L’épargnant sacrifié par l’union européenne
A l’automne 2008, au pire moment de la crise financière, l’Union européenne rassurait les épargnants en imposant, à l’ensemble des Etats membres, de relever le plafond de la garantie des dépôts bancaires à 100.000 euros. Le message était clair : votre épargne est protégée, quoi qu’il arrive, à concurrence de ce montant. Vous pouvez laisser sans crainte votre bas de laine à la banque.
En Belgique, le gouvernement avait même étendu cette protection aux comptes First d’Ethias – pour protéger la compagnie d’assurances qui menaçait de sombrer –, puis à l’ensemble des assurances-vie de la branche 21.
Il s’agissait d’assurer la stabilité des systèmes bancaires et d’éviter ce que les économistes appellent un « bank run », autrement dit : la fuite des déposants qui peut rapidement mettre une banque (ou plusieurs) sur la paille.
Samedi, au petit matin, les ministres des Finances de la zone euro ont accepté de remettre en cause ce principe, en autorisant le prélèvement d’une « taxe » sur les dépôts bancaires inférieurs au plafond de 100.000 euros.
Il aurait été possible de ne frapper que les dépôts supérieurs à ce plafond. Mais c’eût été faire payer la totalité de la facture aux gros déposants, la plupart étrangers.
Et le gouvernement chypriote a privilégié le sauvetage de sa place bancaire offshore à la protection de l’épargne des Chypriotes.
Mais ce n’est pas une affaire interne. Et l’Eurogroupe ne peut pas s’en laver les mains.
Depuis samedi matin, on a compris que la garantie des dépôts « harmonisée » n’est pas plus solide que les finances publiques du pays concerné ; qu’elle peut être remise en cause en cas de difficulté ; et, finalement, qu’un euro à Nicosie vaut moins qu’un euro à Francfort. À Nicosie, mais aussi à Athènes, à Madrid, à Lisbonne ou à Rome.
En effet, quelle garantie ont encore les déposants des pays en difficulté qu’on ne leur demandera pas, à eux aussi, de contribuer au sauvetage de leurs banques ? Aucune – même si les responsables européens répètent que le cas chypriote est unique.
L’Eurogroupe a renié sa promesse de juin 2012 de briser le cercle vieux entre crise bancaire et crise souveraine.
Sa décision va à l’encontre des principes de l’union bancaire que les pays de la zone peinent déjà à concrétiser.
C’est une grave erreur – une de plus ! – dans la gestion d’une crise des dettes souveraines, dont on ne voit pas le bout. Et dont il faut craindre, au contraire, que le pire n’est pas derrière nous.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @Bruxellesdanslarue: pouvez vous m'expliquer exactement qui sont ces dirigeants UE non élus par le peuple qui nous volent? Parce qu'à ma connaissance, les décisions qui comptent sont prises et votées par le (les) Conseils et par le Parlement. L'un étant composé des chefs de gouvernement (ou des ministres nationaux des affaires en questions), l'autre étant élu par les peuples (selon les lois électorales propres à chaque pays. Difficile de faire plus élu que ça. La Commission et ses commissaires? Elle ne "décide" pas. Elle exécute, propose, à le pouvoir d'initiative. Un peu comme les Ministères nationaux. C'est pas votre contrôleur fiscal qui décide combien vous allez douiller. Il le calcule sur base de ce que les lois en vigueur. Pareil pour la Commission. Les Commissaires? Voyez ça comme les ministres nationaux. Proposés par chaque état membre et validés par le Parlement élu. Barroso, Van Rompuy, Ashton, Draghi? Décisions du Conseil et Parlement... Pas élus vou[...]
Cesarisme Que disait déjà il y a peu le professeur De Grauw dans notre journal ? Qu'il ne peut y avoir de décision politique s'il n'y a pas de sanction politique."Pas de taxation sans représentation".Ou c'est le "Retour à l'Ancien Régime".Les instances européennes le savent bien qui font prendre les décisions au Parlement local et donc n'en subissent pas les conséquences.Les Italiens ont fait payer la note à M. Monti fidèle exécuteur de la Commission et du Conseil Européen.Le Professeur D.Engels évoque,lui,un retour prochain du "césarisme".Autrement dit d'un pouvoir fort.On y est ou presque...
gbin Quand les politiques promettent, il faut se méfier. Car ne jamais oublier que leur principal savoir faire est le mensonge sous toutes ses formes eux ceux qui leur ont fait confiance l'ont maintes fois appris a leurs dépens. A ce propos Virgile, je pense, écrivait il y a 2000 ans " timeo Danaos et dona ferentes " qui se traduit par "mefie-toi des Grecs surtout lorsqu'ils offrent des presents"ce qui dans le cas present de Chypre ne manque pas de piquant. On nous garantit que jamais en Belgique on ne touchera aux comptes bancaires. Y croit qui veut.








CA FINIRA MAL , TRES MAL.... L'europe libérale dans son absurdité , comme le communisme d'antan finira mal , tres mal! Et surtout que l'on ne nous sorte pas comme contre argument , le populisme , le fascisme et autres antiennes Non c'est l'europe des utopistes , des clercs du libéralisme , des moines défroqués du socialisme convertis au capitalisme pervers et dévoyé , qui ont conduit les peuples dans lemur . Attention , le désespoir découlant du sentiment d'avoir été grugé par des aigre fins,conjugué a la haine qu'inspire la finance cosmopolite , vagabonde ,interlope ,conduiront inexorablement a des lendemains dramatiques. Nous dansons sur un baril de poudre , la mèche est lente , mais le détonateur est fin pret . Ca finira mal , tres mal.La démocrassie bien crasse , sans Etat fort, sans supervisation , sans controle , sans régulation livrée a elle mème ,pilotée en sous main par des forces occultes , va exploser , attention aux dégats directs et collatéraux , il ne faudra pas pleurer e[...]