La N-VA veut tout : Bruxelles et un Etat flamand

Dirk Vanoverbeke
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Geert Bourgeois, le fondateur de la N-VA, ne se tient plus : il vient de donner le coup d’envoi de la campagne électorale de 2014. Treize ans après avoir créé un parti qu’on disait alors voué à la disparition, il rêve désormais de s’installer sur le trône de Kris Peeters, le ministre-président flamand. Et de s’autoproclamer chef de l’Etat flamand. Au-delà de ses ambitions personnelles, le ministre soulève surtout le cache-sexe du confédéralisme et révèle la vraie nature de son parti : le séparatisme.

Bien sûr, on le savait, l’autonomie de la Flandre était même fichée en tête du programme de la formation de Bart De Wever.

Mais jusqu’ici, l’homme fort de la N-VA mettait ses ambitions communautaires en sourdine, faisant sa priorité des réformes socio-économiques de droite. Bart De Wever sait que son parti ne thésaurise pas sur le terrain communautaire. Il sait aussi qu’en poussant trop loin le bouchon, en réclamant l’autonomie de la Flandre, il prend le risque de crisper une grande partie de la population du nord du pays : seuls 15 % des citoyens flamands sont favorables à une partition de la Belgique. Dès lors, l’homme le plus populaire de Flandre refrène les ardeurs des nationalistes radicaux de la N-VA. Il a convoqué un congrès en février 2014 pour plancher sur la définition du confédéralisme. Il ne prône pas la révolution institutionnelle, juste une lente évolution qui, un jour, transformera l’Etat en une coquille vide.

Bart De Wever a-t-il donné son feu vert à Bourgeois ou ce dernier lui a-t-il brûlé la politesse ? Geert Bourgeois a dit en tout cas tout haut ce que Bart De Wever a préféré taire ou édulcorer jusqu’ici. Oui, la N-VA est séparatiste, elle veut la fin de l’Etat fédéral. Et ne lâchera jamais Bruxelles, une ville qu’elle veut voir cogérée par les deux grandes Communautés. Le ministre flamand trépigne et se prête au chantage : ou les partis du prochain gouvernement s’accordent pour déshabiller l’Etat fédéral, ou son parti bloque tout et empêche la constitution d’un nouvel exécutif.

Le capitaine de l’esquif en perdition de 2001 navigue aujourd’hui à bord de la plus puissante formation du pays. Si elle remporte le scrutin de 2014 et se rend incontournable, la N-VA mettra l’existence de l’Etat en danger. A défaut, le parti retournera dans l’opposition jusqu’en 2019. Ce n’est plus le rêve des seuls francophones. Les partis flamands le partagent. La N-VA se retrouve seule contre tous. Sa posture favorite.

Vos réactions

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35. christian22 dit le 19/03/2013, 08:37

bas les pattes sur BRUXELLES BART & GEERT >> dégagez !

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34. cohasset dit le 19/03/2013, 05:16

La NV-A ferait une erreur stratégique en persistant à revendiquer Bruxelles, une ville en perdition sur tous les plans : économique, démographique, sécurité, malpropreté générale, extrémisme islamique en pleine croissance, etc. Il serait bien plus judicieux d'abandonner Bruxelles à la Wallonie, elle-même en pleine déconfiture : qui se ressemble, s'assemble. Par contre, en aucune façon peut-on associer Bruxelles à l'avenir d'une Flandre qui sera tôt ou tard indépendante.

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33. oliviergerardog dit le 18/03/2013, 21:49

C'est Normal! Il y a une journée contrôle d'alcool au volant et papiers aujourd'hui. On sait tous que ce sont là les plus dangereux délinquants dans notre pays. Pendant ce temps là, ceux qui font du racket, des cambriolages, et battent leur femme peuvent agir encore plus impunément que d'habitude. Evidemment, ce genre de contrôle est moins risqué pour les flics. Vive la démocratie. Et ce sont les mêmes que se demandent pourquoi la NVA et le Vlaams Belang se portent si bien . Ben tiens ....

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32. Cantinaelfarolito dit le 18/03/2013, 21:02

Etrange admosphère à Bruxelles ce soir. Des policiers partout en bagnole et à pied...

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31. octave dit le 18/03/2013, 19:50

Belgique ? Il y a huit ans, alors que la N.V.A. était encore un parti insignifiant, je parlais de l'avenir de la Belgique avec un économiste qui va régulièrement en Flandre. Il m'a dit qu'à terme la Belgique était condamnée, que les Flamands voulaient leur autonomie. Cela se vérifie. Que l'on fasse un référendum et que, dans le cas d'un désir des néerlandophones de conserver une nation belge, on négocie pour obtenir des résultats non négociables avant X années : scénario, selon moi, utopiste. Dans le scénario réaliste, les dirigeants wallons doivent préparer la scission. Qu'ils déterminent les points sur lesquels ils ne céderont pas car elle est, pour moi, inéluctable. Je me trompe peut-être mais je pressens, pour le futur, une Europe des régions et non plus une Europe des nations.

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