« L’important, c’est la proximité avec l’étudiant »

Anabelle Duant
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Entretien avec Robert Muller est le doyen de la faculté de médecine de l’Université de Mons

Les conditions d’études et de formation sont-elles identiques dans les cinq facultés francophones ?

C’est toujours très difficile pour un doyen de mener ce type de comparaison. Mons et sans doute Namur sont très attentives à la proximité avec l’étudiant. Notre taux d’encadrement est plus élevé car nous avons moins d’élèves que l’ULB ou l’UCL. Mais les auditoires commencent quand même à être plus remplis que par le passé. Notre nombre d’étudiants en première année de médecine a triplé depuis quelques années. Un phénomène que l’on arrive à gérer, mais c’est peut-être moins le cas à l’ULB et l’UCL où les étudiants ont toujours été plus nombreux. Le test de janvier mis en place récemment permet quelque part de filtrer les étudiants qui ne sont pas très motivés ou pour qui la médecine n’est pas une vocation et je pense que nous en avons besoin. Certains disent que le niveau est plus élevé à l’UMons mais nous n’avons pas de points de comparaison, si ce n’est que les programmes de base sont assez similaires. Après, concernant les exigences des enseignants, c’est une autre affaire.

Comment expliquer les différences de taux de réussite entre les facultés en première année?

Comme le système a changé (le cursus est passé de 7 ans à 6 ans d’études), c’est difficile de comparer l’année en cours avec les années précédentes. On sait que la moitié des primo-inscrits sont en étalement et font la première année en deux ans. Pour le reste, il faut être prudent avec les chiffres et attendre ceux de la première session de juin et de septembre pour réaliser des comparaisons. La 1e session s’est faite à une cadence très intense, ce qui a souvent choqué les étudiants car les matières habituellement enseignées sur deux quadrimestres le sont sur un seul. Mais, à l’inverse de ce que nous pensions, cela n’a pas été l’hécatombe. Les statistiques montrent que beaucoup d’étudiants ont eu de bons résultats, dont la plupart sont des primo-inscrits et pas des doubleurs. La preuve que redoubler n’est pas forcément un atout, ce qui montre la grande motivation des apprenants. Certains ont eu d’excellents résultats, comme des 92%, des 84% et des 83% de réussite.

Quels sont selon vous les points forts de l’UMons ?

Je dirais la proximité avec l’étudiant, le soutien dans les matières de base, une stratégie d’accompagnement ainsi qu’une aide à la réussite. Nous faisons aussi un étalement à la carte pour certains étudiants, les sportifs professionnels par exemple, ce qui montre une certaine flexibilité. Par ailleurs, il est évident que quand on est étudiant et qu’on a des interactions avec l’enseignant, la motivation est plus grande. Je pense que nous sommes arrivés à un bon ratio nombre d’élèves/contacts avec les professeurs, mais cela ne s’est pas fait sans mal.

Osez la rencontre !