Et si l’Eglise élisait la démocratie

Beatrice Delvaux
Mis en ligne | mis à jour

Éditorialiste en chef

L’histoire prend place dans un monastère bénédictin, au Moyen-Âge. Les moines doivent élire leur abbé mais ne savent qui choisir entre trois profils : le premier est un saint homme, le deuxième un théologien hors pair, le troisième est doté d’un très grand sens pratique. Ils écrivent au fondateur de l’ordre, saint Benoît, lui demandant conseil. Il leur répond : « Que le saint homme prie pour les autres, que le théologien diffuse les préceptes et que celui qui est doté du sens pratique, vous dirige. » L’anecdote est du jésuite Thomas Reese, auteur d’un livre sur l’organisation politique au Vatican.

Il appartient à l’Eglise catholique d’opérer ses choix. Mais au vu des effets collatéraux de ses dysfonctionnements, hors de son périmètre d’action, permettons-nous de faire remarquer que ce mouton à 5 pattes – ce « Jésus-Christ avec un MBA » – existerait qu’il ne serait pas nécessaire.

Les problèmes vécus par l’Eglise catholique ces dernières années – pédophilie, sécularisation, décalage total vis-à-vis de la société – trouvent leur origine dans un problème de gouvernance et d’une structure de pouvoir d’un autre temps : absolutiste, centralisée, autiste, autoprotégée, excluant – ce ne fut pas toujours le cas – les contre-pouvoirs.

Si on s’inspire de nos moines bénédictins, il n’est donc pas besoin aujourd’hui à Rome, dans l’intérêt de l’Eglise mais également des pouvoirs et des sociétés qu’elle côtoie, d’un pape charismatique qui va enflammer les foules, ou d’un maître de la doctrine qui va révolutionner le catéchisme. Non, l’urgence est à un pape qui démocratise l’institution, l’adapte aux réalités du monde et à sa propre réalité interne (importance des femmes, des laïcs, etc.).

Le premier pas vers cette modernisation du fonctionnement vient d’être posé par Benoît XVI. Sa démission ouvre la voie vers la démocratisation, via la désacralisation du pouvoir à la tête de l’institution. Poursuivre dans cette direction, et faire du pouvoir au Vatican et à tous les niveaux de l’institution une véritable démocratie, sera salutaire pour tous, croyants ou pas.

Vos réactions

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15. Labrador dit le 13/03/2013, 22:26

Et bien voilà, la démocratie est respectée, avec Francisco I d'Amérique latine, en espérant que l'Afrique ait aussi son tour, et puis l'Asie pourquoi pas ?

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14. babibou dit le 12/03/2013, 23:22

Et si Le Soir engageait des journalistes compétentes... Madame, votre éditorial manque totalement de mesure et de respect pour les catholiques. En effet, vous n'accepteriez pas que des chrétiens ou même des lecteurs se mêlent du fonctionnement de votre rédaction ou de votre association professionnelle. Et pourtant, il y a aussi beaucoup de chose à critiquer dans le corporatisme des journaliste et dans le manque de professionnalisme de vos pairs (par exemple la notion d'investigation remplacée par du couper-coller de communiqués de presse ou d'infos Belga...) qui ont aussi un impact sur notre société. Laissez-nous choisir notre pasteur selon nos règles et nos traditions et cessez d'encourager la haine envers les chrétiens de ce monde.

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13. dirdir dit le 12/03/2013, 22:48

Si ...Madame Delvaux nous pond un édito intitulé Et si l'islam élisait la démocratie (un sujet en or après le printemps arabe) je veux bien m'abonner à l'édition papier !

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12. jiipi dit le 12/03/2013, 21:14

ET SI LA DEMOCRASSIE Bien crasse et bien dodue , qui ne profite qu'a certains financiers ,oligarques ,banquiers et autres ,bien éloignés des préoccupations des quidam ,n'était qu'un mythe ,une illusion qu'en penseriez vous chère Madame Delvaux ? Et si cette démocrassie n'était qu'un prétexte,un alibi a des interets occultes ,qu'en diriez vous ? Et si cette démocratie ,dite élective ou l'on amuse le bon peuple en lui faisant faire joujou de temps a autre , avec ces petits morceaux de papiers nominatifs jetés dans une boite bien nommée urne ,n'était qu'un jeu de passe passe ,un jeu de dupe , qu'en diriez vous ? ET SI comme le chantait Jean-Philippe Capdevielle , si cette démocrassie n'était , qu'un "jeu aux règles biaisées , que l'on veut nous faire jouer les yeux fermés"... Et siMme Delvaux ?

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11. olive dit le 12/03/2013, 20:51

Si par démocratiser l'institution, vous voulez dire que le pape soit élu démocratiquement (disons par les catholiques eux-mêmes), pourquoi pas? Mais il est alors quand même étrange de défendre le fait que le Chef d'État de la Belgique (le Roi Albert II) ne le soit pas.

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