De spotted à punched comme sur le ring !
Certains Spotted sont dévastateurs. Des jeunes s’insultent, injurient les enseignants ou colportent des rumeurs. Les coups pleuvent et blessent. Le portail pédagogique Enseignons.be a surnommé ces pages Facebook « Punched ». Le phénomène s’amplifi e et échappe aux écoles qui ne savent pas toujours quoi faire.
En janvier, la direction du Collège de Godinne-Burnot a découvert le phénomène à l’occasion d’une réunion des directions d’écoles et s’est fendue d’un courrier à l’ensemble des parents. Elle dit avoir pris contact avec Facebook pour fermer la communauté Spotted associée à l’école « dans laquelle nous retrouvons des commentaires répréhensibles envers des élèves et des membres de notre personnel. » Et de rappeler la législation en vigueur en matière de respect de la vie privée en soulignant le risque de poursuites pénales.
Le profi l n’existe plus sous ce nom. Sans doute a-t-il été remplacé… En Hainaut, « Xoxo », dont on ne sait si c’est une fi lle ou un garçon, a d’abord créé le profi l « Spotted déclaration », lié au Collège Sainte-Marie de Saint-Ghislain, « pour que les gens puissent m’envoyer des photos de leurs amis (voire ennemis) pour se venger ou tout simplement rigoler. » Mais quand une photo montrant une jeune fi lle du collège faisant « des choses » en public, lors d’une soirée, et que ladite photo entraîne un fl ot de réactions excessives, Xoxo élimine ce profi l pour en créer un autre. « J’ai décidé de ne pas publier les photos trop osées, telles que dénudées ou autres. Et pour respecter la vie privée d’autrui, je supprime les photos si les personnes concernées me le demandent ! »
Des photos compromettantes postées pour faire rire peuvent entraîner du cyberharcèlement. Confronté au phénomène, l’Athénée royal d’Enghien a invité Olivier Bogaert, inspecteur principal à la Regional Computer Crime Unit (RCCU). Le policier a rencontré les élèves de 3e et 4e pour leur rappeler les risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux. « Avant, on gravait les messages sur un banc ou on passait le message à une copine en espérant qu’il passe de copain en copain. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, il y a des liens permanents entre vie privée et scolaire. Le problème des ‘spotted’, c’est quand les photos sont détournées, associées à des commentaires lourds ou moqueurs, quand ils ne sont pas simplement insultants. Ces commentaires peuvent provoquer des dégâts psychologiques graves et entraîner des poursuites et des sanctions pénales. »
Sur son site Internet, l’école souligne que « l’usage des réseaux sociaux est inversement proportionnel au temps passé à étudier dans le chef de beaucoup d’adolescents ». Et insiste sur le fait que l’école ne peut contrer les dérives observées et qu’il incombe aux parents de réguler l’usage que leurs enfants font d’Internet et des réseaux sociaux.
Quelques clés...
« Internet, mes parents, mes profs et moi » Christophe Butstraen, médiateur scolaire (De Boeck) Comment faire une bonne recherche sur Internet, réagir face à une demande d’amis étranges sur Facebook, repérer les fichiers dangereux...
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Surfons tranquille » chaque mardi à 8h45 et chaque dimanche à 16h40 sur Classic 21. Les chroniques d’Olivier Bogaert sont également chaque mercredi dans Le Soir Magazine. Et les outils partagés sur le site www.enseignons.be








