Budget : assez de bagarres d’astérix
Les conclaves budgétaires ont beaucoup de défauts, mais contrairement aux négociations communautaires, on y discute non sur des émotions, diktats et autres demandes de divorces, mais sur des chiffres. Des chiffres cruels, certes, mais clairs, bruts, précis.
Mais le round budgétaire qui vient de démarrer innove en la matière. Même les chiffres sont devenus plus trébuchants que sonnants. Il y a trois semaines, le ministre des Finances, Steven Vanackere, explique qu’il faudra trouver environ un milliard d’euros.
Trois semaines plus tard, le rapport des experts du gouvernement tombe : ce sera 2,8 milliards. Et depuis, on « réévalue » le rapport. Et la jauge du déficit tremble actuellement autour des 2 milliards.
Sachant que ce sont autant de montants qu’on ira prendre dans le portefeuille des Belges, après 18 autres milliards, voilà une valse qui donne un peu le tournis.
« Processus habituel », rassurent des sources gouvernementales. Bof. Passer de 1 à 3 milliards pour revenir à deux, on eût préféré que ce soit l’exception.
Et ce n’est pas tout. Alors que le conclave devait se dérouler dans une austérité toute papale, la semaine a été marquée par des volées d’injures proférées par-delà la frontière linguistique, à la façon des coups de poissons pas frais des bagarres d’Astérix.
C’est Benoît Lutgen qui traite vaguement Bart De Wever de dictateur. Ce sont les sociaux-chrétiens flamands qui qualifient Didier Reynders de « frustré », de « mouchard » ou d’« incompétent ». Et c’est le même Didier Reynders qui répond par une injure de son cru, « espèce de Philippe Moureaux du Nord ».
Comme si cela ne suffisait pas, le conclave a pris son train de sénateur. On discute brièvement. On s’interrompt. Le Premier ministre et quelques-uns de ses fidèles vont faire un tour à Rome.
Puis jeudi, bouquet final, le Premier ministre, censé être au-dessus de la mêlée (il le répète à l’envi), laisse entendre qu’on pourrait réduire l’effort, alimentant la thèse socialiste plus que celle du VLD. Et jetant un trouble de plus sur le montant qu’il faudra trouver.
Bref, une semaine après le début des travaux, la plus grande confusion règne. On attend à présent du gouvernement qu’il réponde à deux questions : combien faut-il trouver ? Et comment va-t-on les trouver ?
Le reste alimente plus les « dictateurs » que les caisses de l’Etat.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Des chiffres clairs, bruts, précis. Il y a un chiffre qui répond à cette norme : l'aide de l'Etat à Dexia : 2,9 milliards d'euros. La Belgique a inscrit ce montant dans la case "emprunt" alors que l'UE demande de classer cette aide en "dépense" comme l'a fait sans hésiter la France. Encore 2,8 milliards d'euros de plus à trouver. Mais on a l'habitutde, la plus grande confusion règne : combien faut-il trouver?
Bien que futur "Dindon de la farce" j'ai quand même ri à la lecture de cet édito. Il parait que l'humour est la meilleure arme contre le désespoir.








Disputes politiques traditionnelles pour noyer le poisson... Cette Xème crise du système financier et économique libéral, n'est pas causée par les peuples mais bien par les errements, escroqueries, spéculation hasardeuse et autres tricheries des banques, nantis et bidules financiers...! Et il reste curieux de constater que cela retombe sur les états (et donc les peuples) qu'on accusent de tous les maux ce qui permet un abaissement des protections sociales, du pouvoir et des contrôles des états sur l'économie et des revenus individuels... Cherchez à qui le crime profite...Exemple, les banques vous informent de la baisse des taux créditeurs en arguant du marché.. (qu'elles contrôlent) mais parallèlement augmentent les taux débiteurs en donnant le même 'argument du marché...