Un pape collabo ? Le doute ne sera pas permis
Une gêne s’installe d’emblée à l’examen du passé de Jose Mario Bergoglio : des questions sont restées sans réponses suffisantes au sujet du rôle joué par le nouveau pape lors de la dictature militaire argentine, qui a fait disparaître quelque 30.000 citoyens entre 1976 et 1983.
Jorge Mario Bergoglio, qui était à l’époque le chef des jésuites argentins, n’a pas été un héros : il ne s’est pas élevé publiquement, comme d’autres, au risque de sa vie, contre une dictature criminelle. Ce n’est pas un crime, loin de là. Cela reste gênant pour un responsable d’une Eglise qui place par ailleurs la protection de la vie humaine au sommet de ses priorités doctrinales.
Rien aujourd’hui ne permet d’établir que le nouveau pape ait, comme des témoins et victimes l’en ont accusé, dénoncé et fait enlever ses propres prêtres, qui luttaient aux côtés d’opprimés. Mais des doutes subsistent : Bergoglio ne les a pas dissipés. Cela suffirait pour un citoyen ordinaire. Cela ne suffit pas pour un pape.
Enfin, indépendamment du trouble sur son propre rôle, l’ex-archevêque de Buenos Aires n’a jamais eu de parole forte de repentance pour la complicité active de l’épiscopat argentin avec la dictature. Des prêtres ont été condamnés pour complicité d’assassinats policiers…
On n’ose croire que les cardinaux ont élu ce pape sans avoir la certitude qu’il est blanc de tout soupçon de collaboration avec une dictature militaire. Mais on ne peut oublier que la hiérarchie de l’Eglise a montré, ces dernières années encore avec les scandales pédophiles, combien elle sait occulter ses propres turpitudes.
Le pape François ne peut attendre que d’éventuelles preuves surgissent pour l’accabler. Il devra, dès son intronisation mardi prochain, développer une parole forte et transparente sur son passé, et sur celui de son Eglise nationale. A défaut, il compromettra gravement son avenir de pape. Benoît a démissionné pour grosse fatigue. François ne pourra régner longtemps sous la suspicion d’avoir collaboré à une dictature criminelle.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Login001, je suis bien d'accord avec vous: quel titre!!!! je lis beaucoup ces temps-ci, sur plusieurs sites, car cela m'intéresse. C'est le soir que je trouve le plus "méchant"! je ne savais pas encore qu'il était autant de gauche. Le pape François a été innocenté il y a bien longtemps, même par Amnesty international, alors, pourquoi cette vindicte? il ne faut pas vouloir être "plus catholique que le pape" comme on dit.
FRANCOIS Un marchand de tissus habitait en Ombrie.Il s'appelait Bernardone.Il faisait des affaires en Italie mais aussi en France.Un jour il revint chez lui, sa femme avait mis au monde un petit garçon. Il décida de lui donner le nom de "François":On disait :"Françwet" (prononciation figurée) qui est devenu "Français".Allons, ajoutons à la légende de François d'Assise. Mais allez savoir...
Toujours les memes 2 poids 2 mesures mais regardez donc l'actu sont 'il blanc, laissez au moins à cette homme le temps de faire ses preuves, d'autant que si on ne trouve rien d'autre qu'une amourette il y a 60 et cette collaboration (à mon sens obligatoire) Allez dans ces pays vous verrez !!!








Un indice qui ne trompe pas: la réaction, faussement neutre, de soi-disant "surprise", de Mgr Léonard à l'élection du pape François est à mettre en perspective avec la quasi danse de joie donnée en pâture aux caméras lors de l'annonce de l'élection de Benoît XVI. Pour moi, cette froideur de Mgr Léonard à l'égard du nouveau pape est du meilleur augure. Et il n'est pas du tout certain que les "casseroles" soulevées à son encontre trouvent effectivement leur origine du côté de "la gauche bien-pensante" que d'aucuns s'ingénient à voir à tous les coins de rue. Ce n'est pas ce courant qui est le plus susceptible d'être contrarié par l'idée d'une Église pauvre pour les pauvres. Reste à voir la mise en oeuvre. Je garde en mémoire l'espoir suscité par Jean-Paul Ier, trop vite anéanti par son décès inopiné(?).