Le printemps d’Elsen

Laure Eggerix
Mis en ligne

Du monde celtique à nos jours, d’un continent à l’autre, des monnaies à foison mais aussi des décorations ainsi qu’une collection d’une bonne septantaine de méreaux en étain de familles brugeoises, la plupart frappés lors de décès, la vacation de la maison de l’avenue de Tervuren offre l’embarras du choix.

Parmi les pièces qui sortent du lot, les amateurs du monde grec ne manqueront pas ce superbe tétradrachme au style exceptionnel provenant de Catane. Cette pièce datant de 450 av. J.C. montre au droit un quadrige au pas et au revers Apollon. Elle porte une estimation de 15.000 euros. Un superbe statère de Périclès (370 av. J.C.) est proposé pour un montant de moitié.

Pour l’Empire romain, on peut épingler deux aureus de Postume, respectivement à 15.000 et à 25.000 euros, ces montants s’expliquant par la grande qualité artistique de ce monnayage. L’aureus de Cologne est de la plus haute rareté. Il atteint la perfection tant par la robustesse du portrait que par la finesse de la gravure dans les moindres détails (comme la tête de lion du droit), que par la force qui se dégage de son revers, son agencement artistique et le mouvement du héros qui tient l’animal en bandant tous ses muscles et de la jument qui tente de lui résister. Cette scène de capture des cavales de Diomède constitue le huitième exploit dans le cycle des douze travaux d’Hercule.

Du Portugal à la Chine

… en passant par la Belgique car il y a quelques belles pièces de chez nous, notamment un lion d’or des Etats-Belgiques-Unis (Bruxelles, 1790, 6.000 euros) ainsi que des pièces de Léopold Ier (1831-1865) comme cette superbe pièce de 2 francs datant de 1849 figurant le roi tête nue (6.000 euros) ou cette pièce de 20 francs de 1863 (une épreuve de Wiener portant une estimation de 8.000 euros). Léopold II n’est pas en reste avec ces deux pièces rares : une pièce de 20 francs (1866, essai de Wiener en or) estimée 6.000 euros et une de 10 francs en or jaune de 1867 estimée 8.000 euros.

Un ingénieux « engenhoso »

Notons encore des monnaies portugaises comme ce demi-So Vicente de Sébastien Ier de l’atelier de Porto de la plus haute rareté (40.000 euros) ou cet « engenhoso » de Lisbonne (estimation 15.000 euros), extrêmement rare, montrant un écu de Portugal couronné, avec au revers, une grande croix de l’Ordre du Christ coupant la légende, élément typique de l’« engenhoso » qui est en fait la première monnaie portugaise frappée mécaniquement.

Le procédé a été mis au point par un certain João Gonçalves qui fut surnommé « engenhoso » (ingénieux) d’où le nom de la monnaie qui ne fut frappée qu’entre 1562 et 1566, le procédé ayant été jugé trop cher par rapport à la frappe manuelle.

Pour terminer, mentionnons des pièces provenant de Chine, tout particulièrement cet ensemble composé de quatre pièces en or datant de 1981 et illustrant la thématique des découvertes archéologiques de l’âge de Bronze avec un éléphant, un rhinocéros, un léopard et un dragon dans leur coffret en bois laqué (17.500 euros). Une belle ouverture de saison !

www.elsen.eu. Vente le 16 mars.

65, avenue de Tervuren, 1040-Bruxelles

Osez la rencontre !