétés, les industriels ont besoin d’un réservoir de recrutement de personnes qualifiées. C’est précisément ce que nous proposons ». Ainsi, en capitalisant sur les compétences, le BioPark entend lutter contre les délocalisations.Internationalisation : il faut sauver les foies chinois
Concentrant à elle-seule plus de 80 % des cancers du foie dans le monde, la Chine a de quoi faire rêver... l’industrie pharmaceutique. C’est aussi le constat de l’Institut national des Radioéléments (IRE) qui y a rapidement vu un juteux marché pour son projet de radiopharmacie, via sa filiale IRE-ELiT. L’IRE-ELiT est un important producteur mondial de solutions radiopharmaceutiques directement administrables au patient et utilisées en médecine nucléaire à des fins de diagnostic et de thérapie. Grâce à la présence d’un représentant permanent de BioWin à Shanghai, la société de Fleurus a entamé des négociations avec un acteur chinois de première importance, en vue de signer un accord international de recherche. À la clé, ce sont des centaines de millions de vies à sauver pour autant de ventes au crédit d’une société wallonne.







