Logopédie au rabais
Les parents d’enfants dyslexiques, dysphasiques ou dyscalculiques n’ont sans nul doute pas pu échapper à cette nouvelle : depuis le 1er janvier 2013, les séances de logopédie d’une heure pour les enfants âgés de moins de dix ans ne seront plus remboursées par la mutuelle. Seules le seront encore celles de 30 minutes. Une décision prise par l’Inami en concertation avec l’Union professionnelle des Logopèdes francophones) et les organismes assureurs.
L’autre association professionnelle, l’Association scientifi ue et éthique des Logopèdes francophones, ne décolère pas. « Nous ne sommes pas les seuls à être choqués : des collègues, des parents et des enseignants nous soutiennent », indique Caroline Déom, présidente de l’Aself. Les enfants ont soit la possibilité de poursuivre leur traitement au rythme d’une heure par semaine, mais ils paieront plus de deux fois le prix actuel (26,46 euros contre 10,58 euros), soit de se contenter d’une séance par semaine, au risque de bénéficier d’un suivi moins qualitatif et efficace. Il y aura forcément un impact sur les enfants pris en charge car on ne peut pas faire en 30 minutes ce qui nécessite le double de temps », poursuit Caroline Déom.
Pour Philippe Mousty, professeur en Sciences psychologiques et de l’éducation à l’ULB, « les données scientifi ques manquent pour nous permettre de déterminer la durée optimale des séances de rééducation. Il est cependant raisonnable de penser que leur durée comme leur fréquence devraient être adaptées en fonction de la nature de la prestation à réaliser et des caractéristiques de l’enfant. L’arrêté engendrera des contraintes pratiques pour les logopèdes et pour les parents, qui devraient aboutir à une réduction de la prise en charge hebdomadaire dont les enfants en diffi culté ont besoin. Or cette prise en charge gagnerait à être à la fois la plus intensive et la plus précoce possible. Cette mesure risque en outre d’être discriminatoire aux dépens d’enfants peu pris en charge à l’école et à la maison ou issus de milieux défavorisés. »
Les maux pour le dire...
Dyslexie L’enfant éprouve de grandes diffi cultés à décoder la langue, à la lire et à l’écrire. C’est un trouble neurologique qu’on détecte généralement lorsque l’enfant commence à lire : lecture très lente et pénible, inversion des syllabes et des sons, confusion visuelle des lettres, oubli du texte qui vient d’être lu... Vulnérable, l’enfant doit être compris, entouré, valorisé. Moqueries et rejet des autres peuvent entraîner la destruction de l’estime de soi, de terribles blessures narcissiques, un repli sur soi, un sentiment de honte et d’humiliation et à terme une dépression.
Dyscalculie, dysorthographie et dysgraphie Ces troubles sont souvent associés chez un même enfant. Là encore, la dyscalculie n’est pas liée à un défi cit intellectuel. La dysorthographie accompagne la dyslexie dans deux tiers des cas. Il s’agit d’un trouble d’acquisition et de maîtrise de l’orthographe. L’enfant inverse les lettres ou les syllabes, confond les sons ou les mots… Quant à la dysgraphie, elle affecte le geste graphique de l’enfant et la forme de l’écriture.
TDA/H Le Trouble déficitaire de l’attention peut se manifester avec ou sans hyperactivité. Il est très fréquent. L’enfant a du mal à rester en place, à attendre son tour. Il a du mal à se concentrer et à terminer des tâches aisées. Il se montre souvent impulsif, voire agressif. Face à ce type de comportement, les parents sont souvent perdus. Il est donc essentiel de traiter le trouble pour réduire au maximum les répercussions en milieu scolaire, dans le milieu familial et pour le développement de l’enfant


